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Le prix du lait de chèvre bio insuffisant pour une juste rémunération

Faire aussi bien avec moins ? Des livreurs bio économes et autonomes ont essayé mais l’exercice a ses limites… Analyse du Civam du Haut Bocage.

Même en réduisant le coût alimentaire par une meilleure valorisation des prairies, les éleveurs du Civam du Haut Bocage ont vu leur rémunération fondre en deux ans. © D. Hardy
Même en réduisant le coût alimentaire par une meilleure valorisation des prairies, les éleveurs du Civam du Haut Bocage ont vu leur rémunération fondre en deux ans.
© D. Hardy

Les élevages caprins du Civam du Haut Bocage (Deux-Sèvres) calculent tous les ans leurs coûts de production pour affiner les orientations techniques de leur système. Depuis plusieurs années, ces fermes en agriculture biologique ont fait le choix stratégique de l’autonomie alimentaire pour réduire leurs charges et améliorer leurs revenus. Cette stratégie passe par une réduction des achats de concentrés permise par une meilleure valorisation du pâturage et l’amélioration de la qualité des prairies riches en légumineuses.

En 2017, les livreurs bio du Civam Haut Bocage avaient un coût de système alimentaire moyen de 532 €/chèvre. En 2019, il a été réduit à 307 €/chèvre. En deux ans, les élevages ont diminué presque de moitié leurs coûts alimentaires. Mais pour quel résultat économique ? Sur cette même période les fermes sont passées de 2,2 Smic par UMO (en 2017) de rémunération permise par le produit à 1,3 Smic par UMO (en 2019) !

Une revalorisation du prix du lait bio semble essentielle

Cela traduit une trop faible valorisation du lait. Malgré une forte réduction des achats extérieurs, la valorisation du lait ne permet pas d’absorber les coûts d’élevages incompressibles des systèmes caprins bio. Et, avec l’augmentation de la fréquence des aléas climatiques impactant fortement la disponibilité et la gestion de l’herbe au pâturage, on peut déjà prévoir de plus grand besoin en trésorerie à l’avenir chez ces fermes pâturantes.

Ces systèmes maximisant le pâturage, autonomes et économes sont pourtant très performants sur le plan environnemental (réduction de l’impact carbone, biodiversité…) et sociétal (bien-être animal, attentes des consommateurs…). Une revalorisation du prix du lait bio semble essentielle pour soutenir la performance technique de ces élevages et leur attractivité pour les nouveaux installés. La demande en lait de chèvre bio augmente progressivement depuis quelques années. Pour assurer la pérennité de cette filière AB, il ne faut pas oublier les éleveurs qui la composent !

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