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Les ménages agricoles plus pauvres en Bretagne que dans le reste de l'Hexagone

Le niveau de vie des ménages agricoles en Bretagne est plus bas que celui observé dans l’ensemble des régions de province. C’est ce que révèle une étude menée par l’Insee et la Draaf, dont les résultats ont été publiés récemment. Les revenus des plus modestes sont comparables, mais ceux des ménages les plus aisés sont nettement plus en retrait en Bretagne.

© Morisseau Mathieu / flickr

Les ménages agricoles bretons ont un niveau de vie plus faible que dans les autres régions de l’Hexagone. C’est ce que révèle une étude menée par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) et la DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), publiée en novembre 2020. Les quatre auteurs de cette analyse précisent que « les revenus les plus modestes sont comparables ». Ce décalage s’explique par les revenus des ménages agricoles les plus aisés qui sont « nettement plus en retrait en Bretagne ».

L'agriculture : 40 % au revenu des ménages agricoles bretons

L’agriculture mobilise près de 4 % de l’emploi total en Bretagne et contribue à plus de 3 % du PIB de la région. C’est « deux fois plus qu’en moyenne nationale » disent en préambule les quatre auteurs de l’étude. En Bretagne, l’agriculture contribue à hauteur de 40 % aux revenus des ménages, soit une plus large proportion que dans les autres régions. Les revenus du patrimoine, issus principalement de la location, représentent pour leur part seulement 18 % des revenus disponibles des ménages agricoles, niveau le plus faible parmi les régions de province.

 La Bretagne suit l’évolution de l’agriculture française : diminution du nombre d’agriculteurs et production agricole en progression du fait d’une augmentation de la productivité.

En 2016, 32 000 ménages agricoles sont comptabilisés en Bretagne. Les agriculteurs vivant seuls représentent 11 % des ménages agricoles. Environ  huit ménages sur dix sont composés d’un couple, et la plupart des conjoints des exploitants agricoles ont un emploi en dehors de l’exploitation. C’est le cas d’environ trois quart des conjoints des exploitants, soit une proportion plus élevée que pour l’ensemble des régions. Les conjoints d'agriculteurs sont à 80 % des femmes et occupent des emplois souvent moins qualifiés que la moyenne de la population active.

Niveau de vie plus bas que la moyenne pour les ménages agricoles bretons

La moitié des personnes vivant dans un ménage agricole en Bretagne ont un niveau de vie annuel inférieur à 19 740 €, ce qui correspond à 1645 €/mois  pour une personne seule. Selon les statistiques de l’Insee, ce chiffre est inférieur de 3,9 % à celui des ménages agricoles de l’ensemble des régions de province. Selon l’étude, le niveau de vie médian des ménages agricoles bretons est également plus faible de 5,5 % si on le compare à celui de l’ensemble des « ménages actifs » bretons.

Bien que les situations des ménages agricoles soient très contrastées, l’étude révèle encore que les ménages agricoles sont plus nombreux à présenter un niveau de vie sous le seuil de pauvreté. En Bretagne, plus de 18 % des personnes d’un ménage agricole sont dans ce cas, contre 10 % parmi l’ensemble des Bretons vivant dans un « ménage actif ».

Revenu disponible différent en fonction des départements bretons

Sur les quatre départements bretons étudiés, les ressources agricoles sont majoritaires dans le revenu disponible des ménages agricoles de certains territoires des Côtes-d’Armor et du Nord Finistère. Dans ces régions, les exploitations d’élevage hors sol (porcins et volailles) sont plus fréquentes et les exploitations légumières de plein champ et de maraîchage sont également plus présentes, note l’étude. Dans ces territoires, le niveau de vie médian est souvent plus élevé que la moyenne régionale (plus de 21 000 €), avec un taux de pauvreté qui oscille entre 11 % et 16 %.

Le niveau de vie est plus en retrait dans l’est et le centre de la région. Dans ces territoires d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, la moitié des chefs et coexploitants sont spécialisés dans la production laitière et plus de 20 % combinent polyélevage et polyculture

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