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Conférence de presse de rentrée de la FNSEA
« Nous ne devons pas être abattus mais déterminés à agir » affirme Christiane Lambert

La présidente de la FNSEA a tenu aujourd’hui à Paris une conférence de presse pour faire le point sur les axes de travail du syndicat en cette rentrée 2022.

lambert
Lors de la conférence de presse, Christiane Lambert a notamment abordé le sujet de l’eau et de l’irrigation.
© Claire de Nadaillac

Lors de la conférence de rentrée de la FNSEA, sa présidente Christiane Lambert revenue sur un été particulièrement éprouvant avec des conséquences marquantes pour le secteur agricole. « Quand on sillonne les campagnes, le sentiment qui prédomine, c’est l’inquiétude par rapport à l’avenir [...] nous devons pas être abattus mais déterminés à agir » a déclaré Christiane Lambert  qui est revenue sur les conditions climatiques estivales : « Aujourd’hui, 44 % de la SAU européenne connaissent une situation de sécheresse. La situation en Espagne et en Italie est pire qu’en France. Face à ce contexte, l’agriculture a besoin de mesures d’urgence et de long terme. Il nous faut des outils de résilience et nous devons raisonner en termes de planification écologique et alimentaire ».

 

Elle estime que les Français ont conscience de la fragilité de production induite par les conditions climatiques et les répercussions de la guerre en Ukraine et que les consommateurs ont désormais deux grandes préoccupations : en premier lieu l’inflation et leur pouvoir d’achat et ensuite le changement climatique. « Les deux sont liés » a-t-elle martelé en ajoutant : « Nous devons avoir une alimentation accessible pour tous et pour ce faire, il faut créer les conditions de production en France avec certains accompagnements ».

« Amener de la raison chez les distributeurs »

« Sur la loi alimentation, on pousse tous ensemble et il faut tenir. Il faut amener de la raison chez les distributeurs et qu’ils respectent la charte qu’ils ont signée. Nous dénonçons les pénalités logistiques qu’ils pratiquent alors qu’elles sont interdites. Pour certaines entreprises, cela se chiffre en millions d’euros. Quand le poste charges augmente, si on ne répercute pas ça ne passe pas » a-t-elle affirmé. Au sujet du régime de l’assurance récolte alors que seulement 30 % des agriculteurs sont assurés, la présidente de la FNSEA a déclaré : « Il faut tout faire pour rentrer dans les 600 millions d’euros. Il faut que le gouvernement entende que la profession prend ses responsabilités et veut un document assurantiel en début d’année 2023 avec un dispositif attractif ». En ce qui concerne le volet pollution - puisque le secteur agricole est devenu le deuxième secteur émetteur de CO² en France devant les transports et derrière l’industrie après la crise du Covid -, la FNSEA s’engage à « déployer tout un travail d’accompagnement et de conseils techniques auprès des agriculteurs ».

« Avoir davantage de terres irriguées »

Sur l’épineuse question de l’eau, Christiane Lambert a déclaré : « Nous souhaitons avoir plus d’accès à l’eau. Nous avons 5 à 6 % de terres irriguées. Ce n’est pas assez, notre ambition est en d’en avoir davantage. Nous souhaiterions pouvoir réutiliser les eaux usées comme en Israël ou en Italie. Le problème en France, c’est que nous avons beaucoup de restrictions, or nous avons toute une panoplie de solutions identifiées comme l’irrigation ou la captation de l’eau des orages ». Au sujet de l’énergie, elle a déclaré : « Nous avons apporté des amendements sur la loi énergétique mais le grand oublié est l’agrivoltaïsme. Puisque nous avons sa définition, nous souhaiterions qu’elle soit inscrite dans la loi et nous serons très prudents sur la libéralisation du foncier dans ce domaine-là ».

Christiane Lambert a par ailleurs précisé que la FNSEA serait force de proposition au Conseil national de la refondation (qui aura lieu le 8 septembre prochain à Marcoussis, ndlr) et en matière de Planification écologique. Dernier sujet abordé : le chèque alimentaire au sujet duquel elle a affirmé : « Nous portons la proposition du chèque alimentaire depuis deux ans et nous avons trouvé la solution en travaillant avec une start-up qui propose d’utiliser un QR-code qui pourrait s’afficher sur le portable des personnes concernées et qui serait flashé par les commerçants en fonction des produits achetés ».

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