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Balance commerciale de la France
Mise en garde du Sénat : la France pourrait connaître « son premier déficit agricole en 2023 »

L’agriculture représente le troisième excédent commercial de la France. Pourtant un récent rapport du Sénat met en garde : l’excédent pourrait bientôt se transformer en déficit. Les importations ont presque doublé en 20 ans, la population agricole est vieillissante et les surfaces en baisse. Ces facteurs majeurs expliquent le phénomène observé. En cause aussi : une concurrence déloyale pas assez combattue.

Commerce de gros au marché international de Rungis.
© Jean-Charles Gutner (archives)

 « La place de l’agriculture française sur les marchés mondiaux » vient de faire l’objet d’un rapport sénatorial. L’enquête a été menée par le sénateur LR Laurent Duplomb, président du groupe d’étude agriculture et alimentation. L’information est retransmise ce mardi dans un article publié sur le site de Public Sénat. « La France est incontestablement une puissance agricole de premier plan, représentant à elle seule près de 17 % de la production européenne », note le rapport. L’agriculture représente le troisième excédent commercial français après l’aéronautique et les cosmétiques. De bons résultats liés principalement au secteur du vin et des spiritueux sans qui « la France aurait un déficit commercial agricole de plus de 6 milliards d’euros », peut-on lire dans le rapport d’information. La bonne nouvelle serait donc à nuancer.

A bien y regarder, les chiffres ne seraient donc pas si encourageants. Le rapport relève notamment les chiffres de l’emploi. « L’agriculture et l’alimentation représentaient près de 12 % de l’emploi total en 1980 contre 5,5 % aujourd’hui, la chute étant expliquée essentiellement par le recul de l’emploi agricole, qui pourrait se poursuivre en raison des nombreux départs à la retraite à venir ». Environ un tiers des exploitants ont aujourd’hui 55 ans ou plus.

Même phénomène de baisse observé au niveau des surfaces. « La surface agricole dédiée à l’agriculture a chuté en France de 17 % depuis 1961, soit près de 60 000 km², c’est-à-dire l’équivalent de la région Grand-Est », note le rapport.

Se basant sur ces évolutions, le Sénat formule une prévision négative pour l’économie de notre pays : « la France constatera son premier déficit agricole en 2023 ».

Pour expliquer ce recul, les sénateurs évoquent les écarts salariaux entre la France et les autres pays européens. « Le coût horaire français a augmenté de 58 % entre 2000 et 2017, presque deux fois plus rapidement qu’en Allemagne », note le rapport.

Les importations presque doublées en France depuis 2000

Les sénateurs s’inquiètent également du recours massif à l’importation des produits agricoles et alimentaires.  « Depuis 2000, les importations ont été presque doublées en France (+ 87 %) tandis que les exportations, dans le même temps, augmentaient de 55 %. En définitive, les importations couvrent une part de plus en plus importante de l’alimentation des Français », prévient le groupe d’études agriculture et alimentation. Et de citer le secteur des fruits et légumes pour lequel les importations représentent près de 50 % de la consommation en France, celui de la volaille avec des importations à hauteur de 34 % de la consommation, et celui de la viande de porc dont 25 % de la consommation provient des importations. Globalement, les importations ont doublé en 20 ans, constate le rapporteur du Sénat.

Autre point négatif pour la balance commerciale agricole française : la concurrence déloyale imposée par « des produits importés en France qui ne respecteraient pas les normes minimales imposées aux producteurs français ». Selon le rapport du sénat « entre 10 et 25 % » des produits importés seraient dans ce cas, le « risque pesticides » étant le premier invoqué. La liste de produits est longue et concerne également les produits bio importés.

Les sénateurs estiment que le budget de 10 millions d’euros alloué au contrôle des denrées alimentaires importées est insuffisant. Et d’oser une comparaison provocante : cette somme représente « moins d’une semaine de recettes que l’Etat encaisse au titre de Loto ».

 

La presse se fait largement l'écho de cette nouvelle qui résonne comme un coup de tonnerre.

 

 

 

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