Nettoyage des pots de yaourt : OK pour le verre, possible pour le plastique dur, à éviter avec les plastiques mous
Actalia Produits laitiers a testé l'efficacité du nettoyage des pots de yaourts en verre et en plastique en filière fermière. Verdict : le verre s’en sort haut la main, le plastique dur peut suivre sous condition, mais les plastiques fins restent à la traîne. Conseils d’Henri Tonglet, conseiller technologique Actalia.
Actalia Produits laitiers a testé l'efficacité du nettoyage des pots de yaourts en verre et en plastique en filière fermière. Verdict : le verre s’en sort haut la main, le plastique dur peut suivre sous condition, mais les plastiques fins restent à la traîne. Conseils d’Henri Tonglet, conseiller technologique Actalia.
« La loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) incite au réemploi et vise la fin des emballages à usage unique d’ici 2040. Mais les exigences sanitaires du paquet hygiène sont maintenues. En réutilisant un pot en verre ou en plastique, un producteur fermier reste soumis à l’obligation de résultat et doit donc s’assurer qu’il commercialise des denrées saines pour les consommateurs. Actalia Produits laitiers a donc vérifié l’efficacité du nettoyage d’emballages réemployés en filière fermière, notamment pour les yaourts, faisselles et fromages blancs.
Dans une enquête menée en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons vu que 80 % des 54 fermiers répondants affirmaient réutiliser les pots, la majorité uniquement ceux en verre et un quart en plastique également. Nous avons alors testé quelques protocoles représentatifs de ce qui se faisait sur le terrain avec des pots en verre de 125 et 400 ml, des pots de 125 ml en plastique mou en polypropylène et des pots faisselles en polypropylène de 0,7 mm d’épaisseur. Nous avons aussi testé les couvercles en métal vissable, en polyéthylène ou en polypropylène.
Réemploi sous condition
Les mesures d’efficacité du lavage comprenaient un contrôle visuel, un test ATP-métrique de surface pour quantifier les résidus organiques et de la microbiologie pour évaluer la flore totale et les entérobactéries comme indicateur d’hygiène.
Le protocole de nettoyage s’inspire des pratiques observées avec : récupération sélective (en refusant les pots sales ou abîmés), passage en machine (domestique performante ou professionnelle), cycles plutôt courts et chauds, alternance de détergent acide et alcalin, rinçage à chaud et séchage à l’air. Résultats : les pots en verre se lavent très bien. Seuls les grands pots ou ceux avec des recoins compliquent l’action mécanique du lavage. Pour ceux-là, un bref prétrempage aide à décrocher les souillures.
Au lave-vaisselle
Pour les plastiques durs, plusieurs variantes ont été testées : lavage manuel et trempage, lave-vaisselle domestique, machine pro à cycles chauds, toujours avec un rinçage chaud et un séchage. Verdict : c’est possible mais avec vigilance. Les meilleurs résultats (ATP bas, microbio propre et régulière) viennent des lavages en machine combinant un détergent alcalin et un désinfectant, avec respect strict du protocole TACT (Température, Action mécanique, Concentration, Temps de contact). Les protocoles légers avec trempage et lavage manuel donnent des moyennes globalement correctes mais plus dispersées. Dans un lot de cinq pots, il arrive d’en voir un dépasser les seuils. Cela n’empêche pas de prévoir un renouvellement périodique des pots parce que les rayures et microfissures finissent par piéger la saleté.
Coup de mou pour les plastiques mous
Pour les plastiques mous de moins de 0,5 mm d’épaisseur, le constat est nettement moins favorable. Quels que soient les produits (alcalin, désinfectant) et les machines, il reste de la matière organique et la microbio est variable, parfois franchement trop élevée. Le matériau s’use, se raye vite et retient les résidus. Les couvercles en polyéthylène clipsables s'en sortent aussi particulièrement mal. Dans notre série, une faible fraction seulement passe pleinement les critères, la majorité est insuffisante ou très limite. En clair, le plastique fin n’est pas compatible avec un réemploi fiable, sauf exceptionnelle deuxième vie hypersurveillée.
Côté pratique, il faut documenter son protocole de nettoyage dans le plan de maîtrise sanitaire et contrôler régulièrement, visuellement mais aussi avec des lames de contact de temps en temps. »
Un nettoyage chimique pertinent
Lors du lavage, les produits alcalins ciblent la matière organique et fonctionnent mieux pour dégraisser que l’acide. Les produits acides sont, eux, plus efficaces sur les résidus minéraux. Ajouter un désinfectant (chlore ou acide peracétique) limite nettement la présence d’entérobactéries à condition de respecter le TACT (Température, Action mécanique, Concentration, Temps de contact). Attention aux surconcentrations de produits : ça ne nettoie pas mieux, ça rince moins bien et ça laisse des résidus.