Marché du porc : des équilibres fragilisés
La baisse du cheptel de truies en Europe limite les perspectives de production pour le premier semestre 2026, dans un contexte international peu porteur.
La baisse du cheptel de truies en Europe limite les perspectives de production pour le premier semestre 2026, dans un contexte international peu porteur.
La dernière enquête de cheptel européen du printemps 2025 révèle une baisse de 3 % du troupeau de truies par rapport à l’année précédente.
Certains pays comme l’Espagne, les Pays Bas ou la Pologne enregistrent des baisses plus marquées, tandis que d’autres comme l’Allemagne, le Danemark ou la France montrent une relative stabilité. Sur cette base, deux scénarios de production pour le premier semestre 2026 sont envisagés.
Des débouchés à l’export limités
Du côté de la demande, les perspectives à l’export pour les producteurs européens sont limitées. La Chine cherche à réguler son offre intérieure. Elle freinera ses importations en viandes de porc mais maintiendra très certainement ses importations d’abats. D’autres marchés asiatiques, comme les Philippines ou le Vietnam, toujours touchés par les épidémies en élevage continueront d’importer. Mais la présence du Brésil sur ces marchés s’est nettement renforcée, réduisant les opportunités pour les exportateurs européens. Le porc européen a perdu en compétitivité et les tensions commerciales freinent les perspectives à l’export.
Des prix sous tension
Malgré une demande intérieure attendue plutôt stable, les exportations européennes sous pression et l’absence de réelle tension sur l’offre pèseront sur les cours. Les prévisions de prix du porc pour 2026 s’orientent donc vers une évolution défavorable pour les éleveurs par rapport à 2025, dans un contexte où plusieurs facteurs pourraient encore influer sur les cours.
Elisa Husson, elisa.husson@ifip.asso.fr
À retenir
Les éleveurs européens doivent s’attendre à une année 2026 marquée par des tensions sur les prix, une concurrence accrue sur les marchés d’exportation et des contraintes renforcées. La stabilité du marché dépendra largement de la capacité des producteurs à s’adapter à un environnement commercial en profonde mutation.
La FPA en Espagne rebat les cartes du marché européen
La détection fin novembre de plusieurs cas de fièvre porcine africaine dans la faune sauvage en Catalogne, à proximité de Barcelone, vient ajouter un facteur de fragilité supplémentaire pour la filière européenne.
En Espagne, les restrictions sanitaires attendues liées à l’apparition des cas de fièvre porcine africaine empêcheront certains outils espagnols d’exporter vers plusieurs marchés tiers. Elles vont entraîner une redirection de volumes vers le marché intérieur européen et accentuer la pression sur les prix. Cet élément pourrait amplifier les tensions déjà présentes.
Dans ce contexte rendu particulièrement instable par l’apparition de cas de fièvre porcine africaine dans l’un des principaux pays exportateurs européen, l’introduction récente de droits de douane supplémentaires par la Chine et les incertitudes sur la réorganisation des flux d’approvisionnement – notamment pour les flux de porcelets vers l’Espagne et les modalités éventuelles de régionalisation sanitaire –, l’exercice de prévision devient très difficile. C’est pourquoi, les estimations présentées ici reposent uniquement sur des éléments considérés comme suffisamment solides et fiables à ce stade, dans l’attente de disposer d’informations complémentaires permettant d’intégrer pleinement les effets potentiels de la fièvre porcine africaine dans les analyses.
E.H.