Aller au contenu principal

Contrôles renforcés des produits agricoles et alimentaires importés : pourquoi l’Union européenne se dote d’une Task force ?

La Commission européenne veut mieux contrôler la conformité des produits agricoles et alimentaires importés en Europe notamment en matière de résidus de pesticides. Pour renforcer l’efficacité des contrôles mis en œuvre par chaque état membre, une Task force a été lancée le 26 janvier.

Oliver Varhelyi, commissaire européen à la santé et au bien-être animal
Cette Task force doit « aider renforcer les contrôles à l’importation en veillant à créer une synergie entre des règles strictes et une mise en œuvre plus cohérente et plus efficace dans l’ensemble de l’Union », commente Oliver Varhelyi, commissaire européen à la santé et au bien-être animal.
© European Union, 2025

« Que les denrées alimentaires proviennent de régions proches ou de pays lointains, la règle est la même : tout produit entrant dans l’Union doit respecter nos normes, sans exception. Cela est essentiel pour les citoyens et les agriculteurs, qui aspirent à une concurrence loyale », a déclaré Oliver Varhelyi, commissaire européen à la santé et au bien-être animal, le 26 janvier, à l’occasion d’un déjeuner de travail à Bruxelles durant lequel a été lancée la « task force » sur les contrôles des produits alimentaires dans l’Union européenne.

Lire aussi : Mercosur : « L’Europe ne peut pas être dure avec ses agriculteurs à l’intérieur et faible quand il s’agit de l’extérieur »

A quoi va servir la « Task force » sur les contrôles des produits alimentaires dans l’Union européenne ?

« Les contrôles à l’importation sont essentiels et le groupe de travail qui vient d’être lancé, et qui s’inscrit dans l’initiative intitulée « Vision pour l’agriculture et l’alimentation », nous aidera à les renforcer en veillant à créer une synergie entre des règles strictes et une mise en œuvre plus cohérente et plus efficace dans l’ensemble de l’Union », a poursuivi le commissaire.

Relire : Pesticides : la réciprocité des normes entre produits agricoles européens et importés va être étudiée par Bruxelles

L’objectif de cette task force « qui associe les expertises de la Commission et des Etats membres » sera de :

  • Continuer à harmoniser les contrôles à l’importation dans l’ensemble de l’UE
  • D’élaborer des recommandations d’actions conjointes entre la Commission et les états membres
  • De déterminer les domaines dans lesquels des mesures administratives ou réglementaires supplémentaires seraient nécessaires pour renforcer les contrôles


Ce groupe de travail se centrera surtout sur la sécurité des aliments destinés à l’alimentation humaine et animale, les résidus de pesticides et les actions de surveillance coordonnées de l’UE sur des produits importés spécifiques.

Ce lancement officiel de la Task force intervient après l’annonce en décembre dernier par la Commission européenne d’un renforcement des contrôles sur les produits agricoles et alimentaires importées. Et ce au moment de la signature de l’accord UE-Mercosur qui inquiète de nombreux agriculteurs français, criant à la concurrence déloyale.

Lire aussi : Fruits et légumes importés : Bruxelles veut ramener à zéro les LMR de trois des molécules visées par la France

Quels objectifs chiffrés se fixe la Commission européenne sur le contrôle des importations ?

La Commission européenne avait ainsi annoncé le 9 décembre vouloir augmenter de 50% le nombre d’audits dans les pays non membres de l’UE sur la période 2026-2027, accroître de 33% les audits des postes de contrôle frontaliers de l’UE sur la même période et mettre en place un suivi plus strict des produits et pays non conformes avec une augmentation de la fréquence des contrôles si nécessaire.

Annie Genevard s’est félicité de cette annonce qui viendra compléter le travail de la brigade de contrôle des produits importés lancée par la France pour lutter contre les « distorsions de concurrence inadmissibles ».

Pour rappel, ce sont les autorités nationales qui sont chargées de contrôler les importations en provenance de pays tiers afin d'évaluer leur conformité avec la réglementation européenne en matière de sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. La Commission réalise des audits dans les pays tiers pour évaluer leurs systèmes et leur fiabilité, et travaille en étroite collaboration avec les autorités vétérinaires et douanières des États membres.

Relire : Importations : quels fruits, légumes et céréales concernés par l’arrêté de suspension de produits contenant des résidus de cinq produits phytos ?

Les plus lus

Aurélien Masson, agriyoutubeur dans la Meuse dans un champ
Aurélien Masson, YouTubeur et agriculteur dans la Meuse : « Je veux montrer qu’il y a encore des fermes à taille humaine »

Cet été, Réussir.fr vous propose des échanges avec celles et ceux qui communiquent sur le monde agricole et leur métier.…

Carte des restrictions d'eaux superficielles arrêtées au 17 août.
Sécheresse 2026 : 74 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, les épisodes caniculaires fin mai, en juin et en juillet, la sécheresse s'accentue…

Hautes-Pyrénées : des descentes anticipées de troupeaux d’estive faute d’herbe suffisante

La sécheresse n’épargne pas les zones pastorales. La commission syndicale des 4 Véziaux d’Aure et la municipalité d’Aulon ont…

FDSEA du Jura  Vaches montbéliardes pâturant sur une prairie grillée par la sécheresse
Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs

Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l…

  Vaches sur une prairie touchée par la sécheresse
« Prairies grillées » : les éleveurs de ruminants demandent le lancement d’urgence d’expertises terrain pour une indemnisation à la hauteur des dégâts

La FNB, la FNPL, la FNO et la Fnec interpellent le ministère de l’Agriculture pour obtenir une réponse d’urgence à leur…

Nappes phréatiques au 15 juillet : la vidange continue avec 94 % des niveaux en baisse selon le BRGM

Alors que la vidange des nappes phréatiques continue avec 94 % des niveaux en baisse, la situation générale se dégrade avec 60…

Publicité