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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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« Notre système est 100 % autonome en protéines »

Au Gaec R’Belait dans le Maine-et-Loire. Impliqué dans la création d'un diagnostic d'autonomie, cet élevage bio est un modèle du genre grâce au séchage en grange et aux prairies multiespèces.

L'objectif a été atteint en 2015-2016 avec une production de 549 000 litres de lait (6 800 l/vl) sans achats extérieurs de protéines. La recherche d’un maximum d’autonomie protéique a toujours été une priorité pour Gaël Bouteiller. « Quand je me suis installé en 2001 avec mes parents, notre système était classique avec un troupeau de 40 Normandes à 6500 kg et une ration hivernale à base d'ensilage de maïs (18 ha). Nous avons commencé à améliorer l’autonomie protéique en implantant 6 ha de luzerne en 2003. En 2004, nous avons abandonné la culture de méteil (10 ha) au profit de mélange de dactyle, fétuque, RGA et trèfle blanc que nous faisions nous-mêmes », relate Gaël. Les premiers mélanges suisses ont fait leur apparition en 2007. Le début de conversion en bio avec arrêt de l'ensilage de maïs en 2012 et l’investissement (275 500 euros) dans un séchoir en grange en 2013 vont accélérer le processus. « Nous faisons en sorte de concilier un maximum d'autonomie avec le maintien d'un niveau de production par vache compris entre 6 500 et 7500 l. » L'objectif a été atteint en 2015-2016 avec des vaches à 6 800 l et aucun achat de protéines. « Cet excellent résultat montre que l'autonomie n'est pas obligatoirement synonyme de baisse de productivité », commente François Battais de la chambre d'agriculture. Ce dernier a réalisé le diagnostic d'autonomie protéique dans cet élevage avec un nouveau logiciel (lire article ci dessous). « Le Gaec n'a acheté que 9 tonnes de minéraux pour nourrir 80 vaches et 57 génisses lors de la dernière campagne. Les 2 400 kg de concentrés consommés/vache/an et les 528 kg/génisse élevée/an proviennent exclusivement de l'exploitation." En pleine saison de pâturage, la ration des vaches se compose de 11 kg de MS d'herbe pâturée, 6 kg de foin et 2 à 3 kg de céréales. En hiver, le foin est distribué à raison de 17 kg de MS/Vl. Il est complété par 5 à 6 kg de maïs épi et 2 kg d'un mélange d'orge et d'avoine. La ration est équilibrée à 22 kg.

Des mélanges suisses riches en protéines

La production de fourrages de qualité est un élément clé du système. « Nous avons mis une dizaine d'années pour mettre en place de bons mélanges prairiaux riches en protéines », indique Gaël Bouteiller. Les 66 ha de prairies temporaires sont implantés qu'avec des mélanges suisses. « Ils sont plus productifs que le RGA-trèfle blanc et offrent une meilleure souplesse d'exploitation. Leur valeur énergétique est satisfaisante (- 5 à -8 % par rapport à du RGA-TB) et leur valeur azotée est supérieure à 90 g de PDIN/UFL. Par ailleurs, leur productivité est moins variable d'une année sur l'autre  », indique François Battais. Le Gaec R'Belait utilise désormais trois types de mélange. Le mélange OH 430 Extra est un mélange mixte fauche - pâture à base de graminées dont 14 % de dactyle avec 11 % de trèfle blanc et 3 % de trèfle violet. Il est cultivé sur 12 ha. Le mélange fauche exclusive OH 323 (à base de graminées et 29 % de luzerne, 8 % de trèfle blanc et 6 % de trèfle violet) est implanté sur 25 ha. « Ces deux mélanges contiennent du dactyle parce que c'est la graminée la plus riche en azote au printemps et elle est facile à sécher. » Les prairies sont fauchées 4 à 5 fois par an (toutes les 5 à 6 semaines) à une hauteur de 7 cm. Elles reçoivent un apport de 5 à 10 t de fiente de volailles par ha et 15 t de compost de bovin par ha en automne. Les rendements varient entre 10 et 15 t de MS/ha. Pour optimiser la qualité de l'herbe fauchée, Gaël vérifie sur internet que la valeur de l'évapo-transpiration (ETP) est au minimum de 3 pendant 4 à 5 jours. « Nous fauchons le plus tôt possible le matin et ramassons le fourrage à 45-50 % de MS pour limiter les dégradations liées à l'ensoleillement et à la lune. » Le séchoir (1022 m2 dont 525 m2 de stockage) permet de stocker 400 t de MS de foin. Le coût de séchage est d'environ 11 euros/t de MS de foin.

Du pâturage tournant dynamique

La destination des fourrages dépend des récoltes. « La valeur alimentaire des foins des deux premières coupes est bien équilibrée et pas trop laxative. Nous les réservons aux veaux et aux vaches taries. Les troisième et quatrième coupes du mélange OH 323 contiennent plus de luzerne et sont par conséquent distribuées aux vaches en production. » Le mélange OH 440 Extra (sans dactyle) implanté sur 16 ha est destiné au pâturage. Il contient notamment  9 % de trèfle blanc et 3 % de trèfle violet. « Nous venons d'opter pour du pâturage tournant dynamique avec des paddocks d'environ 0,7 ha pour 70 vaches traites et changement de parcelle tous les jours. » Les prairies sont implantées tous les  4 à 5 ans sans apport préalable de fumier pour éviter leur salissement par le mouron. Le labour peu profond (10 -15 cm) avant le semis est suivi d'un passage de herse étrille en décembre de première année et d'une fauche précoce au premier printemps. Les refus sont fauchés deux fois par an et laissés sur place.

Des portes ouvertes sont organisées dans cet élevage situé à Chaudron en Mauges dans le cadre de l'opération Innov Action le 9 juin.

Chiffres clés

3 UTH

550 000 l de contrat avec Biolait

115 ha de SAU dont 66 ha de prairies temporaires, 20 ha de prairies naturelles, 13 ha de maïs grain et 16 ha de mélange orge-avoine 

80 vaches (Montbéliarde x MRY hollandaise x Red Holstein)

Un nouvel outil pour diagnostiquer l'autonomie protéique

Améliorer l'autonomie protéique dans les élevages des différentes filières animales. Tel est l'objet du projet Devautop démarré en 2015 et auquel participent plus de 80 partenaires (1). Une des étapes de ce vaste projet piloté par le pôle agronomique Ouest a consisté à « créer un outil de diagnostic de l'autonomie », souligne François Battais de la chambre d'agriculture. « Cet outil permet notamment de détecter les élevages les plus performants dans le domaine comme par exemple le Gaec R'Belait. Ces élevages serviront ensuite de référence pour améliorer l'autonomie protéique dans les autres exploitations. » Concrètement, le diagnostic se base sur les achats extérieurs d'aliments et en particulier de compléments azotés. « Nous calculons à l'aide d'un logiciel les besoins en MAT du troupeau et nous les comparons aux achats extérieurs. Dans ce Gaec, les besoins totaux en 2015-2016 ont été évalué à 85 800 kg de MAT dont 69 580 kg pour les 80 vaches et 16 220 kg pour 25 génisses. Et ils ont été entièrement couverts par les fourrages et céréales produits sur l'exploitation. » François Battais précise que « ce projet intègre également d'autres programmes d'actions visant à optimiser la production et la valorisation des protéines dans les exploitations. »

(1) Organismes professionnels, de recherche et de formation, instituts techniques... 
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