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Intervalles vêlage-vêlage de 18 ois
Les lactations longues ne pénalisent pas la production

Testé à la ferme de Trévarez, l’allongement de la durée de lactation des hautes productrices améliore leur reproduction, sans pénaliser la production.

En faisant vêler tous les 18 mois, les éleveurs pourraient éviter certains problèmes de reproduction, tout en maintenant la production laitière.
En faisant vêler tous les 18 mois, les éleveurs pourraient éviter certains problèmes de reproduction, tout en maintenant la production laitière.
© DR

Un essai a été mené pendant trois ans (2005-2008) à la ferme expérimentale de Trévarez, en Bretagne, pour étudier les impacts d’un allongement de la lactation. Ont ainsi été comparés des lots de 20 Prim’holstein d’intervalles vêlage-vêlage de 12 et 18 mois. Les deux lots étaient conduits avec le même système fourrager et des vêlages groupés sur trois mois. L’allongement de la lactation n’a pas eu d’impact notable sur la production annuelle des vaches. Les primipares ont produit plus car elles ont une meilleure persistance laitière au cours de la lactation, tandis que les multipares ont produit moins. Au tarissement, les animaux des deux lots produisaient encore de 10 à plus de 15 kilos. La note d’état du lot 18 mois était supérieure de 0,2 point à celle du lot témoin, ce qui a permis aux réformes d’être vendues à un poids carcasse plus élevé avec un meilleur classement.

60 % DE REUSSITE EN 1ERE IA

En ce qui concerne la reproduction, on observe un meilleur taux de réussite en première insémination (60 % contre 45 % pour le lot témoin) et un intervalle plus court entre le début des IA et l’insémination fécondante. En deuxième lactation, 80 % des vaches du lot 18 mois ont vêlé dès le premier mois de la période de vêlage contre 35 % dans le lot témoin. De plus, on observe dans le lot 18 mois que, contrairement au lot témoin, ce ne sont pas forcément les animaux plus laitiers qui restent vides à la fin de la période d’insémination, ce qui permet de garder dans le troupeau les vaches à fort potentiel laitier. Enfin les vêlages étant souvent le moment où se produisent le plus d’incidents sanitaires, la fréquence de ces problèmes a diminué. L’allongement de la lactation a donc permis de baisser le taux de réforme (-5 points).

DEUX PÉRIODES DE VÊLAGE

Cependant cet allongement de lactation nécessite une modification de l’organisation du travail : la fréquence des IA et vêlages diminue mais le nombre de jours de traite augmente. En outre, les vêlages groupés à l’année vont changer de saison tous les 18 mois. Pour éviter cela, il faudrait mettre en place une organisation en deux lots avec deux périodes de vêlages. Ainsi, les inséminations des vaches non fécondées pourraient être reportées six mois plus tard. L’essai a été reconduit pour trois ans supplémentaires afin de consolider ces résultats en s’appuyant sur quatre lactations.

En Bretagne: Des lactations longues subies chez 90 % des éleveurs

D’après une étude récente du pôle herbivores des chambres d’agriculture de Bretagne, plus de 90 % des élevages bretons adhérents au contrôle laitier ont eu au moins une vache à plus de 395 jours de lactation au cours des deux dernières campagnes. 90 000 Prim’holstein ayant fait des lactations longues et encore présentes en élevage ont ainsi été analysées. Dans 79 % des cas, l’allongement de la lactation est subi (fécondation ou mise à la reproduction tardives, souvent liées à des problèmes de détection des chaleurs).

Sur l’ensemble de la lactation, les vaches étudiées ont produit en moyenne 11 200 kg de lait sur 440 jours. Ramené à l’année, cela représente 97 % du niveau de production moyen des troupeaux bretons. La persistance de ces vaches est bonne puisqu’elles produisent en moyenne 19 kilos par vache et par jour entre le 305e jour et le tarissement.

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