Aller au contenu principal

Les laitières s’accommodent bien des parcours héraultais

Sur le causse du Larzac, les lacaunes laitières de Frédéric Boudou sont tout terrain, ce qui permet à l’éleveur héraultais d’être proche de l’autonomie alimentaire.

<em class="placeholder">Frédéric Boudou, éleveur ovin, dans sa bergerie avec ses lacaunes laitières.</em>
Installé sur le causse du Larzac, Frédéric Boudou produit du lait en AOP Roquefort.
© D. Séailles

« Je suis la sixième génération d’éleveurs ovins sur cette ferme. » Frédéric Boudou est installé à Les Rives, sur le causse du Larzac, depuis 1998. Il exploite une diversité de terrains, des terres du Ségala, où il cultive blé et orge, aux terres sableuses du causse, en passant par des terrains volcaniques acides. Mais ses 700 lacaunes laitières ne s’émeuvent pas de cette diversité de paysages. Après avoir été taries, de septembre à mi-novembre, elles se dispersent dans les 400 hectares de parcours, entre chênes, frênes et châtaigniers.

Lorsque le loup ne menace pas, Frédéric les rentre tous les dix jours pour vérifier que tout va bien. Après ce régime diversifié, les lacaunes agnèlent début janvier et sont traites du 15 février au 31 août. Elles produisent en moyenne 320 litres par lactation, et leur lait est livré sous AOP Roquefort à Société.

Des Aubrac pour accompagner les lacaunes

À compter du mois de mars, les lacaunes reviennent sur les prairies, permanentes comme temporaires, semées de ray-grass, dactyle et trèfle. Le pâturage est géré au fil. Mais les lacaunes font parfois la fine bouche : « Elles sont difficiles, quand l’herbe est haute, elles n’y touchent plus. » C’est là qu’interviennent les vaches. De mémoire d’homme, la ferme de Frédéric a toujours associé les ovins et les bovins.

C’est son père qui a finalement abandonné l’élevage bovin pour se spécialiser, mais il n’était pas question de renoncer à la complémentarité entre ovins et bovins. Dès lors, des vaches sont prises en pension six mois de l’année, l’été. « Les Aubrac passent sur les prairies après les brebis, comme ça, c’est propre » explique Fréderic, qui accueille 20 mères et leurs veaux tous les ans. Il gagne 280 euros par couple mère-veau.

Quasi-autonomie alimentaire

Frédéric parvient ainsi à être quasiment autonome sur le plan alimentaire. Les prairies temporaires sont en rotation avec du blé et de l’orge, entièrement autoconsommés. Le chaulage des terres volcaniques lui a permis d’implanter davantage de surfaces en blé. « Je n’achète que le correcteur azoté. Le coût alimentaire des brebis laitières représente 18 % » précise-t-il. Foins de ray-grass, de luzerne et d’autres légumineuses sont séchés dans le séchoir en grange, installé depuis 1983.

 

 
<em class="placeholder">Un séchage en grange avec du foin.</em>
L'exploitation est équipée d'un séchage en grange depuis 1983. © D. Séailles

Aujourd’hui, Frédéric envisage d’agrandir ses bâtiments. « La salle de traite a trente ans et n’a que trente postes, et le hangar de stockage est trop petit pour les 80 tonnes de foin et le matériel », explique-t-il. Il aimerait installer des panneaux solaires pour alimenter le séchage en grange, et ainsi faire des économies.

Frédéric l’assume : le principal problème dans la région, c’est le loup. Son arrivée il y a une petite dizaine d’années a perturbé l’organisation du pâturage. « Avant, je sortais les brebis toute la nuit quand il faisait chaud l’été. Maintenant, elles sont sorties à 19 heures et rentrées à 23 heures. » Même s’il n’a pas encore subi d’attaque, Frédéric a préféré anticiper et a passé son permis de chasse. Il « touche du bois » pour être encore épargné cette année.

Les plus lus

<em class="placeholder">Outil multifonction intégré au parc de contention permettant de parer une brebis sur le dos</em>
Bien choisir sa cage de retournement
Parer les onglons peut être éprouvant physiquement. Une cage de retournement est une solution pour soulager l’éleveur. Il en…
<em class="placeholder">Sophie et Bruno Pradel conduisent le troupeau sur une route.</em>
« Je ne me réjouis plus à l’arrivée de l’été » : sur le Larzac, le pastoralisme mis à l’épreuve du loup
À Saint-Michel, dans l’Hérault, le père et la fille Pradel conduisent leurs blanches du Massif central par les parcours du causse…
Un chiot de protection dans une case refuge dans une bergerie avec ovins.
Introduire un chiot de protection dans un troupeau ovin, une étape clé
Le chien de protection est un atout des troupeaux face à la prédation. Le choix du chien et son introduction dans le troupeau…
<em class="placeholder">Des agneaux en case d&#039;allaitement à la louve</em>
L’allaitement artificiel, une charge à maîtriser
L’allaitement artificiel garantit un apport de lait suffisant aux agneaux surnuméraires. Certains fondamentaux sont à respecter…
Trois hommes avec deux chiens, assis dans l'herbe, et des brebis dans le fond.
Puy-de-Dôme : « Nous produisons 2 000 agneaux en autonomie fourragère »
Avec ses 1 480 brebis, le Gaec de la Rode affiche une totale autonomie au niveau des fourrages. C’est le fruit de toute une…
<em class="placeholder">Troupeau de brebis en Bosnie-Herzégovine</em>
En Bosnie-Herzégovine, l’élevage ovin pastoral cherche sa voie
Dans le Canton 10 de Bosnie-Herzégovine, les ruminants façonnent depuis longtemps d’impressionnants paysages pastoraux. Confronté…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre