Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Hors frontières
Une hétérogénéité croissante au sein de l'Allemagne laitière

La Bavière a misé sur le bio, surfe sur la vague du lait de montagne et du lait de foin.  © CCO - Domaine public - PXhere
La Bavière a misé sur le bio, surfe sur la vague du lait de montagne et du lait de foin.
© CCO - Domaine public - PXhere

« La fin des quotas, et le basculement dans un régime de concurrence, a révélé des stratégies de laiteries gagnantes et a sanctionné des stratégies perdantes, comme la stratégie volume et de flux poussé de la coopérative DMK. L'écart s'est accentué entre les prix du lait que les laiteries payaient. Il est passé d'environ 30 €/t en 2013 à un écart de 60 €/t en moyenne sur la période 2014-2018 », a planté en préambule Christophe Perrot, de l'Institut de l'élevage, lors d'une présentation sur l'évolution des laiteries allemandes pour développer des démarches environnementales.

L'hétérogénéité de l'Allemagne laitière se trouve aussi au niveau de ses élevages. « Le nombre moyen de vaches laitières par exploitation est de 40 vaches en Bavière, 100 vaches au Nord-Ouest et de plus de 200 vaches à l'Est. »

Et l'hétérogénéité se mesure aussi au niveau des politiques des Länder. Ainsi, le Nord soutient les investissements productifs dans les élevages. « En Bavière, les pouvoirs publics ont encouragé les conversions et le maintien au bio. Ce land qui produisait la moitié du lait bio allemand jusqu’en 2011, en produit 63% (2018), avec quelques difficultés pour gérer cette explosion de l’offre malgré une forte demande. Un programme bavarois a pour objectif de transformer en 10 ans les étables entravées décriées par les consommateurs (plus de 50% des exploitations avec stabulation entravée toute l’année)."

En Bavière, la quasi-totalité de la collecte est en non-OGM. Mais le non-OGM, devenu un standard sous la pression des distributeurs, ne génère plus vraiment de valeur. Les laiteries bavaroises valorisent aussi le lait de montagne – une valeur qui monte – et du lait de foin, qui se développe. Par contre, les vaches sortent très peu au pâturage. 

Il y a davantage de pâturage dans le Nord-Ouest de l'Allemagne, avec une possibilité de développer du lait de pâturage. Mais le projet de valoriser un lait haut de gamme avec du « vrai pâturage », en non-OGM, avec des prairies riches en biodiversité, se heurte au fait que les clients consentent peu à payer pour ce lait plus coûteux à produire.

Près de la frontière autrichienne, la coopérative de Berchtesgaden a une stratégie de différenciation très poussée. « Elle fut pionnière dans le lait bio (1973) et le lait de montagne (1988). C'est la laiterie qui paye le mieux en Allemagne. Elle est leader du lait frais en Allemagne », souligne Christophe Perrot. Elle a su développer des marques fortes qui agrègent plein de promesses consommateurs diverses : lait produit sans glyphosate (2017), vache avec cornes (option Demeter), soignée à l'homéopathie, prix équitable, issu de petites fermes, bien être animal... Le plus souvent sans certification externe.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Anthony, Christian et Evelyne Ripoche. « Cette technique nous a bluffés. Désormais, à tout moment de la journée, les vaches accèdent exactement à la même composition de ration. » © DR
« Nos vaches ne trient plus grâce au compact feeding »
Le Gaec Ripoche, dans le Maine-et-Loire, ajoute de l’eau à la ration pour obtenir un mélange condensé et homogène. Tel le…
Alain Piet. « Le simple fait d’ajouter de l’eau dans la ration a boosté la production laitière. » © E. Bignon
Compact feeding : "Je ne reviendrai pas en arrière"
Le Gaec du Puits, dans le Maine-et-Loire, converti au compact feeding depuis un an et demi, prépare sa ration en…
Loren Duhameau. « Pour faire ce métier, il faut vraiment être mordu. Il y a des jours où j’ai envie de tout arrêter. Mais tant que j’ai du soutien, ça va. » © J. Pertriaux
« Les femmes ont autant leur place que les hommes ! »
À Caligny dans l’Orne, Loren Duhameau s’est installée en individuel à 25 ans. Une installation précipitée par des circonstances…
Un rail électrifié fixé à al charpente guide la pailleuse. © C. Armager
Bâtiment d’élevage : « La pailleuse suspendue améliore nos conditions de travail »
À la tête d'un troupeau de 85 laitières, les associés du Gaec Amarger, dans le Cantal, ont investi dans une pailleuse suspendue…
Michel Nalet, directeur général relations externes et communication du Groupe Lactalis
Lactalis : "La crise liée au Covid-19 nous fait craindre une baisse de la valorisation du lait à moyen terme"
Michel Nalet, du groupe Lactalis, craint l'effet du gonflement des stocks de poudre, beurre et fromage. Et l'…
L'élevage de 380 vaches de Henning Münster,  380 vaches dans le Schleswig-Holstein. © Élevage Münster
Allemagne : prix du lait à 280 à 300 €/1 000 l dès mai ?
Avril n’est que le début de la crise. En Allemagne, les perspectives de prix du lait à six mois ne sont guère enthousiasmantes.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière