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« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie Gérentes, rester en bio et être valorisés en lait de montagne. 

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
Gisèle Fouvet et ses deux fils, Vivien et Nicolas, sont éleveurs de vaches laitières en bio, en Ardèche, à 1000 m d'altitude.
© G. Fouvet

« Cela faisait dix ans que nous étions chez Biolait. Au début, le prix du lait était convenable. Mais avec la crise du lait bio, le prix a baissé. Cela faisait près de quatre ans que le prix était vraiment bas », raconte Gisèle Fouvet, en Gaec avec ses deux fils, en Ardèche, sur une exploitation avec 300 000 litres de lait, 50 vaches montbéliardes, 77 ha d'herbe et 3 de méteil, à 1000 mètres d'altitude. Durant ces années, le Gaec a patienté et a accepté de réduire sa production laitière (NDLR : Biolait avait mis en place un programme de réduction des volumes). « Le conseil d'administration de Biolait nous disait que ça irait mieux. »

Le prix 2025 a augmenté mais pas suffisamment pour sauver notre ferme 

En mars 2025, le Gaec a reconduit son contrat pour cinq ans, « car leur discours était optimiste. Et parce que, à ce moment là, les laiteries ne cherchaient pas encore de lait bio. Mais le prix ne s'est pas suffisamment amélioré. » Le prix moyen Biolait toutes primes comprises a été de 490,5 €/1000 l sur douze mois glissants à octobre 2025.

Depuis presque quatre ans, les éleveurs ont réduit les charges. « Nous n'achetions plus rien : maïs épi, luzerne ... Nous avons dû emprunter pour combler le manque de trésorerie. Mais nous n'y arrivions plus : il nous est apparu que l'exploitation était vraiment en danger. » 

Gérentes a finalement pu nous prendre en bio

Les éleveurs ont alors contacté plusieurs laiteries en juin 2025. L'entreprise Gérentes (fromages, beurre, yaourt, lait ...) leur a proposé de les prendre en lait conventionnel, « mais nous ne voulions pas. Notre système est fait pour être en bio et nous valorisons nos fruits rouges en bio. Sodiaal voulait nous prendre en bio, mais il fallait investir dans des parts sociales. Vue la situation économique du Gaec, ce n'était pas possible. » 

Puis, les éleveurs ont de nouveau contacté Gérentes. « Suite à des départs en retraite, Gérentes a perdu des exploitations en bio. Nous avons alors décidé de rompre notre contrat Biolait et de les rejoindre immédiatement. Nous avons signé avec Gérentes fin octobre et ils nous ont collecté la première fois le 31 octobre. De part notre contrat Biolait, nous aurions plus de 40 000 euros de pénalités à leur régler, pour rupture anticipée de notre contrat qui ne se terminait qu'en mars 2030 et pour non respect de la durée de préavis, qui est d'un an. »

Gérentes valorise aussi le lait de montagne

« Nous sommes plusieurs éleveurs à partir de Biolait, souvent avant la fin de notre contrat. Nous essayerons de ne pas payer les pénalités. Biolait a une bonne gouvernance, mais ils auraient dû être plus prudents sur les volumes en 2015/2016. Et ils auraient pu baisser leurs charges de structure et de fonctionnement. Nous avons subi pendant des années, un prix du lait qui ne correspondait pas à l'esprit de la loi Egalim. » 

Le prix du lait payé du Gaec en décembre a atteint 607 euros les 1000 litres ; la laiterie Gérentes valorise leur lait bio en lait de montagne. « Nous allons pouvoir envisager l'avenir avec plus de sérénité. »

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