PAC 2028-2034 : quelles sont les recommandations de l’Iddri pour mieux prévenir les crises agricoles ?
La PAC 2028-2034 doit être l’occasion d’instaurer une gestion préventive des risques agricoles, soutient l’Iddri dans une note publiée le 26 mai. Le think tank fait quatre recommandations pour mieux anticiper les crises, qui sont de plus en plus coûteuses pour l’agriculture européenne.
La PAC 2028-2034 doit être l’occasion d’instaurer une gestion préventive des risques agricoles, soutient l’Iddri dans une note publiée le 26 mai. Le think tank fait quatre recommandations pour mieux anticiper les crises, qui sont de plus en plus coûteuses pour l’agriculture européenne.
La question de la dépendance aux importations d’engrais azotés le rappelle : l’agriculture européenne fait face à des aléas climatiques, sanitaires ou de marché qui constituent un risque pour la souveraineté alimentaire de l’UE. Partant de ce constat, l’Iddri (Institut du développement durable et les recherches internationales) a publié le 26 mai une note qui présente sa stratégie pour mener l’UE vers une gestion « systémique et préventive » des risques agricoles.
« La proposition de la Commission européenne pour la PAC post-2027 encourage insuffisamment la prévention des risques »
Le think tank propose d’utiliser le levier de la future PAC, dont l’organisation et le budget dans le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 sont encore en cours de discussion. « La proposition de la Commission européenne pour la PAC post-2027 encourage insuffisamment la prévention des risques », estime l’Iddri dans sa note. « Or sous-investir le levier de la gestion des risques impose de surinvestir celui de la gestion des crises, qui devient de plus en plus coûteuse politiquement et budgétairement », préviennent les auteurs.
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Miser sur la diversification des cultures et sur la circularité pour améliorer l’autonomie de l’UE et limiter ses dépendances
Dans sa note, le think tank se concentre sur l’enjeu des risques générés par les dépendances stratégiques de l’agriculture européenne. Mais ces solutions « contribuent plus largement à renforcer la résilience transformative des fermes, y compris en matière d’adaptation au changement climatique », et impliquent donc de passer à une gestion systémique des risques, soutiennent les auteurs. L’institut part ainsi de deux leviers reconnus pour réduire la vulnérabilité des systèmes agricoles, à savoir : la diversification des productions, et une plus grande circularité (recyclage des éléments nutritifs via les coproduits). La diversification favoriserait « une meilleure répartition du risque grâce à un portefeuille de productions plus varié, ainsi qu’une plus grande autonomie de l’UE dans des secteurs critiques, tels que les protéines végétales », affirment les auteurs. Tandis que la circularité « permet recourir davantage aux différentes formes de fertilisants présentes sur le territoire européen et donc de minimiser le besoin en engrais importés de pays tiers », soutiennent-ils.
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Quelles sont les quatre recommandations de l’Iddri pour la gestion des risques dans la future PAC ?
Pour utiliser pleinement le potentiel de ces leviers, l’Iddri mise sur l’action publique et en particulier la future PAC. La note propose ainsi quatre recommandations. D’abord, le think tank propose d’obliger les États membres à ajouter à leurs futurs plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR) un état des lieux de leurs dépendances agricoles (engrais azotés, alimentation animale, …), et des pistes pour réduire la vulnérabilité de leurs systèmes agricoles. La note recommande ensuite d’élargir le spectre des instruments de gestion des risques soutenues la PAC, et de conditionner l’accès aux aides de crise « à la mise en place d’efforts préalables de l’État membre pour prévenir ou atténuer le type de risques l’affectant ». Sur la résilience des exploitations agricoles, l’aide au revenu devrait soutenir la diversité des productions à l’échelle territoriale. Et des objectifs de réduction de la dépendance aux intrants devraient être inclus dans les actions agroenvironnementales et climatiques, soutiennent les auteurs. Revenant sur les engrais azotés importés, l’Iddri recommande d’utiliser le fonds européen pour la compétitivité pour trouver des alternatives. Dans son « plan d’action » sur les engrais présenté le 19 mai, la Commission européenne affirme vouloir renforcer la production européenne d’engrais et d’accélérer la transition vers des engrais biosourcés, à faible teneur en carbone et circulaires.