Groupe Avril : « On s’enorgueillit d’être capables d’amener des euros complémentaires dans les cours de fermes »
Les dirigeants d’Avril se félicitent, en conférence de presse ce 15 avril à Paris, de la création de valeur apportée par le groupe en 2025 à la filière française des oléoprotéagineux. 72 % des matières premières transformées par Avril sont d’origine France, selon les résultats de l’année.
Les dirigeants d’Avril se félicitent, en conférence de presse ce 15 avril à Paris, de la création de valeur apportée par le groupe en 2025 à la filière française des oléoprotéagineux. 72 % des matières premières transformées par Avril sont d’origine France, selon les résultats de l’année.
« On s'enorgueillit d'être capables d’amener des euros complémentaires dans les cours de fermes », se félicite Arnaud Rousseau, président du groupe Avril, en conférence de presse ce 15 avril à Paris. À l’occasion de la présentation des résultats 2025, les dirigeants du groupe se félicitent notamment de la valeur ajoutée créée par Avril pour la filière française des oléoprotéagineux. Selon les résultats de l’année, 72 % des matières premières transformées par Avril sont d’origine France, chiffre montant à 100 % pour la marque Lesieur. L’autonomie en protéines végétales de la France est de 60 % en 2025, « la plus importante en Europe », affirme Arnaud Rousseau, président du groupe Avril.
7 millions de rémunération additionnelle apportée aux agriculteurs en 2025
« Nous avons aussi proposé aux agriculteurs un certain nombre de produits très concrets », ajoute-t-il, citant par exemple le dispositif « Empreinte » de Saipol. Celui-ci a versé en 2025 plus de 7 millions d’euros (M€) de « rémunération additionnelle » aux agriculteurs ayant assuré une traçabilité de leurs graines, en plus d’efforts de décarbonation.
« Ça peut représenter jusqu’à 50 euros la tonne de graines »
« Ça peut représenter jusqu'à 50 euros la tonne de graines, ce qui est assez colossal, près de 10% du prix », soutient Arnaud Rousseau. Ce soutien a été versé à 1000 agriculteurs, selon les chiffres présentés, pour près de 200 000 tonnes de graines sur les 3,4 millions de tonnes transformées par Saipol en 2025. « Il reste encore du chemin à parcourir. Mais le compteur est débloqué », se réjouit le président du groupe. Côté investissements, la branche financière Sofiprotéol a permis d’investir 149 M€ en 2025 pour « soutenir la structuration de filières françaises, de l’amont à l’aval ».
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50 millions d’euros investis pour des variétés de pois plus résilientes
Le groupe Avril a aussi lancé en 2025 un programme de recherche sur des variétés de pois protéagineux « plus productives, plus résilientes et mieux adaptées aux défis climatiques ». « Pea4ever » est construit en partenariat avec des semenciers, et financé en partie par des fonds publics, via notamment l’Inrae. 50 M€ sont investis sur cinq ans en vue de doubler les surfaces de légumineuses à graines d’ici 2030. « Demain, la production de légumineuses dont les nodosités permettent de capter l'azote de l'air sera aussi une réponse à la diminution des charges des exploitations », défend Arnaud Rousseau.
Pas d’effets de la guerre au Moyen-Orient sur le résultat d’Avril début 2026
Le président se félicite aussi du « succès » des biocarburants Eco100 issus de colza français, utilisés par plus de 20 000 véhicules lourds. Dans le contexte actuel de la guerre au Moyen-Orient, « c'est une solution alternative aux énergies fossiles, qu'on est évidemment très heureux de mettre sur le marché », soutient-il. Pour le moment, le groupe n’observe pas d’effet du conflit sur son résultat du premier semestre 2026. « À la différence de ce qui s'est passé en Ukraine, il n'y a pour le moment pas d'impact sur les matières premières agricoles », affirme Paul-Yves L'Anthoën, nouveau directeur général du groupe Avril.
Mais compte-tenu de la « volatilité du contexte », il se dit « précautionneux », et surtout préoccupé pour les producteurs français affectés par la hausse du prix des carburants et par l’incertitude sur les fertilisants. « Pour l'instant, on ne maîtrise absolument pas les effets indirects du conflit », soutient Paul-Yves L'Anthoën.
Sur 2025, le groupe Avril a dégagé un résultat (EBITDA) de 426 M€, soit +15 % par rapport à 2024, porté par Sofiprotéol (EBITDA de 110 M€). Le chiffre d’affaires est aussi en hausse de 6%, à 8,2 milliards d’euros pour 2025.