Béarn : Un sursis pour l’abattoir du Haut-Béarn ?
La fermeture annoncée de l’abattoir d’Oloron-Sainte-Marie, fin août, presse les éleveurs locaux en circuit courts à trouver un nouveau modèle avant la fin de l’année.
La fermeture annoncée de l’abattoir d’Oloron-Sainte-Marie, fin août, presse les éleveurs locaux en circuit courts à trouver un nouveau modèle avant la fin de l’année.
Fin juillet, la communauté de communes du Haut Béarn, à la tête de l’établissement public industriel et commercial (EPIC), de l’abattoir bovin et porcin d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) a annoncé sa fermeture, en raison d’un déficit cumulé en deux ans et demi de 922 000 €.
En cause, la baisse des volumes abattus, descendus à 2 300 tonnes, sous la barre de 3 000 tonnes, point d’équilibre de l’outil. La décapitalisation du cheptel bovin, les diverses épizooties et la baisse de la consommation de viande laissent peu de perspectives d’amélioration aux dirigeants. Le principal chevillard, les Viandes du Haut Béarn a d’ailleurs préféré s’adresser ailleurs.
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« De plus, le système de l’EPIC à l’échelle de notre petite communauté de communes est éculé », affirme Marc Oxibar, le président de la collectivité territoriale, qui compte 32 000 habitants. En effet, la forme juridique de l’EPIC ne permet pas l’attribution de subvention mais uniquement d’avances remboursables et rend la communauté de communes solidaire des dettes. Soit une addition qui se monte à ce jour au déficit, à une avance en trésorerie de 500 000 € et un emprunt restant à courir, pour un total d’environ 1,8 million d’euros. « La raison pousse la communauté de communes à arrêter l’hémorragie, puisque les avances en trésorerie servent à couvrir les frais de fonctionnement et qu’en parallèle, les dotations de l’État aux collectivités diminuent », annonce le président.
Surpris par l’annonce de cette fermeture précipitée, les éleveurs utilisateurs se sont montés en collectif et réclament un sursis, jusqu’au 31 décembre pour étudier un projet de reprise.
En effet, l’abattoir draine plus d’une centaine d’éleveurs en circuit court. Ces utilisateurs sont certes nombreux, mais leurs volumes abattus et découpés dans cet outil étaient modestes : 10 % en porcins et 20 % en bovins. Depuis quelques jours, les éleveurs bovins doivent déjà se rabattre sur l’abattoir du Pays de Soule (Mauléon-Licharre) d’une capacité de 3 500 tonnes et les éleveurs porcins sur celui de Tarbes d’une capacité de 8 000 tonnes, à 80 km, ce qui engendre un coût supplémentaire d’environ 0,50 €/kg selon Julien Ilhadoy, l’un des éleveurs porcins et bovins, tête de file de ce collectif. Deux cent cinquante utilisateurs étaient rassemblés à la réunion de clarification mi-août.
Laisser une chance à un projet de reprise
Marc Oxibar se dit prêt à défendre auprès du conseil communautaire, du 3 septembre prochain, non pas la liquidation, mais un maintien de l’outil, sans l’activité, jusqu’à la fin de l’année. « L’outil est vieillissant, il y a des investissements à faire pour le faire redémarrer », prévient-il. Le but est que les syndicats agricoles et le collectif des utilisateurs puissent monter un projet pour les agriculteurs et par les agriculteurs, à l’échelle de leurs volumes et surtout d’un territoire plus large.
Car pourquoi la petite communauté de communes du Haut Béarn, porterait seul un service public qui rayonne sur un tiers du département ? La région, le département et les collectivités avoisinantes sont appelés à cette réflexion, au sein d'un groupe de travail, qui rassemble bouchers, conserveurs, et producteurs fermiers.
Ne pouvant rivaliser dans la concurrence concentrationniste, l'espoir se porte sur les pistes de réflexion suivantes : SCIC pour sortir du modèle purement public de l’EPIC ; contractualisation pour garantir les volumes traités ; éleveur-tâcheron et directeur mutualisé par plusieurs abattoirs, pour réduire les frais de personnel ; tarifs plus élevés; la loi montagne qui prévoit des abattoirs de proximité, etc.
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Le maillage des abattoirs en Pyrénées-Atlantiques
Bien doté, le département comptait, pour 574 000 ovins et 50 000 bovins abattus chaque année, quatre abattoirs
- Anglet : détenu par Arcadie Sud-Ouest (c’est-à-dire Lur Berri - Bigard), pour les bovins, ovins et porcins ;
- St-Jean-Pied-de-Port : syndicat intercommunal à vocation unique, pour les bovins, ovins et porcins ;
- Mauléon-Licharre : EPIC, pour les ovins et bovins ;
- Oloron-Sainte-Marie : EPIC, pour les bovins et porcins.