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Méthanisation : « J’utilise depuis deux ans l’orge d’hiver dans l’Aube, plus souple à récolter et moins délicate à gérer que le seigle »

Agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube), Guillaume Debreuve alimente un méthaniseur avec une autre exploitation agricole en orge d'hiver en termes de Cive d'hiver. Il préfère cette céréale au seigle qui apporte quelques soucis en stockage et à la méthanisation.

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Guillaume Debreuve, agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube),"Dans le méthaniseur, le seigle se dégrade plus difficilement qu'une orge, provoquant un épaississement du digestat plus difficile à mélanger."
© SAS Debreuve

« Depuis 2017, avec une autre exploitation, nous alimentons une unité de méthanisation à 50 %(1) avec des Cive d’hiver et des cultures dédiées. Tout comme l’autre exploitation, je consacre 75 hectares de mes surfaces à des Cive d’hiver. L'installation produit 200 Nm3/h (normo mètres cubes par heure) de biogaz en injection directe.

Après avoir cultivé du seigle, je suis passé à l’orge d’hiver, même si cette céréale est un peu moins productive. Mais le seigle a apporté quelques désagréments à la méthanisation. Cette céréale est un peu plus fibreuse et ligneuse qu’une orge. Elle n’est pas facile à tasser au stockage avec une tendance à se dégrader dans le temps. Dans le méthaniseur, elle se dégrade plus difficilement, provoquant un épaississement du digestat plus délicat à mélanger, ce qui occasionne une usure prématurée des agitateurs dans la cuve et des pompes transférant le digestat.

L’orge a tendance à être mature un peu plus tôt que le seigle. Elle peut se récolter à partir du 15 mai, mais en 2026, elle ne l’a été que le 26 mai à cause de contraintes de l’ETA, avec entre 40 et 45 % de matière sèche, un taux un peu trop élevé. Les orges récoltées une semaine avant étaient à 31-33 % de MS, ce qui est idéal. Mais en termes de récolte et de teneur en MS, l’orge est plus souple que le seigle, ce dernier devant être récolté à 33 % de MS au maximum.

Les semis d’orge se déroulent début octobre. L’apport d’azote se limite à 140 unités (180 à 190 pour une orge grain) et à un traitement fongicide. La variété Fenice que j’ai utilisée est tolérante à la JNO. Je n’ai pas fait de traitement insecticide l’automne dernier. Le désherbage est classique. L’ensilage de la Cive d’hiver aide à nettoyer les parcelles des graminées adventices (ray-grass) qui ne sont pas encore en graine. On réduit de manière impressionnante leur présence dans la campagne qui suit.

Le plus souvent, le maïs succède à la Cive d’hiver. Il est implanté en semis direct et strip-till pour conserver la fraîcheur de la terre à la levée et éviter les repousses d’adventices en ne remuant pas le sol.

Je pratique aussi le mélange d’orge et de seigle qui limite le phénomène de verse inhérent au seigle et qui ne nécessite ni traitement fongicide ni insecticide. Le rendement est plus élevé de 0,5 t/ha de MS qu’une orge pure. »

SAS Debreuve : 430 ha dont 130 de blé tendre, 60 d’orge de printemps semée à l’automne, 70 de betterave, 30 de colza, 30 de chanvre, 20 de pomme de terre, 75 de Cive d’hiver (orge) suivie de maïs, sorgho ou tournesol.
(1) Reste : pulpes de betteraves et autres intrants exogènes d’origine végétale (céréales déclassées, issues de silos…).

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