Aller au contenu principal

[Interview]
Mickaël Mazan, maraîcher : « je peux tout dire sur mon métier sur les réseaux sociaux »

Mickaël Mazan est un des rares producteurs de fruits et légumes présents sur les réseaux sociaux. L’exploitation familiale est basée à Montpezat dans le Gard. Il produit et vend sa production sur les marchés. Il est aussi céréalier mais en parle moins. Ses posts parlent plus souvent de melon que de blé.

Mickaël Mazan, un des rares producteurs de fruits et légumes à être présent sur ls réseaux sociaux : « je réponds surtout aux questions que les consommateurs me posent ».
© Mickaël Mazan

Mickaël Mazan est céréalier et producteur de fruits et légumes sur une cinquantaine d’hectares à Montpezat dans le Gard. Orge, blé tendre et blé dur occupent la majorité des terres. Les asperges, melons, tomates, courgettes et aubergines sont cultivés sur 2 ha mais prennent une grande place dans l’exploitation.

Sur le site qui porte le joli nom de Jardin d’Aimé, on comprend que le domaine maraîcher est une véritable histoire de famille. Mickaël est de la 3e génération et l’aventure a commencé en 1947. A l’époque Aimé et son mari Auguste étaient viticulteurs et céréaliers. Les générations se succèdent mais le fonctionnement est toujours le même. « On travaille en famille », témoigne Mickaël. Son père à la retraite n’a pas perdu son savoir-faire. Mylène, sa sœur, travaille aussi avec son mari sur l’exploitation agricole. Et c’est Lilou, qui représente la 4e génération, qui s’occupe de la vente en ligne. La famille vend aussi ses légumes sur les marchés et Mickaël prend en charge 2 des 5 marchés hebdomadaires. Entre la production et la vente, pas facile de trouver du temps pour être présent sur les réseaux sociaux. Le producteur est un des rares représentants de la filière Fruits & Légumes à s’être lancé et à poster régulièrement du contenu. Entretien

Sur quels réseaux sociaux êtes-vous ?

Mickaël Mazan - « Je suis principalement sur Twitter (désormais X) et sur Facebook. Je fais des photos et pas de vidéos. Je ne suis pas sur YouTube mais je suis sur Instagram depuis quelques mois. Je suis sur Twitter depuis 2013 et ça se passe bien. Je suis aussi membre des Agritwittos. »

« Pourquoi pailler avant de planter ? Comment fonctionne le goutte à goutte ? J'explique comment on travaille.»

Quel type de message postez-vous ?

M. M. – « Pour les céréales, je poste quelques photos de moisson mais je communique surtout sur les fruits et légumes. Je réponds surtout aux questions que les consommateurs me posent sur les marchés. Pourquoi pailler avant de planter ? Comment fonctionne le goutte à goutte ? Pourquoi il faut retourner la terre ? Les traitements quand il a plu. Les engrais… J’explique comment on travaille. »

 

Combien avez-vous d’abonnés ? Quelle est votre meilleure audience ?

M. M. – « Sur Twitter, j’ai plus de 2000 abonnés. Ma meilleure audience est sans doute avec le melon. Il y a beaucoup de questions sur cette production, notamment sur les traitements. C’est un produit de saison qui suscite beaucoup d’intérêt. »

Par qui êtes-vous suivi ?

M. M. – « Ceux qui nous suivent sont des consommateurs et des agriculteurs. Il y a notamment des producteurs de melons d’autres départements qui posent des questions sur les variétés et la culture. »

« C’est pour répondre à la question  "comment ça pousse" que j’ai décidé d’expliquer tout ça sur les réseaux sociaux.»

Y'a-t-il un message que vous regrettez d’avoir posté ?

M. M. – « Non. Avant de poster, je regarde et je fais attention à ce que je mets sur les réseaux. »

Vous fixez-vous des limites dans votre communication ?

M. M. – « Pour ma part, j’estime que je peux tout dire sur mon métier. »

 

 

Quel a été votre déclic pour vous lancer ?

M. M. – « C’est en parlant avec les consommateurs. Ils ne savaient pas trop où et comment était produit ce qu’ils achetaient. C’est pour répondre à la question " comment ça pousse " que j’ai décidé d’expliquer tout ça sur les réseaux sociaux. Maintenant beaucoup de mes clients me suivent en ligne. Une relation de confiance s’est instaurée. Ils voient ce que je fais et ce que je produis et ils retrouvent ces fruits et légumes sur le marché. Ils voient d’où ça vient et où ça arrive. Et ils savent que c’est moi le producteur. »

Avez-vous suivi un modèle ?

M. M. – « Je suis beaucoup Thierry Bailliet sur YouTube. Au début, je le suivais sur Twitter et Facebook. J’en suis d’autres aussi, notamment La ferme de Benjamin et Adeline en fruits et légumes.  Mais quand je suis rentré sur les réseaux sociaux, je n’ai pris modèle sur personne. Je ne savais pas trop comment démarrer mais je me suis lancé. »

« Je suis sur Twitter depuis 2013 et ça se passe bien.»

Combien de temps passez-vous sur les réseaux sociaux ?

M. M. – « Une fois, un dimanche, j’y ai passé 7 heures. J’avais des messages à envoyer et des réponses à faire aux commentaires. Mais c’est très rare, et c’était le maximum. En général, ça dépend du travail de la journée. Quand on attaque les labours et les semis, je n’ai pas le temps. Mais quand c’est possible, je peux y passer 1 h – 1 h 30 entre midi et 14 h. Sinon, c’est plutôt le soir. En moyenne, je dirais que j’y consacre environ 2 h et demi par jour. »

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer sur les réseaux sociaux ?

M. M. – « Je conseille d’y aller. Il n’y a pas beaucoup de gens sur les réseaux sociaux en fruits et légumes – 2 ou 3 seulement à ma connaissance - et il y a beaucoup de demandes d’information. Donc à un jeune qui s’installe, je dis " explique ton travail ". Il faut montrer une autre facette de l’agriculture : dans les champs, avec les bottes… Il faut casser les clichés. C’est vrai qu’il faut y consacrer un peu de temps et que ça vient en plus de tout le travail. Je ne croyais pas un jour me mettre sur les réseaux sociaux pour expliquer mon métier. Et pourtant, ça me sert beaucoup. »

 

Relire tous les interviews d'agriculteurs actifs sur les réseaux sociaux :

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : trois nouveaux cas détectés en Sardaigne, un cheptel non vacciné concerné

Trois foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 28 et le 29 avril en…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Unité de méthanisation en bâche souple au milieu d'un champ.
Incorporation du biométhane : le gouvernement présente ses objectifs pour les certificats de production de biogaz après 2028

Le gouvernement vient enfin de présenter ses objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB). Une trajectoire qui…

Drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
Prix des engrais : la Commission européenne ne compte pas suspendre le MACF, mais prévoit des aides directes

La Commission européenne ne compte pas suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) face à l’augmentation…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

Publicité