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Ils groupent leurs vêlages pour plus de confort de travail et moins de charge d’alimentation

Quatre éleveurs témoignent d'une diversité de pratiques derrière la stratégie de vêlages groupés. Plutôt adopté dans les systèmes économes, elle permet aux éleveurs de gagner en confort de travail et de s’appuyer sur la pousse de l’herbe pour limiter les coûts.

<em class="placeholder">vaches laitères issues de multiples croisement - 4500 litres en monotraite - veau de quelques jours sous la mère </em>
En vêlages groupés, les éleveurs ont recours à des vaches nourrices pour limiter la charge de travail liée au nombre important de veaux.
© A. Conté

 

« La conduite en lots des génisses est facilitée en vêlages groupés »

 
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Yvannick JEUSSELIN © Y. Jeusselin

Yvannick Jeusselin, 71 vaches à 7 000 l, 20 ares pâturés/VL, conventionnel.

« Il y a beaucoup de travaux que je réalise moi-même (préparation du sol, épandage, semis, récolte) et je ne souhaite pas avoir de vêlages durant cette période où je suis essentiellement dans les champs. Les vêlages s’étalent de septembre à mars pour l’ensemble des veaux. La période se montre plus resserrée pour les génisses qui intégreront le renouvellement (septembre à décembre). Ces génisses sont issues d'inséminations sexées, réalisées sur les meilleures vaches. Cela me permet de constituer des lots uniformes pour faciliter leur croissance. Le fait de réduire le taux de renouvellement à 25 % pour avoir moins de génisses limite aussi le risque d’espacement des vêlages dans le temps. Lorsque les vêlages débutent, les bâtiments sont libres. Je réaménage les cases avec des cornadis à veaux pour y accueillir les génisses. Les plus petites ne sont pas mélangées aux plus âgées. Quant aux veaux mâles sont élevés séparément avec des vaches nourrices. Cela me permet de gagner du temps pour les nourrir et de les faire partir plus tôt, dès l’âge de 15 jours. »

« Je peux libérer davantage de temps pour ma famille »

 
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Henri-Jean DOLAINE © EARL Dolaine

Henri-Jean Dolaine, 62 vaches à 4 500 l livrés (dont 7 nourrices), 40 ares pâturés/VL, robot de traite, agriculture biologique.

« J’ai fait le choix de deux périodes de vêlage, une de mars à mai et une de septembre à novembre. Cela me permet de profiter de la pousse de l’herbe au printemps mais aussi du regain à l’automne. Et l’autre avantage tient à l’organisation du travail. Chaque période de l’année est orientée sur une tâche spécifique : insémination, vêlage, élevage des veaux. Je suis aussi plus disponible pour ma famille lors des périodes de congés estivaux ou des fêtes de fin d’année.

Le robot de traite n’est pas un frein car la stalle est peu saturée. Même quand tout le troupeau est en lactation, le nombre de vaches reste peu élevé et le pâturage n’est pas impacté. Ces deux périodes de vêlage apportent de la souplesse au niveau de la conduite du troupeau. Je peux par exemple garder des vaches qui ne prennent pas tout de suite à l’insémination et prolonger leur lactation de quelques mois. Tandis qu’avec une seule période de vêlage, je serais obligé de les réformer ou de prolonger la lactation d’un an. Cela me permet aussi de lisser un peu plus les livraisons de lait sur l’année, ce qui n’est pas négligeable en termes de trésorerie. »

« J’assure le pic de lactation avec la ration hivernale »

 
<em class="placeholder">Arnaud Sénéchal</em>
Arnaud Sénéchal © A.SENECHAL

Arnaud Sénéchal, 104 vaches à 6 500 l, 30 ares pâturés/VL, conventionnel.

« Les vêlages sont groupés sur l’automne. Ma motivation première est le maintien du lait par vache avec un système pâturant. En hiver, lorsque les vaches sont au plus fort de leur lactation, je les alimente au bâtiment avec la ration hivernale : ensilage de maïs, betteraves, ensilage d’herbe, correcteur azoté. Au printemps, les vaches pâturent lorsque leurs besoins sont moins importants. Nous fermons les silos et le coût de la ration est moins important. L’été, la moitié du troupeau est tarie, ce qui permet d’augmenter la surface pâturée par vache.

L’autre avantage que je vois aux vêlages groupés tient à l’organisation du travail. Pendant six mois, nous n’avons pas de vêlages ou d’inséminations à réaliser. Les génisses de renouvellement naissent sur une période d’un mois et demi à partir de fin août. Cela facilite la conduite par lots. Pour les autres veaux, le croisement viande est privilégié et les vêlages s’étalent jusqu’au 31 décembre. Autre bénéfice, nous pouvons réaliser un vide sanitaire pendant huit mois et l’âge rapproché des génisses permet une meilleure gestion du parasitisme au pâturage. Pour limiter la concentration de veaux dans la nurserie, les mâles sont élevés par des vaches nourrices. Au niveau de la trésorerie, un conseil : les mois où les volumes livrés sont plus importants, il faut engranger pour pallier les mois avec moins de volume. »

« Nous avons une priorité à la fois, c’est moins de stress »

 
<em class="placeholder">Jean-Philippe GUINES et son salarié Enzo</em>
Jean-Philippe GUINES et son salarié Enzo © GAEC Guines

Jean-Philippe Guines et son salarié Enzo, 98 VL à 5 500 l livrés et 12 vaches nourrices, 45 ares pâturés/VL, agriculture biologique.

« Nous nous sommes inspirés des élevages irlandais qui arrivent à gérer de grands troupeaux avec peu de main-d’œuvre. Les vêlages sont groupés sur les mois de février et mars. Cette organisation nous permet de prioriser une tâche à la fois et au global de nous libérer du temps. La mise à la reproduction se fait sur le mois d’avril. Les vaches et génisses qui n’ont pas retenu sont mises au taureau pendant un mois pour des croisements en race à viande. À partir de décembre, nous tarissons les vaches. La monotraite est réalisée pendant un mois et nous fermons la salle de traite le mois précédant les vêlages. Cette période plus creuse nous permet de réaliser les travaux d’entretien des haies, des clôtures et du matériel. Il y a certes une pointe de travail en période de vêlages mais ensuite, les veaux sont nourris par des vaches nourrices sur des parcelles éloignées.

Les vêlages groupés s’adaptent parfaitement à nos sols plutôt séchants. Ils nous permettent également de produire un lait à moindre coût avec beaucoup de vaches traites qui pâturent au printemps. Et l’hiver, nous continuons le pâturage avec un troupeau moins important. »

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