Marché des oléagineux et coproduits du 14 au 21 octobre 2026 - Les prix du colza ont chuté dans le sillage du complexe oléagineux mondial

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L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 14 et le 21 octobre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les cours de la graine de colza sur Euronext ont nettement reculé entre le 14 et le 21 octobre 2026, perdant 19 €/t à 540,25 €/t sur l’échéance février 2027 (la plus travaillée), dans le sillage du complexe soja sur le CBOT (- 20,25 ct$/boisseau à 1 277,25 ct$/boisseau sur l’échéance novembre 2026 et - 22,50 ct$/boisseau à 1 292 ct$/boisseau sur l’échéance janvier 2026), du canola canadien (+ 1,40 CAN/t à 811,70 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et de l’huile de palme malaisienne (+ 117 RM/t, à 4 427 RM/t sur l’échéance octobre 2026). Le pétrole a quant à lui grimpé sur le marché mondial (+ 5,86 $/baril à 106,06 $/baril sur l’échéance décembre 2026 pour le Brent mais + 6,81 $/t à 95,09 $/t sur l’échéance novembre 2026 pour le WTI). On notera que l’échéance novembre 2026 du colza sur Euronext, délaissée par les opérateurs, a davantage renchéri, grimpant de 36,25 €/t sur la semaine. L’euro s’est renforcé face au dollar (+ 0,0018 $, à 1,1195 $), accentuant la baisse des cours du colza sur le marché à terme européen.

Pour la prochaine récolte, on estime que la baisse des surfaces pourrait atteindre entre 15 % et 35 % d’un an sur l’autre, voire 40 % localement. « Les implantations de colza sont compliquées par les conditions sèches, suscitant de nombreuses inquiétudes pour la suite de la campagne », indique la Scara. Cependant, l’arrivée des pluies permet aux parcelles de colza, non retournées, de doucement reprendre du poil de la bête. Par ailleurs, la pression des ravageurs (altises et pucerons) semble s’atténuer, mais la vigilance reste de mise, selon la dernière édition du bulletin de santé du végétal dédiée aux Hauts-de-France. Les vols d’altises sont toujours en cours, avec des dégâts en diminution, mais une surveillance est requise pour les parcelles à moins de 4 feuilles ou à faible biomasse. Les larves d’altises, quant à elles, sont observées en augmentation. La pression des pucerons reste forte, mais le nombre de parcelles à risque est en diminution.

​Sur le marché physique français, les prix du colza se sont repliés, perdant entre -14 et -21 €/t entre le 14 et le 21 octobre 2026, toutes places et périodes confondues. Le FOB Moselle, sa place de référence, a cédé 17 €/t à 544 €/t sur la même période. Le marché est calme, faute de vendeurs. Sur l’est de la France, la persistance des basses eaux sur le Rhin et la Moselle ne facilite pas l’exécution des contrats. Dans l’absolu, les industriels sont déjà bien couverts. Sur l’est de la France, la persistance des basses eaux sur le Rhin et la Moselle ne facilite pas l’exécution des contrats.

Pour la prochaine récolte, on commence à estimer les surfaces qui ne seront pas semées ou retournées. Cela varie beaucoup d’une région à l’autre et parfois au sein même d’une parcelle. Les premiers chiffres, non officiels, qui sortent font état de 15 % à 35 % en moins, parfois 40 %. En l’absence de pluies significatives, les levées sont difficiles, entre adventices (repousses et mauvaises herbes) et ravageurs (punaises, altises, pucerons et limaces). La pression punaise semble avoir reculé un peu mais les altises prennent le relais.

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Sur le marché physique français, les prix du tournesol ont évolué dans une large fourchette entre le 14 et le 21 octobre 2026, de + 5 à + 25 €/t, toutes places et périodes confondues. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 10 €/t à 620 €/t sur la période octobre-décembre 2026 (couverture bien avancée) et 20 €/t à 632,50 €/t sur la période janvier-mars 2027 (quelques affaires de petits volumes). La production pourrait se situer entre 1 Mt et 1,2 Mt, loin des 1,4 Mt récoltées l’an dernier. Les taux d’huile sont plutôt corrects (44,5 % à 46 %) alors que les coques sont plutôt petites, ce qui nécessite un important travail de nettoyage.

La Scara témoigne : « La collecte de tournesol a débuté le 17 août dernier, du jamais vu à la coopérative. Depuis, nous avons collecté 2 200 t de tournesol, avec une moyenne de 7,9 % d’humidité et 5,9 % d’impuretés. Grâce à cette année sèche, nous n’avons pas eu besoin d’allumer le séchoir pour sécher le tournesol. Les rendements sont hétérogènes mais tournent en moyenne entre 20 q/ha et 25 q/ha. Enfin, à noter que les taux d’huile de tournesol sont dans les normes de commercialisation. » Et d’ajouter : « Nous [sommes rentrés], depuis début octobre, dans une seconde phase de la collecte, puisque nous [récoltons] les tournesols derrière les Cive (culture intermédiaire à vocation énergétique) d’hiver. »

​​​​​​Sur le marché physique français, les cotations de la graine de soja en départ Rhône-Alpes et en départ Rhin sont nominalement reconduites sur la période octobre-décembre, entre le 14 et le 21 octobre 2026. En départ Sud-Ouest, il n’y a pas de prix. La production française de soja en 2026 est estimée par Agreste à 281 000 t au 1er octobre 2026 (-30 % par rapport à la moyenne des cinq campagnes précédentes).

Sur le marché physique français, les prix de la graine de lin à destination de l’alimentation humaine ​​​​se sont appréciés en départ Centre (+ 10 €/t) en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026.

Protéagineux

Marché peu liquide

Cette semaine, les cotations en protéagineux se font rares, en raison des faibles volumes disponibles à la vente. On rapporte quelques affaires en pois à destination des fabricants d’aliments pour animaux bourguignons et belges.

Tourteaux

Marché actif en soja sur le court terme

Sur le marché physique français, les prix du tourteau de soja OGM ont perdu du terrain en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026, cédant entre 9 et 12 €/t sur l’ensemble des places commerciales. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a quant à lui baissé de 16,20 $/t à 348,30 $/t sur l’échéance décembre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM poursuit sa progression sur la semaine. La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée.

Sur le marché physique français, les cours du tourteau de colza se sont stabilisés en départs Le Mériot, Bassens et Rouen mais ont perdu 2 €/t en départs Brest et Montoir-de-Bretagne. Les prix de tourteau de tournesol ont oscillé entre - 2 €/t et + 2 €/t, selon les places de marché : - 2 €/t en départs Lorient, Montoir-de-Bretagne et Sète ; 0 €/t en départ Lezoux ; + 1 €/t à + 2 €/t en départ Saint-Nazaire.

L’activité sur le marché hexagonal s’est concentrée en soja sur la période octobre-décembre 2026, cette semaine. Sur l’année prochaine, l’activité est au point mort, acheteurs et vendeurs attendant la confirmation de l’application au 1er janvier 2027 du règlement européen sur la non-déforestation (RDUE).

Et un spécialiste du marché des tourteaux d’expliquer : « Jusqu’à fin décembre 2026, la prime mass balance reste de mise et permet aux fabricants d’aliments pour animaux de se conformer aux exigences de la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (Fefac). Après le 31 décembre 2026, si le Règlement sur la déforestation de l’Union européenne (RDUE) entre en vigueur, la prime mass balance n’aura plus lieu d’être car cela deviendra de facto l’offre standard des importateurs. Le spread s’établirait entre + 15 €/t à + 22 €/t, voire un peu moins sur le mois de janvier 2027 en raison du stock de report. »

Huiles

Hausse des cours sur le marché français

Le marché physique français de l’huile végétale n’est guère coté. Pour information, l’huile de soja en départ Brest a renchéri de 14 €/t entre le 14 et le 21 octobre 2026. L’huile de tournesol en départ Saint-Nazaire a également progressé, oscillant entre de + 15 €/t à + 35 €/t. En franco Bretagne, les cours de l’huile de coprah raffinée a grimpé de 15 €/t sur les sept derniers jours, ceux de l’huile de palme raffinée 10 €/t. Le marché physique français est calme. Dans ce contexte globalement haussier, les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des tarifs plus en adéquation avec leurs objectifs en termes de prix d’achat, pour se couvrir sur les longueurs.

Sur les ports nord européens, les prix de l’huile de colza ont perdu du terrain en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026, cédant 11 €/t, ceux de l’huile de tournesol ont gagné entre 20 €/t et 70 €/t. L’huile de coprah raffinée a également grimpé, progressant de 20 €/t à 25 €/t. Les cotations de l’huile de palme raffinée ont quant à elle oscillé entre - 5 €/t et + 5 €/t sur les sept derniers jours.

Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a cédé 1,09 cts$/livre sur l’échéance décembre à 65,97 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a perdu 38 ringgits la tonne à 4 522 ringgits la tonne, dans le même laps de temps.

Issues de meunerie

Grande fermeté des prix

Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français ont globalement suivi une tendance haussière entre le 13 et le 20 octobre 2026 : ils stagnent en son fin pellet, remoulage demi-blanc et gruau mais augmentent de 5 €/t en son fin farine. Seule la farine basse se déprécie, perdant 5 €/t sur la semaine, pour revenir au niveau d’il y a quinze jours. Le marché est toujours acheteur. L’offre des meuniers, dont l’activité n’a pas augmenté par rapport à l’an dernier, n’arrive pas à contenter la forte demande française et européenne. Les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de fibres pour formuler. Les cotations pourraient encore se raffermir dans l’absolu mais le net renchérissement des coûts de transport limite l’envolée des cotations.

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En Bretagne, les cours du son fin farine ont progressé de 7 €/t entre le 14 et le 21 octobre 2026, suivant la tendance haussière du marché francilien. L’offre est bien inférieure à la demande. D’un côté, les meuniers ont du mal à sortir de la marchandise, le marché de la farine n’étant pas porteur. De l’autre, les fabricants d’aliments pour animaux ont d’importants besoins, dans un contexte de faibles disponibilités en céréales fourragères. En Isère, les cours du son fin ont gagné 5 €/t sur la semaine. Sur la zone de Marseille, les prix sont restés stables d’une semaine sur l’autre. La demande reste présente, particulièrement du côté des fabricants d’aliments espagnols. L’offre est très rare. En région toulousaine, il n’y a pas de cotations.

​​​​Coproduits amidonniers

Cotation de la drêche de blé

La drêche de maïs sur le marché physique français s’est dépréciée entre le 14 et le 21 octobre 2026, perdant entre 2 €/t et 5 €/t selon les places et les périodes. La drêche de blé vaut nominalement 213 €/t sur la période des 7 de janvier 2027.

Le corn gluten feed demeure non coté.

Le marché est relativement calme.

​​​​Coproduits laitiers

Tendance haussière sur un marché acheteur

Le cours de la poudre de lait pour l’alimentation animale en vrac, sur le disponible, a grimpé sur le marché physique français entre le 15 et le 22 octobre 2026, de 325 €/t à 3 600 €/t. Le cours de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale en vrac, sur le disponible, est quant à lui reconduit à 1 650 €/t. Ces prix correspondent aux réservations du mois de novembre 2026.

Le marché français connaît un regain de demande en en poudre de lait et en poudre de lactosérum sur la fin de l’année.

Produits déshydratés

Marché très peu offert

Le prix de la luzerne déshydratée est très nominalement reconduit à 225 €/t sur le marché physique français en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026, en l’absence de volumes significatifs offerts à la négociation de gré à gré.

Alors que la campagne de coupe s’achève habituellement vers la fin octobre, la sécheresse devrait faire reculer la production de luzerne déshydratée du leader Désialis « probablement de plus de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale », a indiqué son directeur général Pierre Bégoc à Agra Presse. « On s’oriente vers une campagne 2026 moins bonne que 2020, qui était déjà très mauvaise, et encore pire que 1976 », a-t-il précisé le 7 octobre à l’occasion du Sommet de l’élevage. En termes de prix, « la luzerne bio décroche plus que la conventionnelle », ajoute le dirigeant de cette union de commercialisation qui regroupe quatre coopératives (Luzéal, Sun Déshy, Tereos et Cristal Union) dans le Grand Est. Malgré cette baisse, « Désialis sera en capacité d’honorer tous ses engagements contractuels ».

La pulpe de betterave déshydratée est non cotée sur le marché physique français en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026. Le faible volume d’affaires traitées ne permet pas de donner des informations de marché fiables.

La Scara témoigne : « Cette année 2026 restera marquée par une sécheresse exceptionnelle, qui met nos exploitations à rude épreuve. Les conséquences sont particulièrement importantes sur les betteraves, avec des pertes parfois considérables liées au manque d’eau et au développement de maladies. »

Farine de poisson

Détente du marché

Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français ont nettement reculé, toutes origines confondues, entre le 14 et le 21 octobre 2026. Les cours ont chuté de 90 €/t en origine Amérique du Sud et de 130 €/t en origine Scandinavie.

Le marché se détend. Les disponibilités s’améliorent temporairement malgré des perspectives pessimistes quant aux pêches dans les prochains mois.

Pailles et fourrages

Statu quo

Sur le marché physique français, les prix de la paille de blé en départ Nord-Est ont reculé en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026, oscillant entre 75 €/t et 85 €/t (contre 80 €/t et 100 €/t la semaine dernière). En paille d’orge, les prix en départ Nord-Est se maintiennent tant bien que mal, oscillant également entre 75 €/t et 85 €/t (contre 70 €/t et 90 €/t la semaine dernière). La fourchette de prix concerne principalement la paille stockée dehors. Des fournisseurs en région Champagne proposent de vendre de la paille sous hangar à 100 €/t sans susciter d’intérêt acheteur. Dans l’absolu, il n’y a pas vraiment de prix de marché, les négociations s’effectuent de gré à gré. Le marché français est beaucoup plus dynamique qu’à l’exportation, avec un volume d’affaires conséquent dans le sud de la France. Les éleveurs sont à la recherche de paille pour complémenter le foin dont les disponibilités sont limitées. Supplémenter avec des aliments composés, la paille pourrait venir en alternative au foin, dans le cas extrême.

Sur le marché physique français, les prix du foin sont reconduits entre 200 €/t en première coupe et 240 €/t en deuxième coupe, entre le 14 et le 21 octobre 2026. Cependant, ils atteignent parfois des niveaux défiants l’entendement. On rapporte des montants pour des balles rondes en foin de prairie approchant les 500 €/t en France. À terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes. Les fabricants d’aliments pour animaux hexagonaux importent des granulés de foin en provenance d’Italie pour pallier la pénurie de fourrage.

Le conseil d’administration du Comité du foin de Crau a décidé de geler ses cotations (entre 250 €/t et 260 €/t selon la coupe et la taille des balles) afin de « ne pas étrangler la clientèle habituelle du Foin de Crau ». Et d’expliquer : « Cependant, des sinistrés ou des négociants que nous n’avons pas l’habitude de voir sur le marché du foin de Crau font monter les enchères. Certains maintiennent les prix déterminés par le comité mais d’autres vendent actuellement entre 250 €/t et 300 €/t. La demande est très forte mais notre volonté est de privilégier la clientèle habituelle. » Les rendements sont globalement mauvais, cette année. Malgré l’irrigation, les prairies ont eu du mal à pousser avec les grosses chaleurs de cet été. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.

La rédaction

À surveiller

Soja

  • Publications du Crop progress états-Unien.
  • Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).
  • Niveau de production en France et en Europe.
  • Potentielles importations par les industriels français.

Colza

  • Entre semis et retournement de parcelles, surface emblavée en France.
  • État des cultures en France et en Europe.
  • Récolte canadienne de canola.
  • Demande européenne, portée par le biodiesel.

Tournesol

  • Production et teneur en huile, en France comme en Europe.
  • Potentielles importations par les industriels français.
  • Trituration et logistique en Ukraine (en guerre contre la Russie).

Karine Floquet

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