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Les JA de l’Oise en action pour dénoncer l’artificialisation des terres

  Les jeunes agriculteurs ont beaucoup de difficulté à accéder au foncier, surtout quand ils ne sont pas issus du milieu agricole. Pour dénoncer l’artificialisation des terres et l’urbanisation, les Jeunes Agriculteurs de l’Oise ont semé du blé sur une parcelle en friche. La récolte a eu lieu le 29 juillet. Ce type d’opération a lieu tous les ans, partout en France, dans le cadre de « La semaine du Foncier », en novembre.

Le 29 juillet, les JA de l’Oise ont récolté une parcelle semée en novembre sur la zone industrielle et commerciale du Haut-Villé, près de Beauvais. En attendant l’artificialisation, les terres restent en friche. Les JA demandent de pouvoir les exploiter avec des baux précaires.
© JA de l'Oise

Sur la zone industrielle et commerciale du Haut-Villé, dans la périphérie de Beauvais, il reste des parcelles en friche. L’une d’entre-elle, semée en novembre 2021, a été récoltée le 29 juillet. Cette opération a été menée par les Jeunes Agriculteurs de l’Oise qui veulent dénoncer l’artificialisation des terres agricoles et les difficultés d’accès au foncier pour les jeunes agriculteurs.

La parcelle d’un hectare et demi est désormais propriété de la Communauté d’agglomération du Beauvaisis. C’était autrefois une terre agricole mais au moment des rachats, « l’agglomération est plus forte » constate Fabien Frébourg, secrétaire général des JA de l’Oise. « Ca va faire 10 ans que les terres sont nues » regrette-t-il. Et le phénomène existe partout en France. Le responsable syndical de l’Oise évalue à 100 000 ha en France les surfaces de terres « incultivées ». L’équivalent d’un département français disparaît en France tous les 14 ans en raison de l’artificialisation, ajoute-t-il. Il évoque aussi les locaux d’entreprise vides, après des faillites notamment, qui pourraient être réaménagés plutôt que de « prendre des terres agricoles ». Les agriculteurs réclament la mise en place de baux précaires qui permettraient de cultiver les terres non utilisées.

Mettre en place une autre politique d’aménagement

La parcelle récoltée cette année a un bon potentiel de production, assure Fabien Frébourg. Elle n’a pas de cailloux et aurait pu produire des pommes de terre ou des légumes. Mais avec la crainte de grues qui arrivent avant la récolte, difficile d’investir. A l’automne, c’est du blé Winner fourni gracieusement par la coopérative locale Agora qui a été semé et cultivé sans intrants. Les jeunes agriculteurs ont récolté 3,6 tonnes de grain qui a rapporté près de 2000 euros au syndicat. L’argent va être « reversé à l’association Réagir qui vient en aide aux agriculteurs de l’Oise en difficulté », rapporte le journal l’Oise agricole.

Ce type d’opération sera reconduit dans l’Oise et partout en France en novembre prochain à l’occasion de « La semaine du Foncier ». Là où aucun permis de construire n’a été déposé, « chaque canton pourrait semer une friche », assure le représentant syndical. Dans l’Oise agricole, Gwenaëlle Desrumaux, présidente des JA de l’Oise, alerte : « Aujourd’hui, force est de constater que les demandes des jeunes agriculteurs ne sont pas respectées. Il est indispensable de mettre en place une politique d’aménagement basée sur l’évitement de l’artificialisation et le choix des emplacements de projets. »

Les sénateurs LR et centristes veulent un moratoire sur l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN)                       Côté agriculteurs, la réflexion porte sur une réduction de l’emprise des projets. L’objectif est de tendre vers le zéro artificialisation nette (ZAN). Un sujet actuellement en débat au sein des instances politiques. D’après un communiqué du 2 août, les groupes Les Républicains et Union centriste au Sénat demandent un moratoire jusqu’au 1er septembre 2023 suspendant deux décrets d’application de la loi Climat et résilience sur l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN), afin de réécrire ces textes dans un esprit plus proche de la loi. Le communiqué explique que le « fossé existant entre l’esprit de la loi et la rédaction des décrets », ainsi que « l’absence de consultation des collectivités locales », ont été relevés dans une « récente consultation des élus locaux organisée par le Sénat ». « La majorité sénatoriale » appelle donc à la réécriture de ces décrets publiés le 30 avril. « Les collectivités ont besoin de réalisme, de clarté et de stabilité », précisent les représentants des territoires, rappelant que les élus locaux ne contestent pas « la nécessité de l’objectif de sobriété foncière ». Le 13 juillet, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique s’était dit prêt à réfléchir « aux modalités à mettre en œuvre, et peut-être à la réécriture d’une partie des décrets ».

 

 

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