Controverses 2026 Julien Denormandie : « L’Europe doit avoir une vraie vision de production et de protection agricoles »

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Toujours pour protéger son marché et ses normes, Julien Denormandie appelle l’Union européenne à maintenir le caractère commun pour la future politique agricole commune (PAC). Crédits : © Gaétan Merminod

« L’Europe doit avoir une vraie vision, une vision de production qui va de pair avec une vision de protection », soutient Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture et invité comme grand témoin des controverses de l’agriculture et de l’alimentation, organisées le 16 juin par le groupe Réussir-Agra à Paris. « Ce n’est pas un gros mot que de produire », défend l’ex-ministre, qui affirme qu’une « géopolitique de l’alimentation » s’est développée depuis la crise du Covid-19 puis de la guerre Ukraine-Russie. « Si on veut jouer comme un acteur crédible […] il faut absolument que l'Europe se positionne avec une vision de production et de protection », affirme Julien Denormandie. 

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Des risques qui perturbent les chaînes de valeur agricoles

Car ces risques perturbent les chaînes de valeur agricoles, souligne l’ancien ministre. « Un exemple récent est le blocus du détroit d’Ormuz, qui vient faire flamber le prix des engrais », illustre-t-il. À cela s’ajoutent les enjeux commerciaux comme les taxes mises en place par Donald Trump. Face à ces « rapports de force », l’Europe doit « continuer à travailler sur son marché commun agricole », défend Julien Denormandie. « C'est sa force pour imposer un certain nombre de règles, à l'intérieur du marché d'abord, à l'extérieur du marché ensuite », soutient-il. Cette protection du marché européen doit aussi s’appliquer dans les accords de libre-échange, selon l’ancien ministre de l’Agriculture, via par exemple des « clauses miroirs ». « Il faut des règles de jeu en commun dans les accords. […] C’est essentiel pour pouvoir accélérer les transitions », explique Julien Denormandie. « C’est pour ça que j'étais autant opposé au Mercosur », complète-t-il. 

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Julien Denormandie appelle à maintenir le caractère commun de la prochaine PAC

Toujours pour protéger son marché et ses normes, Julien Denormandie appelle l’Union européenne à maintenir le caractère commun pour la future politique agricole commune (PAC). « Il faut un marché commun le plus harmonisé possible et surtout ne pas laisser des politiques agricoles nationales se développer », explique l’ex-ministre. Et sur les risques climatiques et environnementaux qui perturbent aussi les chaînes de valeur agricoles, l’ancien ministre de l’Agriculture appelle à changer certains modèles. D’abord les modèles économiques, en privilégiant des modèles de « compétitivité valeur » prenant en compte les externalités environnementales, de bien-être animal ou relatives au carbone. Mais aussi changer de modèles agronomiques, pour favoriser la création de matière organique et protéger les sols agricoles. L’ex-ministre souligne par ailleurs que la matière organique va être de plus en plus demandée au cours des prochaines années, avec comme conséquence « une pression accrue sur les terres qui les produisent ». « Je fais le pari qu'on connaîtra dans les prochaines années un énorme plan de souveraineté matière organique […] C'est un sujet qu'on doit saisir dès maintenant », soutient-il. 

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« On doit accepter de payer plus cher notre alimentation » 

Or ces changements ne dépendent pas que des agriculteurs, prévient Julien Denormandie, mais nécessitent de revoir les chaînes de valeur. Et cela a aussi un impact sur le prix de l’alimentation. « On doit accepter de payer plus cher notre alimentation », affirme l’ancien ministre de l’Agriculture. « Cela nécessite de mettre des politiques sociales pour les plus fragiles d'entre nous, afin d’éviter des alimentations à deux vitesses », complète-t-il. 

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