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Les ovins du Grand Est impactés par deux années de sécheresse

L’année 2019 n’aura pas été une sinécure pour les éleveurs ovins du Grand Est entre aléas climatiques et baisse de l’aide ovine.

Inosys – Réseaux d’élevage (Institut de l’Élevage et chambres d’agriculture) dresse le tableau post-sécheresses des filières ruminants (bovins lait, bovins viande et ovins viande) du Grand Est, qui ont été durement impactées en 2018 et 2019. En prime, les ovins n’ont pas été aidés par une conjoncture de marché plutôt morose. Avec une baisse de l’aide ovine proche de trois euros par brebis sur l’année 2019, les trésoreries des élevages ovins ont toutes été amputées. La vente des agneaux en système herbager a rapporté 10 % de moins qu’en 2018, à cause d’une baisse conjoncturelle de 0,35 €/kg carcasse, soit 6 % de moins. En cause également, la prolificité moyenne en berne due au manque de ressources fourragères lors des luttes d’automne. Avec une chute de 10 % de la prolificité, ce paramètre est loin d’être négligeable. La sécheresse de l’été 2019 a, par ailleurs, forcé les éleveurs à rentrer plus tôt leurs agneaux. En effet, pour une grande partie des prairies de pâture du Grand Est, l’absence de pluie a grillé l’herbe dès le 20 juin. Le nombre d’agneaux ayant nécessité un apport de concentrés supplémentaire à donc forcément augmenté. Cela a permis de maintenir un poids moyen mais a coûté cher aux éleveurs, les prix des aliments restants élevés depuis début 2019.

Les réserves fourragères hivernales entamées dès le milieu de l’été

Enfin, ceux-ci ont dû également entamer leurs réserves hivernales de fourrage en affourageant en moyenne deux mois les brebis pendant l’été pour pallier le manque de ressource herbagère. Pour autant, les rendements de foin se sont avérés meilleurs que sur une année normale, avec une première coupe précoce autour de fin avril et une deuxième sur fin mai. Seule exception, les Vosges, qui ont subi un froid printanier dévastateur, avec une récolte de foin inférieure à 30 % pour 2019. Côté agneaux de bergerie, la décote conjoncturelle a été moins importante avec une diminution du prix carcasse de seulement 0,15 €/kg, soit 2 % de moins comparé à 2018. Avec plus d’agneaux produits en 2019, la variation de prix se fait à peine sentir et le produit final ne baisse que d’un petit point. L’EBE des systèmes 100 % herbagers est donc en baisse, avec une nette diminution du prix de l’agneau et un maintien assez élevé du coût alimentaire (avec plus de complémentation pour l’engraissement des agneaux et un prix des concentrés qui ne faiblit pas). Face à ces sécheresses à répétition, les éleveurs tentent de s’adapter et de sécuriser leurs stocks fourragers, par exemple en fauchant plus précocement pour maximiser les repousses.

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