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Présidentielle
Le Pacte du pouvoir de vivre, un collectif force de propositions agroécologiques

A quelque 150 jours du premier tour de l’élection présidentielle, le collectif Pacte du pouvoir de vivre émet 90 propositions notamment en matière d’agroécologie et d’alimentation.

Agroécologie pacte pouvoir de vivre
L'agroécologie est prônée par le collectif Pacte du pouvoir de vivre.
© Gabriel Omnès

Né en 2019, le collectif Pacte du pouvoir de vivre rassemble aujourd’hui 64 membres, représentés par des femmes et hommes de terrain, issus de la protection de l’environnement, du monde de la solidarité, du travail, du monde étudiant, de l’économie sociale et solidaire, de l’éducation populaire et de la mutualité. Parmi eux, on trouve la CFDT, Comité 21, la FNE, ou encore la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme. Il compte près de 35 groupes locaux qui agissent dans toutes les régions de France. Son but est de mettre en place un nouveau modèle de société écologique, social et démocratique, et pour y parvenir le collectif estime que la solution impose aujourd’hui d’allier l’écologie, la justice sociale et la démocratie.

Pour se faire entendre, le collectif Pacte du pouvoir de vivre vient de lister 90 propositions issues de travaux collectifs, parmi lesquelles  « le pouvoir de développer l’agroécologie » en prônant la sortie des pesticides d’ici 2035 et des engrais de synthèse d'ici 2050, tout en fixant des objectifs annualisés. « Pour ce faire, il est indispensable d’accompagner les agriculteurs par des aides à l’installation conditionnées au respect des pratiques de l’agroécologie et des soutiens à la transition (financiers, formation) pour les agriculteurs déjà installés » précisent les membres du collectif qui ajoutent : « Les agriculteurs qui mettent en place des pratiques agroécologiques doivent être aidés et encouragés dans cette direction. Nous proposons la mise en place d’une nouvelle fiscalité sur les engrais azotés de synthèse, coordonnée avec celle sur les pesticides, dont les recettes seraient fléchées vers les agriculteurs en agroécologie. Il convient également de mobiliser et de développer des outils d’accès au foncier et de maîtrise du prix du foncier ».


Inciter l’élevage non intensif

Pour ce qui est de la PAC, ils affirment que « Le plan stratégique nationale (PSN), déclinaison de la PAC en France, doit déployer une batterie d’aides en faveur de l’élevage durable, l’agriculture biologique, la production de légumineuses et en particulier de légumes secs à destination de l’alimentation humaine, ainsi que pour le développement des haies et de l’agroforesterie en général ». Pour protéger l’agriculture française et afin d’éviter la concurrence déloyale, le collectif souhaite instaurer des mesures miroir. Le Pacte du pouvoir de vivre souhaite aussi que l’État incite financièrement l’installation d’élevages non intensifs avec notamment la mise en place de prairies extensives et des conditions de production respectueuses des animaux.

cantine scolaire
Selon le collectif, l’approvisionnement des cantines scolaires doit s’effectuer avec des produits issus de l’agroécologie.
© Jean-Charles Gutner

Autre axe privilégié par le collectif : « Le pouvoir de se nourrir sainement ». Le Pacte du pouvoir de vivre propose de généraliser et automatiser les tarifs sociaux dans la restauration scolaire, et soutenir l’approvisionnement des cantines scolaires en produits provenant d’une agriculture répondant aux critères de l’agroécologie (bio, filières courtes et de proximité). Il propose davantage d’options et de menus végétariens dans la restauration collective en allant plus loin que la loi Egalim, dans le but de réduire l’impact climatique de l’alimentation en préférant « la qualité à la quantité dans la logique du “Moins et Mieux” de produits d’origine animale, tout en consommant davantage de protéines végétales (céréales complètes, légumes secs, fruits à coque) que de protéines animales ».

Enrayer l’artificialisation

Le collectif souhaite par ailleurs accompagner financièrement la transformation vers une alimentation saine des systèmes de restauration collective. Ce soutien prend notamment la forme d’une prime à l’investissement pour former, sensibiliser et pour l’achat de denrées durables et de matériel. Le collectif souhaite aussi redynamiser les commerces alimentaires de proximité en centres ville via un soutien financier et logistique et développer des "maisons de l'alimentation durable " dans les communes pour favoriser l’accès à une alimentation de qualité.

En ce qui concerne « Le pouvoir de préserver la biodiversité », le collectif propose « d’adopter une loi cadre sur la protection et l’usage des sols et mettre en place des réformes fiscales pour enrayer l'artificialisation et de poursuivre la création d’espaces verts et l’agriculture urbaine dans tous les espaces urbains sous-dotés ». Il souhaite aussi que la France se donne les moyens d’une stratégie nationale de la biodiversité pour la restauration et le maintien en bon état des écosystèmes et qu’elle place la biodiversité au cœur des décisions des politiques publiques de gestion forestière.

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