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Légumineuses : une filière commerce équitable Max Havelaar se structure dans le Sud-Ouest

Face à la montée attendue de la consommation de protéines végétales, Max Havelaar France, l’Union Entente et le réseau de grossistes Créno lancent une filière française de légumineuses labellisées commerce équitable. L’objectif : sécuriser le revenu des producteurs tout en accompagnant le développement progressif du marché des lentilles et pois chiches.

<em class="placeholder">Champ de pois chive</em>
En 2025, 175 ha sont concernés par une labellisation commerce équitable Max Havelaar en grandes cultures.
© L. Jung

Les Français consomment aujourd’hui en moyenne un kilo de légumineuses par an et par personne. Un chiffre appelé à connaître une forte progression dans les années à venir. « Dans 15 ans, on estime que cette consommation sera multipliée par dix, en substitution d’une partie des protéines animales », affirme Franck Andrieu, représentant du réseau de grossistes en fruits et légumes Créno.

C’est dans cette perspective qu’un partenariat tripartite pour développer une filière commerce équitable dans le Sud-Ouest. Il est porté par Max Havelaar France, l’Union Entente, qui fédère sept coopératives agricoles de Charente et de Charente-Maritime, et le groupe Créno. Lors du Salon international de l’agriculture (SIA) 2024, l’ONG Max Havelaar avait déjà affiché son ambition de développer une filière équitable française dans les grandes cultures.

Une filière de légumineuses pour sécuriser les revenus agricoles

Pour accompagner l’essor de la consommation de légumineuses tout en garantissant un débouché rémunérateur aux producteurs, l’Union Entente a fait le choix de développer une production équitable de lentilles, de pois chiches et de farine issue de ces cultures. « Les légumineuses sont des productions d’avenir, mais elles représentent aussi un risque économique pour les agriculteurs. Ils ont besoin d’être sécurisés par une rémunération garantie », souligne Jules Colombo, responsable des filières françaises chez Max Havelaar France.

Dans un contexte où de nombreux exploitants agricoles enregistrent depuis plusieurs années des marges très fragiles, voire négatives, cette sécurisation apparaît comme un levier important pour encourager la diversification des assolements.

Commerce équitable : un filet de sécurité pour les producteurs

Porté par l’ONG du même nom, le label Max Havelaar intervient comme tiers de confiance entre les producteurs regroupés au sein de l’Union Entente et les acheteurs représentés par Créno.

Concrètement, les agriculteurs engagés dans la démarche bénéficient d’un prix minimum garanti, révisé chaque année et calculé à partir de leurs coûts réels de production. En 2025, le prix de référence pour les lentilles devait atteindre 1 019 euros la tonne afin de répondre aux critères du label commerce équitable.

À cette rémunération s’ajoute une prime de commerce équitable. Gérée collectivement par les agriculteurs certifiés, elle permet de financer des projets de transition agroécologique ou des actions de soutien social en faveur du monde agricole.

En contrepartie, les acheteurs s’engagent sur des contrats d’une durée minimale de trois ans, offrant davantage de visibilité économique aux producteurs.

Pour Jules Colombo, « la juste rémunération intervient comme un levier de la transition ». Les exploitations engagées doivent en effet respecter des exigences environnementales, notamment à travers l’interdiction de certaines substances phytosanitaires. « Sans filet de sécurité, il est difficile de se lancer dans ce type de production », confirme Tony Fouchet.

Une montée en puissance progressive des lentilles et pois chiches

Le développement de cette nouvelle filière reste toutefois mesuré. L’enjeu consiste à accompagner la progression de la demande sans créer une offre excédentaire qui manquerait de débouchés.

En 2025, seuls 175 hectares étaient engagés dans la démarche, avec un groupe pilote de six agriculteurs répartis en Charente et en Charente-Maritime. « Compte tenu des difficultés économiques rencontrées sur notre territoire, de nombreux agriculteurs pourraient prétendre au soutien apporté par le label commerce équitable, explique Tony Fouchet. Mais nous avons choisi de donner la priorité à de jeunes agriculteurs. »

« Au sein des coopératives de l’Union Entente, nous savons stocker et commercialiser plusieurs milliers de tonnes de céréales. Mais ici, nous parlons de conditionnements de 500 grammes ou d’un kilo. C’est pourquoi nous nous appuyons sur le groupe Créno », précise-t-il.

La restauration collective, débouché stratégique pour les légumineuses

Pour assurer le succès de cette filière équitable, les partenaires misent notamment sur la restauration hors domicile et, en particulier, sur la restauration collective. L’objectif est d’encourager l’intégration plus régulière des légumineuses dans les menus.

« Cette filière de commerce équitable et de juste rémunération ne vivra que si le produit est consommé », rappelle Franck Andrieu. Selon lui, l’application des objectifs la loi Egalim pourrait contribuer à accélérer l’introduction des lentilles et pois chiches dans les cantines et restaurants collectifs. « Les produits équitables peuvent en effet entrer dans les 50 % de produits durables et de qualité que doit intégrer la restauration collective. D’après le grossiste alimentaire Sysco, interrogé par nos confrères de Les Marchés, le surcoût des produits équitables par rapport à du conventionnel ne serait que de 5 à 7 %.

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