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Fromage d’Auvergne
Production en baisse : manquerons-nous de saint-nectaire ?

Le saint-nectaire plaît aux consommateurs mais sa production baisse depuis 10 ans. Pour l’interprofession, la priorité numéro 1 est donc d’installer de nouveaux producteurs livreurs.

© Jérôme Chabanne

Evidemment, certains penseront qu’il ne faut pas en faire tout un fromage. Pour d’autres, en revanche, la question posée par l’Union du Cantal va peut-être provoquer quelques troubles des papilles : « Et si demain, le saint-nectaire venait à manquer ? ». Patatras, c’est tout un plateau [de fromage] qui s’écroule.

Le journal auvergnat l’affirme : « les années qui viennent ne versent pas à l’optimisme » et le risque est que la fourme ne devienne à l’avenir « un produit de luxe ».

L’affaire est sérieuse. Le fromage produit en AOP, appellation d’origine protégée, pourrait devenir une denrée rare, faute de producteurs. Pas d’éleveurs, pas de vaches. Pas de vaches, pas de lait… Entre 2010 et 2019, l’interprofession saint-nectaire (ISN) a perdu « un nombre important d’exploitations laitières », observe son conseiller développement François Peyroux. Les chiffres qu’il révèle dans le journal sont parlants : la baisse représente 24 millions de litres de lait par rapport à 2010. Avec 60 millions de litres seulement livrés actuellement, le taux de transformation est à 95 %. « Difficile de faire mieux », affirme-t-il.

« L’interprofession a donc décidé de prendre le taureau par les cornes », écrit Patricia Oliviieri , « en définissant, parmi ses cinq objectifs stratégiques à l’horizon 2025, l’augmentation et la pérennisation de la production de lait et de fromage ».

Concrètement, il faut installer des éleveurs : une cinquantaine de producteurs livreurs à l’horizon 2025, « soit entre 8 et 10 installations chaque année à compter de 2020 ».

Le président de l’interprofession, directeur du groupe Dischamp est à la tête de la laiterie la Montagne à Saint-Nectaire qui produit 2200 tonnes de fromage par an. Elu en décembre 2018, il fait de la promotion de l’AOP une priorité. Dans le journal l’Auvergne agricole, il estime que « les AOP d’Auvergne sont très bien armées pour répondre aux demandes actuelles des consommateurs ». Et pour le saint-nectaire, il confirme : « Le premier axe, et le plus important à mon sens, concerne le renouvellement des producteurs. » Et « pour installer des jeunes », le président en est bien conscient, « nous devons leur donner une vision économique claire, un équilibre financier et rendre accessible le foncier ». Vaste chantier.

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