« Notre OP Bio commun devient incontournable dans la filière laitière bio »
L'organisation de producteurs (OP) de lait bio Bio commun veut fédérer davantage, mieux valoriser sa charte et l'empreinte carbone de ses adhérents, expose Pierre Moineau, son président. Elle a pu trouver une solution aux éleveurs concernés par une rupture ou un non renouvellement de contrat.
« Notre objectif est de faire adhérer à notre OP les éleveurs qui sont encore seuls face à leur industriel, de fédérer davantage pour peser dans les négociations », a indiqué Pierre Moineau, président de l'OP transversale Bio commun, ex OP lait bio Seine et Loire. Cette organisation représente environ 500 exploitations adhérentes en Normandie, Bretagne et Pays de la Loire (200 millions de litres de lait) et négocie les contrats cadre et les formules de prix du lait avec sept laiteries différentes : Lactalis, Saint Père, Danone, Olga, Montsûr, Sill Malo et Vaubernier.
Défendre les adhérents face à leur laiterie
Parmi nos actions concrètes, « l'OP a accompagné les éleveurs dont les contrats ont été rompus ou non renouvelés en 2024 et 2025. Elle a négocié leurs conditions de départ et les a aidés à trouver de nouveaux débouchés pour leur lait. Tous ceux qui voulaient continuer le lait bio ont pu trouver un repreneur, soit parmi nos laiteries partenaires, soit parmi les autres laiteries du territoire », poursuit Pierre Moineau.
Bio commun elle-même ne reste pas seule et adhère à France OP Lait, le syndicat des OP laitières françaises. « Avec les OP de la filière bio, la force d’un tel collectif nous a permis d’ouvrir les programmes opérationnels à la filière lait bio. »
Mieux valoriser la charte
« Défendre la rémunération des producteurs de lait reste le coeur de nos activités », rappelle Pierre Moineau. Entre 2024 et 2025, le prix du lait moyen payé à l’ensemble des adhérents de l’OP a progressé de 2,5%. « Un de nos leviers pour poursuivre notre mission sur les prix est entre autres le développement de la valorisation de notre charte de production (plus de part d'herbe pâturée, 100% d'alimentation origine France hors minéraux). »
Valoriser les données des adhérents
« Une de nos ambitions est de faire reconnaître l’efficacité de nos systèmes de production à répondre aux enjeux actuels, notamment ceux liés à la réduction de l'empreinte carbone nette. Nous réalisons un gros travail de capitalisation et de valorisation des données de nos adhérents à travers des paiements pour services environnementaux (PSE) par exemple », indique le président de Bio commun. Aujourd'hui, l'OP dispose d'ailleurs d'un outil informatique pour travailler les données des adhérents en vu de négocier un PSE.
Peu de pertes d'adhérents
L'OP bio commun a peu perdu d'adhérents, malgré la crise du lait bio. « Sur les deux dernières années, environ 25 exploitations bio ont quitté l'OP, en grande majorité parce qu'elles ont arrêté le bio et sont retournées au lait conventionnel, ou parce qu'elles ont arrêté le lait. Les volumes de référence correspondant ont baissé de 2% environ.»
A titre de comparaison, globalement en France, avec moins de 3 500 exploitations livrant du lait bio en janvier 2026, la baisse sur un an a été de 5,5%, et la baisse en 2025 a été de 7%.