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Jeune installée
« Je vois chaque jour le Mont-Saint-Michel » : Claire est intermittente en élevage ovin

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en agronomie et passionnée de laine, Claire Bourgart a fait un certificat de spécialisation (CS) ovin en 2021 à Mirecourt, avec un projet d’installation en ovin viande et valorisation de la laine. Aujourd’hui, son projet a évolué, mais elle s’épanouit auprès des brebis dans les prés-salés du Mont-Saint-Michel.

Une éleveuse se tient devant le Mont-Saint-Michel
Claire Bourgart, intermittente agricole, apprécie chaque jour la vue du Mont-Saint-Michel.
© C. Falcoz

Habitant en Normandie, j’ai suivi un CS ovin pour acquérir les compétences techniques de la conduite d’une troupe ovine qui manquaient à mon cursus. Après mon CS, j’ai emménagé avec ma famille en Bretagne. Je ne connaissais pas les élevages en arrivant dans cette région. J’ai donc visité plusieurs exploitations pour connaître les systèmes et comprendre les enjeux du territoire. C’est par le biais du conseiller ovin de la chambre d’agriculture de Bretagne, Alain Gouedard, que j’ai commencé à faire des remplacements et à apporter mon aide durant les agnelages.

Un contrat particulier

Après quelques remplacements, j’ai trouvé une exploitation prête à m’embaucher plus régulièrement, mais avec des besoins en main-d’œuvre différents selon les périodes. J’avais alors envie de pérenniser cet emploi, tout en continuant à faire des remplacements ponctuels sur d’autres exploitations. Il a donc fallu trouver une forme de contrat adaptée à cette situation particulière. Nous avons opté pour le contrat d’intermittent en agriculture. Je suis en CDI, je dépends de la MSA, et je peux, grâce à cette formule, cumuler plusieurs contrats de travail.

L’élevage dans les prés-salés

J’ai donc découvert la production d’agneaux sous AOP « Prés-salés du Mont-Saint-Michel ». Les brebis et les agneaux pâturent un maximum sur les herbus, ces surfaces de marais salés qui s’étendent sur le littoral et qui constituent une véritable connexion entre terre et mer. Les herbus sont composés d’une grande diversité d’espèces spécifiques et adaptées à l’immersion par la marée, telles que la salicorne et la fétuque rouge, qui confèrent à la viande sa saveur si particulière ! Mon travail à ce moment-là consiste essentiellement à la surveillance et la gestion du pâturage via la mise en place de clôtures et la gestion de l’eau. Je prends beaucoup de plaisir à évoluer chaque jour avec la vue sur le Mont-Saint-Michel ! Bien sûr, je participe aussi très activement aux autres activités de l’élevage, et en particulier l’agnelage.

À l’origine, une passion pour la laine

Initialement, je suis venue à la production ovine par la laine, qui me passionne depuis toujours. Durant mon CS, je me suis essayée à la tonte grâce à la formation d’initiation dispensée par l’ATM. J’ai souhaité aller plus loin en suivant également une formation de tonte aux forces. J’espère commencer à proposer mes services de tonte aux particuliers qui élèvent quelques brebis. Même si mon projet initial a évolué, j’avance dans ma vie professionnelle, tout en la conciliant avec ma vie de famille. Je n’exclus pas de m’installer à l’avenir si l’occasion se présente, mais ce n’est plus ma priorité absolue.

Le contrat intermittent en agriculture

Encore peu développé, le contrat intermittent en agriculture permet d’adapter les calendriers aux pics de travail liés aux saisons, tout en pérennisant l’emploi. Durant les périodes non travaillées, le salarié intermittent ne bénéficie pas du chômage, mais il a la possibilité de cumuler d’autres contrats (sauf clause d’exclusivité). La rémunération peut se faire chaque mois selon les heures travaillées, ou être lissée sur l’année. Le salarié peut bénéficier des congés payés, ou d’une majoration de salaire de 13 % dans le cas où il n’est pas en mesure de prendre ses congés.

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