Aller au contenu principal

Dossier
Les atouts des prairies permanentes

Elles ont la faveur des mesures agri-environnementales mais pas forcément celle des éleveurs, qui les qualifient souvent de trop peu productives. Etat des lieux des nombreux avantages des prairies permanentes

© Techovin, concours photo 2011
Elles sont souvent considérées comme peu productives et de valeurs alimentaires modestes. Et pourtant, de nouvelles références mettent en évidence les atouts méconnus des prairies permanentes qui couvrent aujourd’hui près du tiers de la surface agricole française.
En Limousin, par exemple, elles représentent la moitié de la surface en herbe et participent largement à l’alimentation du troupeau, en particulier par le pâturage. De plus, la prairie permanente apparait désormais au niveau européen comme un levier important pour le maintien de la qualité de l’environnement. Synonyme de biodiversité végétale et animale, elle a aussi la capacité de stocker du carbone et de freiner l’érosion. Pour l’éleveur, la prairie permanente est avant tout une prairie de longue durée et dont la flore est spontanée, c’est-à-dire non semée. Elle n’entre pas dans la rotation des cultures, ce qui la différencie des prairies temporaires.
La définition adoptée dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) est différente. Actuellement, les règlements européens définissent les pâturages permanents comme les terres consacrées à la production d’herbe qui ne font pas partie du système de rotation des cultures de l’exploitation depuis cinq années ou davantage. Les prairies temporaires sont assimilées à des pâturages permanents dès lors qu’elles entrent dans leur sixième année d’existence, sauf si elles sont intégrées dans une rotation longue (plus de cinq ans).
Grâce à une étude (1) conduite en élevages ovins et bovins de 2008 à 2010, la qualité des prairies permanentes et leurs modes d’utilisation sont aujourd’hui mieux connus. Ce programme a réuni plus de quarante partenaires de la recherche, de l’enseignement et du développement agricole des grandes régions herbagères françaises exception faite des Alpes et du pourtour méditerranéen. Un réseau de 190 parcelles représentant la diversité des modes de gestion et des situations agro-climatiques a ainsi été constitué et suivi pendant deux ans. La production d’herbe à quatre reprises au cours de l’année ainsi que la valeur alimentaire de l’herbe ont été mesurées. La diversité floristique a été évaluée.
L’expérience des éleveurs sur l’utilisation de ces prairies a été relevée à partir d’une enquête. Au final, l’image des prairies permanentes est plutôt redorée. En matière de valeur alimentaire, elles n’ont rien à envier aux prairies temporaires, en particulier au printemps. Si certaines prairies restent certes peu productives, 25 % d’entre elles produisent plus de huit tonnes de matière sèche par hectare et par an avec un niveau de fertilisation limité. Enfin, la majorité des éleveurs ovins savent tirer partie de cette diversité et donner à chaque parcelle le rôle qui lui convient le mieux.

(1) Étude financée sur des fonds CASDAR: « prairies permanentes : des références pour valoriser leur diversité »

La suite de ce dossier dans Pâtre 594 mai 2012

Les plus lus

Trois loups
Déclassement du loup : « une douche froide » pour la FNO
Le statut du loup est passé d’espèce « strictement protégée » à « protégée » au niveau européen. Afin de…
En Dordogne, « nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité »
Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins,…
<em class="placeholder">Gaec Bagaya</em>
« J’ai atteint mon objectif de 200 litres par brebis manech tête noire »
Grâce à une maîtrise de la fertilité de son troupeau de manech tête noire, le Gaec Bagaya s’approche des coûts de production de l…
Une éleveuse se tient devant le Mont-Saint-Michel
« Je vois chaque jour le Mont-Saint-Michel » : Claire est intermittente en élevage ovin
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en agronomie et passionnée de laine, Claire Bourgart a fait un certificat de spécialisation (…
Des brebis sont nourries au cornadis.
Agnelage : des rations aux petits oignons en fin de gestation
L’alimentation des brebis en fin de gestation a des répercussions directes sur la vigueur des agneaux à la naissance. Le travail…
<em class="placeholder">Brebis au pâturage avec des vaches allaitantes</em>
Pourquoi faire pâturer ses brebis sur des surfaces bovines l’hiver ?
D’après une étude conduite par l’Institut de l’élevage, le pâturage hivernal des ovins sur les parcelles bovines est un véritable…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre