Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, 622 parlementaires français rappellent leur opposition « très large et transpartisane » à l’accord UE-Mercosur. Ils pointent les dangers pour l’agriculture française et européenne.
Une opposition rappelée contre l’accord qui va être discuté au niveau européen
« Les conditions démocratiques, économiques, environnementales et sociales ne sont pas réunies pour la conclusion et l’adoption d’un accord avec le Mercosur. » Dans une lettre du 6 novembre adressée à la présidente de la Commission européenneUrsula von der Leyen, 622 parlementaires français du Sénat, de l’Assemblée nationale et du Parlement européen rappellent leur opposition à l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. Cette opposition « très large et transpartisane » est rappelée à Ursula von der Leyen qui doit, « dans les prochaines semaines », soumettre l’accord commercial « à l’approbation du Conseil et du Parlement européen ». La lettre a aussi fait l’objet d’une tribune dans le journal Le Monde.
L’accord UE-Mercosur ne respecte pas les conditions de la France
Rédigée à l’initiative du sénateur Yannick Jadot (Les Écologistes), la lettre signée par Gabriel Attal, Marc Fesneau ou encore André Chassaigne dénonce le non-respect des trois conditions de la France pour la signature de l’accord UE-Mercosur. D’abord, la déforestation importée dans l’UE risque d’augmenter avec l’accord, en lien avec « le changement d’usage des terres pour l’élevage bovin et la production de soja ». Ensuite, les émissions de gaz à effet de serre et l’effondrement de la biodiversité engendré par cette déforestation rendra l’accord commercial incompatible avec l’Accord de Paris sur le climat.
Un risque de « concurrence déloyale » pour les agriculteurs européens
Aussi, pour les parlementaires, le « fossé » entre les normes environnementales, sanitaires et de bien-être animal de l’UE et celles des pays du Mercosur « présente un risque sanitaire sérieux pour les consommateurs européens ». Des clauses miroirs au niveau sanitaire et environnemental ne peuvent pas être instaurées, ce qui constitue « une concurrence déloyale » pour les agriculteurs européens.
« Cet accord qui va à l’encontre de tout ce que nous faisons pour sauver notre agriculture n’est pas acceptable ! »
« Cet accord qui va à l’encontre de tout ce que nous faisons pour sauver notre agriculture n’est pas acceptable ! », accusent les signataires. Ils déconseillent à Ursula von der Leyen est de « prendre l’initiative d’unvote au Conseil et au Parlement » qui irait « contre l’expression démocratique de la quasi-unanimité des parlementaires français ».