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Robot de traite : « Je voulais un conseil impartial sur l'implantation dans mon bâtiment », en Meurthe-et-Moselle

Florence Hardouin de l’EARL du Haut Buisson en Meurthe-et-Moselle a fait appel à un service de conseil indépendant pour déterminer quel serait le positionnement optimal du robot de traite dans sa stabulation.

« J’en suis convaincue, l’emplacement du robot joue un rôle déterminant pour booster la fréquentation des vaches, affirme Florence Hardouin, à la tête d’un élevage de 72 laitières, passé en traite robotisée en décembre dernier. Lors de visites, j’ai vu certains positionnements de robots problématiques et je voulais absolument éviter ce type de déconvenue en prenant le temps de trouver l’option la plus adaptée dans mon bâtiment. »

L’éleveuse a d’abord sollicité deux marques. L’une d’elle proposait de placer le robot dans un angle du bâtiment. « Ce scénario minimisait les travaux à effectuer mais isolait un peu le robot », estime l’éleveuse. L’autre envisageait un emplacement plus central en positionnant le robot sur l’un des quais de traite, moyennant la suppression de quatre logettes. « Cette solution, bien que séduisante sur le papier, restait inenvisageable pour moi. Je n’imaginais pas de traire plus de 60 vaches sur un seul quai durant les travaux, la traite durant déjà 2 heures 30 matin et soir en deux fois quatre postes. »

Pour pallier ce problème, la marque a alors suggéré un positionnement temporaire du robot le long du couloir d’alimentation, le temps de réaliser les travaux d’aménagement. « Le souci, c’est que cette solution impliquait deux mises en route de robot et maximisait le stress aussi bien pour les animaux que pour l'éleveuse en cumulant la phase de démarrage de la traite robotisée et les travaux. »   

Bénéficier d’un œil neuf sur le projet

Aucune des trois propositions ne convenait pleinement à Florence. « Avant de m’engager, j’avais vraiment besoin de mieux border le projet, de connaître l’emplacement exact du robot, de cerner toutes les conséquences induites… Bref de savoir clairement où j’allais et comment, résume l’exploitante. Or, avec les commerciaux des marques, tant que le devis n’est pas signé, la phase de réalisation des plans reste relativement succincte, considère-t-elle. On ne rencontre les personnes qui vont gérer concrètement l’implantation que dans un second temps. »

 

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Le travail de réflexion mené en amont a contribué à la fluidité de la mise en route. © EARL du Haut Buisson

Fiche Elevage

1,5 UMO

72 vaches à 8 500 l

627 000 l de lait produits

135 ha dont 60 de prairies, 25 ha de maïs et 80 ha de Scop

2,8 traites/j au robot

Pour affiner le projet et bénéficier d’un œil extérieur avisé, Florence a donc souhaité faire appel à un conseil indépendant auprès de Seenorest. « Cela m’a semblé l’option la plus efficace pour prendre du recul par rapport aux différentes propositions et m’assurer de faire le bon choix sans parti pris ni précipitation, dépeint l’éleveuse. J’aurai pu également multiplier les visites d’élevages équipés mais j’avais du mal à me dégager du temps. »

À la recherche de la meilleure solution technique

En une après-midi, l’exploitante et la conseillère ont donc pris le temps d’aborder le projet dans sa globalité. En faisant le tour des attentes de l’éleveuse, une autre solution ne nécessitant pas d'empiéter sur la salle de de traite, a finalement émergé. Celle-ci impliquait la suppression de huit logettes pour créer un espace de circulation devant le robot, mais cela ne se révélait pas un réel souci puisqu’une aire paillée, créée en lieu et place de la salle de traite, va permettre de loger trois à quatre vaches. Et le bâtiment offre, en outre, la possibilité de rajouter facilement cinq logettes supplémentaires dans le prolongement d’une des trois rangées. « Pour l’heure, avec 66 logettes pour 60 vaches traites, cela ne se révèle pas utile. Par contre, à terme, si nous saturons le robot, nous savons que nous avons cette possibilité d’extension ; il nous suffira de démolir un mur ouvrant sur un espace de stockage peu exploité. C’est rassurant. »

 

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L’espace disponible devant les robots suite à la suppression de huit logettes est de 4 mètres face au robot, au lieu des 5 recommandés. Mais cet espace reste très aéré grâce aux couloirs de chaque côté qui facilitent la circulation. © EARL du Haut Buisson

Une réelle plus-value avec une approche plus fouillée

Au final, l’emplacement retenu pour le robot ne se montre pas très éloigné de celui qui avait été initialement évoqué par l’une des marques. Mais pour Florence, ces quelques mètres d’écart font la différence. Non seulement, ils ont évité une mise en route transitoire qui se serait montrée « galère » avec la gestion simultanée des travaux d’aménagement. Mais en plus, l’implantation choisie libère davantage de surface pour le box d’isolement (40 m2 au lieu de 20 m2) ce qui facilitera le curage mécanique « qui n’aurait pas été évident dans la première proposition », apprécie l’éleveuse qui va entamer la transformation de l’ancienne salle de traite en aire paillée au printemps.  

 

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Pour l’heure, le bâtiment accueille 60 vaches pour 66 logettes. Un box d'isolement est prévu pour en loger 3 à 4 de plus. Et l'extension de 5 places de logettes supplémentaires est également possible. © EARL du Haut Buisson

« Le fait d’avoir soulevé les plus et les moins des emplacements potentiels avec les diverses contraintes techniques et pris le temps de rentrer concrètement dans les détails a porté ses fruits, estime Florence. Le projet retenu coche toutes les cases et après ce rendez-vous, je n’avais plus de doutes sur l’option à retenir. »

 

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Au bout de deux mois, la fréquentation est de 2,8 passages par vache et par jour et la production de lait a augmenté de 10 %. © EARL du Haut Buisson

Cette prestation conseil a coûté 1 000 euros. « Un montant vite amorti au regard de l’investissement de plus de 200 000 euros effectué pour une douzaine d’années », conclut l’éleveuse convaincue que ce travail de réflexion mené en amont a contribué à la fluidité de la mise en route. « Tout s’est déroulé comme sur des roulettes ». Au bout de deux mois, la fréquentation est de 2,8 passages par vache et par jour et la production de lait a augmenté de 10 %.

 

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