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Les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole repartent en hausse au premier semestre 2025

Les émissions de gaz à effets de serre du secteur agricole ont légèrement progressé au premier semestre 2025, d’après le baromètre prévisionnel de l’association Citepa. Elles devraient stagner en 2025 par rapport à l’année précédente, alors que le Citepa pointe un ralentissement global de la dynamique de réduction des émissions de GES.

Un tracteur épand un engrais azoté (ammonitrate) sur un champ de céréales.
Les émissions liées aux cultures progresseraient de 5,9 % (+0,9 Mt CO2e) en 2025.
© V. Marmuse / CAIA

Avec Agra Presse
Le secteur agricole français enregistre une légère reprise de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) au premier semestre 2025, avec 42,3 Mt CO2e, contre 41,7 Mt CO2e un an plus tôt. C’est ce qu’estime l’association Citepa, dans son baromètre d’estimations trimestrielles et son bilan prévisionnel annuel publiés le 10 octobre 2025.

Pourquoi une reprise des émissions de GES du secteur agricole début 2025 ? 

Pour l’association missionnée par l’État pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays, la « tendance est contrastée » selon les sous-secteurs agricoles. 

Des livraisons d’engrais en hausse

Les émissions liées aux cultures progressent de 5,9 % (+0,9 Mt CO2e). La cause ? La Citepa estime les livraisons d’engrais minéraux pour la campagne 2024-2025 en nette hausse (+13,6 %) par rapport à la campagne précédente. Même constat pour les apports d’engrais azotés estimés (moyenne des livraisons d’engrais des deux dernières campagnes) : ils s’inscrivent en hausse en 2025 par rapport à 2024 (+10,1 %). Les émissions de protoxyde d’azote (N2O) seront en hausse en 2025 (+3,5 % par rapport à 2024). 

Relire : Climat : la hausse des livraisons d'engrais freine la baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole

Emissions de méthane en baisse du fait de la décapitalisation

A l’inverse,  les émissions de méthane (CH4) devraient être en baisse de 2,9 % (-0,7 Mt CO2e) avec le recul du cheptel bovin. En effet, le cheptel bovin « poursuit sa décapitalisation » début 2025 : -3,2 % pour le cheptel de vaches allaitantes, -3,5 % pour le cheptel de vaches laitières selon les données de la BDNI. Le cheptel de porcs reste stable ; celui de poulets est en hausse de 4,1 % tandis que ceux de truies et de canards reculent (respectivement -0,9 % et -10,8 %). 

Relire : Élevage bovins viande : la décapitalisation s’opère avec une extensification

Hausse des consommations énergétiques en agriculture

La Citepa note une hausse de 1,8 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) en lien avec les consommations énergétiques en agriculture (+ 7% ; + 0,3 Mt CO2e) et l’augmentation des apports d’urée. En effet, « la part d’urée dans le total de l’azote des engrais minéraux reste à un niveau supérieur à 2022 mais retrouve les niveaux de 2023 avec une reprise des ammonitrates », précise le communiqué.

Pour l’ensemble des GES, le Citepa prévoit « une stabilisation des émissions agricoles entre 2024 et 2025 (-0,3 %) ».

Qu’en est-il des autres secteurs ? 

Tous secteurs confondus, les émissions françaises de GES sont restées relativement stables au premier semestre 2025, atteignant 190 Mt CO2e (hors puits de carbone), contre 191 Mt au premier semestre 2024. Les émissions brutes de GES françaises (hors puits de carbone) devraient atteindre les 366 Mt CO2eq en 2025. 

Les transports routiers, qui représentent un tiers des émissions du pays, diminueraient leurs émissions de 1 %. Les experts du Citepa soulignent un manque de données fiables pour les transports maritimes et aériens. L’industrie et le BTP verraient leurs émissions réduire de 2,2 %. Tandis que celles des bâtiments résidentiels et de bureaux augmenteraient de 0,2 %.

Total des émissions de GES en France en Mégatonne équivalent CO2 depuis 1990
Total des émissions de GES en mégatonne CO2 équivalent en France entre 1990 et 2025 selon les secteurs (Citepa, édition juin 2025)

Il faudrait baisser les émissions brutes du pays de 5 % chaque année jusqu’en 2030

Selon l’association, « une légère diminution des émissions de gaz à effet de serre au plan national, est estimée à -0,8% (soit -2,9 Mt CO2e) par rapport à 2024. » Ces prévisions confirmeraient « le ralentissement de la dynamique observée ces dernières années » avec -3,9 % en 2022, -6,8 % en 2023 et -1,8 % estimé en 2024 (Rapport Secten 2025, Citepa). 

Réduire de 50 % les émissions de GES en 2030 par rapport à 1990

Cette faible diminution serait bien en deçà de la trajectoire attendue pour atteindre une réduction de 50 % d’émissions brutes de GES en 2030 par rapport à1990. Cette trajectoire est au centre du projet de Stratégie nationale bas carbone dont une troisième version est élaborée par l’exécutif depuis novembre 2024, pour respecter les engagements du pays à l’international.

Lire aussi : SNBC 3 : comment l’agriculture peut réduire ses émissions de carbone de 10 Mt d’ici à 2030 selon le gouvernement ?

En accord avec la SNBC 3, le gouvernement prévoit pour le secteur agricole une réduction des émissions de GES pour atteindre les 67 Mt CO2eq en 2030. Le secteur en aurait émis 76 en 2024. Tous domaines confondus, il faudrait baisser les émissions brutes du pays, de 5 % chaque année jusqu’en 2030 pour atteindre l’objectif de réduction de 50%.

Lire aussi : Décarbonation : l’agriculture doit multiplier par 2,8 son rythme de baisse d’émissions selon le Haut conseil pour le climat

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