Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Dossier
Les atouts des prairies permanentes

Elles ont la faveur des mesures agri-environnementales mais pas forcément celle des éleveurs, qui les qualifient souvent de trop peu productives. Etat des lieux des nombreux avantages des prairies permanentes

© Techovin, concours photo 2011
Elles sont souvent considérées comme peu productives et de valeurs alimentaires modestes. Et pourtant, de nouvelles références mettent en évidence les atouts méconnus des prairies permanentes qui couvrent aujourd’hui près du tiers de la surface agricole française.
En Limousin, par exemple, elles représentent la moitié de la surface en herbe et participent largement à l’alimentation du troupeau, en particulier par le pâturage. De plus, la prairie permanente apparait désormais au niveau européen comme un levier important pour le maintien de la qualité de l’environnement. Synonyme de biodiversité végétale et animale, elle a aussi la capacité de stocker du carbone et de freiner l’érosion. Pour l’éleveur, la prairie permanente est avant tout une prairie de longue durée et dont la flore est spontanée, c’est-à-dire non semée. Elle n’entre pas dans la rotation des cultures, ce qui la différencie des prairies temporaires.
La définition adoptée dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) est différente. Actuellement, les règlements européens définissent les pâturages permanents comme les terres consacrées à la production d’herbe qui ne font pas partie du système de rotation des cultures de l’exploitation depuis cinq années ou davantage. Les prairies temporaires sont assimilées à des pâturages permanents dès lors qu’elles entrent dans leur sixième année d’existence, sauf si elles sont intégrées dans une rotation longue (plus de cinq ans).
Grâce à une étude (1) conduite en élevages ovins et bovins de 2008 à 2010, la qualité des prairies permanentes et leurs modes d’utilisation sont aujourd’hui mieux connus. Ce programme a réuni plus de quarante partenaires de la recherche, de l’enseignement et du développement agricole des grandes régions herbagères françaises exception faite des Alpes et du pourtour méditerranéen. Un réseau de 190 parcelles représentant la diversité des modes de gestion et des situations agro-climatiques a ainsi été constitué et suivi pendant deux ans. La production d’herbe à quatre reprises au cours de l’année ainsi que la valeur alimentaire de l’herbe ont été mesurées. La diversité floristique a été évaluée.
L’expérience des éleveurs sur l’utilisation de ces prairies a été relevée à partir d’une enquête. Au final, l’image des prairies permanentes est plutôt redorée. En matière de valeur alimentaire, elles n’ont rien à envier aux prairies temporaires, en particulier au printemps. Si certaines prairies restent certes peu productives, 25 % d’entre elles produisent plus de huit tonnes de matière sèche par hectare et par an avec un niveau de fertilisation limité. Enfin, la majorité des éleveurs ovins savent tirer partie de cette diversité et donner à chaque parcelle le rôle qui lui convient le mieux.

(1) Étude financée sur des fonds CASDAR: « prairies permanentes : des références pour valoriser leur diversité »

La suite de ce dossier dans Pâtre 594 mai 2012
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

À défaut de tonte, éliminer la laine souillée autour de la queue et de la vulve facilite la monte par les béliers.  © Ciirpo/Idele
Pas de tonte pendant la lutte
Avec le confinement lié au Covid-19, la tonte assurée par des tondeurs professionnels risque fort d’être reportée. Tondre plus…
Si la plupart des randonneurs se montrent respectueux du travail des bergers, certains échanges peuvent être tendus lorsque les brebis se font dispersées ou que les chiens sont aux abois. © B. Morel
" Vis ma vie de berger "
Joseph Boussion, alias Carnet de Berger sur Facebook, s’est donné pour mission de faire connaître la vie en estive aux…
Les professionnels ovins cherchent des chambres froides pour stocker provisoirement les agneaux abattus.  © D. Hardy
Les conséquences de l’engorgement du marché
Face à une offre excédentaire et une consommation morose, le principal risque est un engorgement du marché de la viande ovine,…
La prédation par le loup impacte fortement les résultats économiques de l'exploitation.
Le loup entraîne un surcoût de 4 600 à 12 100 euros par exploitation
La prédation par les loups entraîne des pertes de production et des frais de protection qui ne sont pas assez compensés par les…
La bergerie, terminée en 2016, est fonctionnelle avec ses nourrisseurs et ses cornadis. © J.-M. Bidoire
Produire 500 agneaux avec 300 brebis Ile-de-France et Texel
Quatre ans après son installation, Pierre Largy produit 500 agneaux, dont 80 % sous label rouge, dans un nouveau bâtiment…
Les dégâts de l'ours sont passés de 516 animaux domestiques tués ou blessés en 2018 à 1 173 en 2019. © M. Paunovic
Toujours plus d’ours, plus d’attaques, plus de victimes
52 ours ont tué au moins 1 173 animaux l’an dernier dans les Pyrénées.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,00€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre