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Valeurs alimentaires, qualité sanitaire…
Les coproduits de biocarburants tiennent-ils leurs promesses?

Les drêches et tourteaux de colza sont techniquement de mieux en mieux appréhendés. Mais l’évolution des qualités et les incertitudes d’approvisionnement jouent en leur défaveur.

1USINE D’ÉTHANOL AUX ÉTATS-UNIS.
Les coproduits de biocarburants
seront-ils bientôt concernés par
les OGM ? Une question qui inquiète
d’ores et déjà les fabricants d’aliments
s’ils sont contraints, comme pour
le soja, de multiplier les ségrégations.
1USINE D’ÉTHANOL AUX ÉTATS-UNIS.
Les coproduits de biocarburants
seront-ils bientôt concernés par
les OGM ? Une question qui inquiète
d’ores et déjà les fabricants d’aliments
s’ils sont contraints, comme pour
le soja, de multiplier les ségrégations.
© Passion céréales

«S’ils se révèlent un facteur de compétitivité en alimentation animale, les coproduits de biocarburants n’ont pas permis des gains aussi significatifs que ce qui a pu être annoncé, compte tenu de leur tendance à s’aligner sur le prix des autres matières premières », a affirmé Etienne Laffitte, responsable formulation chez Inzo, lors d’un récent séminaire organisé à Paris par Arvalis, FranceAgriMer et le Cetiom sur la valorisation animale des coproduits de biocarburants. « Bénéficier d’une offre élargie de matières premières riches en protéines est néanmoins utile aux fabricants et représente un atout commercial par rapport aux utilisations en l’état », estime Michel Tessiot, de Thivat Nutrition Animale. Autre constat : malgré la montée en puissance des biocarburants, le soja perd du terrain, mais sa disparition des formules n’est certainement pas pour demain.


Côté colza, la trituration européenne a doublé en cinq ans. « On a assisté à un retournement de tendance depuis 2008/ 2009: la production européenne de tourteau de colza devance celle du soja », constate Sylvain Tostain, de Saipol, en précisant que « le déficit français en protéines s’élève à 53 % contre 73 % en Europe ». En France, le tourteau de colza connaît une forte progression des volumes utilisés par les fabricants d’aliments (voir graphique). Comme l’affirme Etienne Laffitte, « ce coproduit n’est pas une nouveauté en soi. Il s’avère une source de protéines de bonne qualité, notamment à travers son profil en acides aminés. Sa valeur alimentaire est bien cernée et sa qualité sanitaire est en amélioration au regard du risque salmonelles. Cela dit, son taux d’incorporation dans les aliments reste très dépendant du rapport de prix colza/soja ».


Le tourteau de colza affiche de gros écarts de solubilité des protéines


Les vaches laitières représentent près de la moitié du débouché du tourteau de colza. En ruminants, les freins à son développement sont davantage liés à son image qu’à des raisons zootechniques. Les caractéristiques de composition des tourteaux sont contrôlées une fois par mois depuis 2003 par enquête dans les neuf usines françaises. « On observe une très bonne corrélation avec les tables Inra- AFZ pour les protéines, la matière grasse et la cellulose brute, indique Alain Quinsac, du Cetiom. Par contre, la variabilité reste importante pour la solubilité des protéines et la teneur en glucosinolates (facteurs anti-nutritionnels). »


La dernière enquête qualité (2009/2010) indique une solubilité des protéines dans la soude de 46 %. « Sur le terrain, nous avons relevé des variations de 30 à 60 % selon les usines, témoigne pour sa part Philippe Gillet, du Contrôle laitier de Haute-Marne. Or, cela impacte fortement les valeurs PDI du tourteau. D’où la nécessité de mieux renseigner ce critère. » D’après le Cetiom, le process de désolvantation a effectivement une incidence visible sur la solubilité des protéines d’un site de trituration à l’autre, mais les valeurs restent stables par usine.


On est loin du raz-de-marée annoncé pour les drêches de céréales


Quant aux drêches de céréales, les volumes sont en croissance, même si « on est loin du raz-de-marée que l’on nous avait annoncé ». Leur valeur alimentaire est très variable et leur qualité sanitaire dépend de la récolte, notamment pour les mycotoxines. Sous une appellation unique, on trouve une grande diversité de drêches… « En fait, à chaque usine correspond un coproduit, à un instant T, résume Etienne Laffitte, d’Inzo. Mieux vaut s’en tenir aux valeurs analytiques. » D’où vient la diversité des drêches ? Elle s’explique à la fois par le type de matières premières utilisées (blé seul ou mélange de céréales), le process (céréale complète ou mouture, séchage), sans oublier la qualité des matières premières elle-même, qui fluctue selon les campagnes.


C’est en ruminants, que les drêches trouvent le plus d’intérêt grâce au taux de protéines, à une bonne valorisation des PDI et de la fraction « fibres », ainsi qu’à l’appétence. Globalement, les drêches disponibles en France présente une valeur énergétiques supérieures aux valeurs figurant dans les tables (1,15 UFL/kg MS pour les drêches de blé et 1,28 UFL/kg MS en maïs), indique Gildas Cabon d’Arvalis. "Par contre, en cas de séchage « musclé », la valeur UFL peut perdre jusqu’à 20 %. »

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