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Maladies des céréales : un meilleur contrôle avec les outils d’aide à la décision

Les prescripteurs proposent l’utilisation d’OAD pour un suivi au plus près des contaminations et un positionnement optimal des traitements fongicides pour contrer les maladies du blé. Quelle est leur pertinence ?

<em class="placeholder">Visite technique dans un champ de blé d&#039;un conseiller de chambre d&#039;agriculture avec un agriculteur pour observer les symptômes de maladies sur feuilles.</em>
L'utilisation d'OAD de prévision des maladies ne dispense pas d'aller voir sur sa parcelle l'état sanitaire de la culture.
© Réussir SA

Les outils permettant le suivi des maladies sur blé figurent parmi les outils d’aide à la décision (OAD) les plus utilisés. La société BASF a été précurseur en la matière avec Atlas Maladies du blé, remplacé par Xarvio il y a une dizaine d’années.

« Environ 3 000 agriculteurs utilisent Xarvio Field Manager pour les maladies des céréales, dont 99 % ont souscrit via leur distributeur, présente Thomas Lomberty, de BASF. Avec les prévisions de risque maladies et le conseil de déclenchement de traitements, l’objectif de l’outil n’est pas d’obtenir un rendement maximal de sa céréale, mais le meilleur gain net possible (rendement - charges en fongicides). » Entre un programme de traitement établi avec l’aide de Xarvio et des pratiques classiques, la société BASF met en avant un gain net de 34 €/ha sur une moyenne de 62 essais entre 2017 et 2024 grâce à l’économie de fongicides surtout (baisse d’IFT de 37 %).

La coopérative Noriap propose ce service aux agriculteurs. « Sur blé, le tarif d’abonnement annuel à Xarvio est de 315 euros pour six parcelles (400 euros pour l’ensemble blé + orge), précise Timothée Maman, référent OAD chez Noriap. Cela ne revient qu’à quelques euros de l’hectare, sachant que l’outil permet de mieux positionner les fongicides ou d’en économiser un passage dans certaines conditions. »

Les OAD ne dispensent pas de faire des tours de plaine

L’outil fonctionne sur la base des modèles de prévision des maladies d’Arvalis pour le piétin-verse, la septoriose, les rouilles, la fusariose des épis sur blé et, pour l’orge, l’helminthosporiose et la rhynchosporiose. L’utilisateur doit saisir les caractéristiques de sa parcelle : localisation, labour ou non, précédent, type de sol, date de semis, variété utilisée. Les données météo provenant de la station la plus proche font fonctionner l’outil pour prédire les stades clés du blé et l’évolution des maladies avec des alertes en cas de risque élevé.

Pour Philippe Pluquet, responsable du pôle agronomie de Noriap, l’outil n’empêche pas le tour de plaine. « Il donne des stades du blé prévisionnels, mais il a parfois besoin d’être recalé par rapport aux observations réelles sur le terrain, ce qui est fondamental pour lutter efficacement contre les maladies. Le modèle Septo-Lis contenu dans Xarvio amène à un niveau de précision très important sur la date optimale du traitement fongicide contre la septoriose. Les années à forte pression de la maladie, cela apporte un gain de rendement et dans des conditions de faible présence de pathogènes, l’outil amène à économiser des traitements fongicides. »

D’autres sociétés proposent des outils de prévisions de maladies des céréales : Syngenta (Avizio), Abelio, Sencrop… Ces outils n’apportent pas de conseil de produits à utiliser, ni de doses. « Sur les produits choisis par l’agriculteur, nous apportons sur chaque maladie des informations sur l’efficacité et de la rémanence à la dose utilisée », précise Thomas Lomberty.

L’outil Optiprotect en complément de l’appli MesParcelles

Les chambres d’agriculture proposent l’outil Optiprotect, qui comporte, lui aussi, les modèles de prévision des maladies d’Arvalis. « L’agriculteur souscrit un contrat en complément de l’abonnement à l’application MesParcelles (1) », présente Jérôme Jacq, de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire (Vendée). L’outil s’est montré particulièrement intéressant ces deux dernières années. Sur les variétés très sensibles à la septoriose, le risque élevé a nécessité le déclenchement précoce d’un traitement fongicide. « Les agriculteurs qui ont tardé à intervenir ont été pris au dépourvu et, derrière, ils l’ont payé cash », souligne le conseiller. Sur les variétés peu sensibles en revanche, l’outil sécurise le décalage d’un premier traitement fongicide pour parfois n’envisager qu’un seul traitement au total, à dernière feuille étalée. Optiprotect s’adapte au niveau de tolérance de la variété de blé, mais aussi à la date de semis. « Sur la campagne 2023-2024, la pression des maladies a été nettement moindre sur les blés semés fin novembre à début décembre. L’outil l’a bien détecté par rapport aux semis de début octobre », observe Jérôme Jacq.

Contaminations record de septoriose en 2024

Le modèle Septo-Lis a indiqué un nombre record de contaminations par la septoriose sur blé en 2024. « Dès qu’une feuille était émise, elle était contaminée par ce pathogène, rapporte Jérôme Thibierge. Dans 86 % des situations que nous avons suivies, un déclenchement de traitement a été décidé avant le stade dernière feuille étalée. Sur la période 2022-2017, cette valeur n’était que de 39 % pour la plus élevée. » En 2023, le développement de la septoriose était fort au début de la reprise de végétation, mais s’était arrêté rapidement.

Les OAD rassurent les agriculteurs sur leurs choix de stratégie fongicide. Ils sont utiles aux agriculteurs céréaliers et aussi aux éleveurs, « qui n’ont pas trop le temps d’aller surveiller leurs parcelles », selon Jérôme Jacq. Ces outils sont actualisés chaque année pour prendre en compte les nouvelles variétés de blé, les dégradations de tolérance aux maladies de certaines variétés, les nouveaux fongicides…

(1) Environ 400 €/an pour MesParcelles + 150 €/ha pour Optiprotect

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