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Les systèmes fourragers du Saintonge restent basés sur le maïs

Les rendements du maïs non irrigué sont très variables et le seront encore plus à l'avenir.

" Les éleveurs n'envisagent pas de se passer du maïs. Ils ont arrêté de le semer sur les terres les plus superficielles. Et ils cherchent les moyens de le sécuriser ", indique Christophe Mauger, de la chambre d'agriculture de Charente-Maritime, qui a animé le groupe Climalait(1) sur la zone de Saintonge (zone ouest du département). Les éleveurs sèment de plus en plus tôt. Le 27 mars dernier, beaucoup avaient déjà semé. " Ils tentent d'éviter d'avoir besoin d'irriguer au moment où les interdictions d'irrigation commencent à tomber, fin juillet. Tout en visant plus de rendement. Ils restent donc sur des indices plutôt tardifs. " Le seul risque est un gel printanier.

Vers plus de méteils suivis de sorgho

La stratégie d'évitement du pic de chaleur à la floraison du maïs explique l'abandon du ray-grass d'Italie implanté entre une céréale d'hiver et un maïs conduit sans irrigation ; cela amenait à semer plus tard le maïs. En outre, le RGI " assèche le sol ". À la place, est implanté un couvert qui retourne au sol ou un méteil riche en protéine qui apporte une meilleure structure de sol et évite un labour avant maïs. Le méteil pénalise aussi le maïs, surtout s'il est récolté trop tard, mais la production des deux fourrages est supérieure à celle d'un maïs seul. " Certains éleveurs, après un méteil récolté tôt avec une bonne valeur alimentaire (>15 % de MAT), implantent un sorgho ou un maïs. "

Le sorgho BMR va bénéficier du changement climatique. " Avec un automne plus tardif, il sera plus facile de récolter un sorgho suffisamment sec (+/- 30% MS). " La plante est économe en azote minéral et en irrigation. Contrairement au maïs, elle est capable de se bloquer et d'attendre les pluies de fin d'été pour repartir et produire de la biomasse grâce aux arrière-effets du fumier. " Les éleveurs soulignent la difficulté de maîtriser le salissement. Semer en écartement réduit (20 cm au lieu de 75) avec une même densité à l'hectare semble favorable au rendement et au contrôle des adventices. "

(1) Programme de recherche et développement initié et financé par le Cniel, piloté par l'Institut de l'élevage, avec Arvalis, BTPL, Inra, Idele, Météo France.

Avis d'expert : Christophe Mauger, chambre d'agriculture de Charente-Maritime

" Saisir les opportunités pour faucher et assurer les stocks "

" Dans le futur, sur la zone Saintonge (ouest de la Charente-Maritime), l'évolution moyenne du climat est défavorable aux cultures sans l'effet CO2. Les éleveurs du groupe Climalait préfèrent ne pas compter sur l'effet CO2, car le déficit d'eau peut être très pénalisant sur les rendements.

Environ deux tiers des élevages de la zone ne pâturent pas. Même si la production annuelle d'herbe est prévue en augmentation, avec un démarrage plus précoce et rapide au printemps et une repousse à l'automne, les éleveurs ont des réticences à investir pour pâturer à ces deux périodes. La portance fait souvent défaut, les surfaces accessibles sont limitées par rapport à la taille des troupeaux, et les périodes de pousse souvent courtes. Ils veulent par contre s'assurer trois à quatre mois de stocks d'avance. Ils vont chercher un maximum de stocks fourragers au printemps, voire à l'automne, en saisissant chaque opportunité. L'herbe peut être semée dès la mi-août selon la météo et la possibilité d'irriguer, et être récoltée dès novembre. Des récoltes de luzerne peuvent aussi s'envisager assez tardivement selon les années. Le rendement est alors limité, mais la qualité de l'enrubannage est extra. 

La luzerne revient dans beaucoup d'élevages en pur ou parfois en mélange. Elle est la grande gagnante face au changement climatique, avec un rendement qui pourrait augmenter de +3 à +4 tMS/ha, surtout en sol profond ou avec de l'irrigation. On peut quasiment gagner une coupe avant l'arrivée de la sécheresse.

La plupart des exploitations ont un atelier cultures de vente. Du maïs voire des céréales peuvent être ensilées plutôt que d'être récoltées en grain. Ces surfaces offrent aussi des possibilités d'implantation d'intercultures qui peuvent être récoltées au printemps. Une autre piste serait de travailler moins le sol et de le couvrir davantage avec des espèces adaptées pour réduire l'évaporation au niveau du sol.

De plus en plus de méteils sont valorisés en ensilage. Le sorgho monocoupe valorisé en ensilage se cultive de plus en plus. Par contre, les dérobées d'été sont très risquées sans irrigation. Très peu d'exploitations ont engagé des modifications profondes de leur système, sauf dans le cas de conversion en bio. "

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