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L’Anicap veut miser sur la génétique pour propulser la filière caprine

L’assemblée générale de l’Anicap a mis la génétique en avant pour renforcer la production, la santé et la durabilité des chèvres françaises. L’interprofession caprine soutient aussi la recherche et la promotion des fromages pour accompagner collectivement les éleveurs dans leur développement.

<em class="placeholder">Assemblée générale de l&#039;Anicap le 17 juin à la Maison du lait à Paris</em>
L’assemblée générale de l’Anicap a mis en avant les progrès passés et à venir permis par l’investissement dans la génétique.
© D. Hardy

« La génétique est un levier indispensable pour répondre aux enjeux de demain », a martelé Mickaël Lamy, éleveur dans le Maine-et-Loire et président de l’Anicap, en ouverture de l’assemblée générale de l’interprofession le 17 juin dernier à Paris. En mettant le focus sur les progrès passés et à venir permis par la génétique, l’Association nationale interprofessionnelle caprine a marqué son entrée au capital d’Apis-Gene en début d’année. En devenant officiellement associée de ce consortium, la filière caprine va bénéficier de la mutualisation avec les autres filières de ruminants pour les budgets de recherche et développement génétique ainsi que des appels à projets européens. « Depuis 2015, la filière caprine a déjà bénéficié de 1,5 million d’euros de crédit de recherche pour la sélection génomique et la recherche de nouveau caractère tel que la longévité fonctionnelle, la résistance aux parasites ou la résistance au Caev », explique Mathieu Diribarne, directeur scientifique d’Apis-Gene.

Lire aussi : Du livre généalogique à la génomique : 70 ans de progrès génétique caprin français

Un euro investi pour cinq euros de marge

L’Anicap cofinance de nombreux programmes de recherches et développement et Virginie Clément de l’Institut de l’élevage en a détaillé certains : « Avec Lenticap, nous voulons quantifier la résistance génétique au Caev et poser les bases d’une sélection qui assainira durablement les troupeaux. Le programme Loco nous aide à définir la maturité laitière et la longévité fonctionnelle, pour des chèvres qui produisent mieux et plus longtemps. Le programme Smarter vise à repérer les lignées les plus efficaces sur l’alimentation pour réduire l’empreinte carbone. Tepacap analyse la génétique de la résistance au parasitisme à partir d’une infestation contrôlée des boucs d’insémination. » Le fruit de ces recherches intègre progressivement le catalogue des semences Capgènes et bénéficie ainsi à l’ensemble des éleveurs.

<em class="placeholder">Paillettes de semences dans une bonbonne d&#039;azote liquide</em>

Le directeur de Capgènes Yves Rouault résume le retour sur investissement d’une formule qui fait mouche : « Un euro investi dans la génétique, c’est cinq euros de marge en plus. » L’équation s’appuie sur l’observation des données économiques de 115 élevages laitiers et fromagers : les plus engagés dégagent 258 euros de produits et 138 euros de marge en plus par chèvre. Cela contre 27 euros d’investissement par chèvre dans le contrôle laitier et les inséminations. « Pour un élevage de 300 chèvres, c’est une marge supplémentaire de 41 000 euros. »

Bien-être des chèvres et qualité du lait cru

Mais les intervenants ont souligné la nécessité d’élargir le cercle des éleveurs impliqués dans la démarche génétique. « Seules 6 à 8 % des chèvres sont inséminées et on pourrait être beaucoup plus haut », regrette Yves Rouault. « D’autant plus que l’insémination limite les risques sanitaires d’amener de nouveaux animaux et de nouvelles maladies dans le troupeau », complète Pierre Martin d’Eliance. Le coût d’investissement et la complexité du chantier de l’insémination animale sont avancés mais l’Anicap ne veut pas être défaitiste. « Pour embarquer davantage d’éleveurs, il faut aller dans les centres de formation et sensibiliser les porteurs de projet à l’intérêt de la technique et de la génétique », soutient Mickaël Lamy.

Au-delà de son soutien à la génétique, l’Anicap est revenu rapidement sur ces actions de 2024 à travers la projection d’une vidéo. L’interprofession travaille ainsi sur la santé et le bien-être animal en cofinançant l’observatoire des maladies caprines ou en préparant l’outil Cap’Well d’évaluation du bien-être des caprins. L’Anicap soutient aussi le lait cru puisque environ un quart des 120 000 tonnes de fromages de chèvres fabriqués annuellement en France est au lait cru et que 70 % des éleveurs de chèvres produisent du lait cru. Début 2025, le premier comité de liaison lait cru de l’Anicap a rassemblé les acteurs de la filière pour définir des pistes d’actions collectives.

Lire aussi : Recul de la collecte de lait de chèvre, pression sur les revenus des éleveurs caprins et espoir sur l'exportation de fromages

Des recettes à partager

L’interprofession cofinance également une série de projets de recherche et développement, que ce soit sur les produits laitiers fermiers (Qualainov), l’autopesée des chevrettes, les lactations longues ou le changement climatique (Cap’Climat Territoires). L’Anicap est par ailleurs à l’origine des démarches de progrès Code mutuel et Cap’RSE.

Environ un cinquième des ressources financières de l’Anicap sont fléchées vers les cinq interprofessions régionales restructurées l’an dernier en Auvergne-Rhône-Alpes-Paca, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Pays de la Loire-Bretagne.

La promotion des fromages en France et en Allemagne utilise un tiers du budget interprofessionnel. En France, cela passe par la création de recettes à base de chèvre et sa valorisation sur fromagesdechevre.com, les réseaux sociaux Facebook et Instagram ou en vidéos. En plus du salon de l’agriculture de Paris, l’Anicap promeut la filière et ses produits au Space, au Sommet de l’élevage et à Capr’inov.

Les activités de l’Anicap en rapport et en vidéo

L’interprofession caprine partage ses activités 2024 dans un document de 50 pages sur anicap.org et dans une vidéo d’une dizaine de minutes sur youtube.com/@anicap75009.

Les laiteries augmentent leur cotisation de 0,50 euro

L’Anicap a décidé d’une augmentation de la cotisation volontaire obligatoire (CVO) de 0,50 euro par 1 000 litres pour les transformateurs de lait de chèvre au 1er janvier 2026. Les cotisations interprofessionnelles seront ainsi de 1,50 euros les 1 000 litres pour les transformateurs, 3,50 euros pour les producteurs livreurs et 4 euros pour les producteurs laitiers fermiers qui transforment leur lait à la ferme.

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