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Mathis Pétron, salarié en élevage laitier dans l'Orne : « J'ai envie de faire des tâches intéressantes, pas juste de nettoyer des logettes »

Mathis Pétron est salarié depuis un an et demi à l'EARL Toutain JM, un élevage laitier de l'Orne. Il apprécie les responsabilités que lui a confiées son patron et de pouvoir accéder aux données technico-économiques de la ferme.

Mathis Pétron
"Mon patron n’hésite pas à nous montrer les résultats économiques de la ferme et du groupe lait. C’est motivant, car je sais à quoi sert mon travail. "
© M. Pétron

« J’ai 21 ans. Pendant mon BTS ACSE j’ai réalisé un stage dans la ferme de Jean-Marie Toutain et il m'a ensuite proposé de la rejoindre en tant que salarié. J’avais choisi cette ferme pour sa proximité de mon domicile et car c'est un élevage très technique, avec un haut niveau de production et des robots de traite. J'aurais pu accepter une place dans un élevage doté d'une salle de traite, mais seulement si je n'avais trait qu'une fois par jour. Traire deux fois par jour me parait trop contraignant et chronophage. J'ai envie de pouvoir réaliser d'autres tâches. Je cherchais aussi une ferme dans laquelle je pourrai travailler en journées complètes.

Ce qui me plait avant tout, c’est d’exercer des responsabilités, d'avoir des objectifs. Par exemple, je peux décider quoi faire si je remarque une vache malade, j'ai aussi mon mot à dire pour les vaches à réformer. De plus, Jean-Marie n’hésite pas à nous montrer les résultats économiques de la ferme et du groupe lait. C’est motivant, car je sais à quoi sert mon travail. 

Et puis, j’ai envie de réaliser des tâches intéressantes, pas juste de nettoyer des logettes. Ici, je vois un peu de tout, cela me plait. Je m’occupe de l’élevage le matin et le soir, et dans la journée j’aide ailleurs, aux champs par exemple. J’apprécie aussi nos échanges très réguliers. Nous prenons un café le matin vers 10h et un autre le soir à 17h30. Nous parlons de tout, pas seulement du travail. C'est très appréciable. Nous nous entendons tous bien, si l’un de nous a un empêchement, sur un week-end travaillé par exemple, nous pouvons échanger. Mon employeur a été salarié auparavant, alors il nous comprend, il sait nous parler, c’est important pour moi ».

Jean-Marie Toutain, éleveur laitier dans l’Orne

« Je souhaite que mes salariés se sentent partie prenante de la ferme »

« Sur la ferme, j’emploie trois salariés dont deux à temps plein : Mathis, plutôt sur l’élevage, et David, plutôt sur le matériel et les cultures. J’essaie de communiquer le plus possible avec eux, de leur expliquer ce que je souhaite faire et surtout pourquoi. J’essaie de répondre à leurs questions et leurs attentes, de les consulter lors de l’achat de matériel. Je les invite aussi à participer à des formations. Je souhaite qu’ils soient partie prenante de la ferme. Je trouve normal qu’une partie du bénéfice revienne aux salariés. Auparavant, avec un autre salarié, j’avais mis en place un PEE (plan d'épargne entreprise), mais l’argent est bloqué cinq ans et cela ne convenait pas à David, qui l’a remplacé il y a une dizaine d’année. Maintenant, je verse deux primes par an. Les salariés disposent aussi d’une voiture de service. Nous listons également toutes les heures. Une partie des heures supplémentaires est payée, l’autre est annualisée. En hiver, les salariés ne travaillent que deux ou trois jours par semaine mais nous sommes toujours au moins deux sur la ferme ».

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