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Les coopératives laitières françaises scrutent la restructuration dans les pays nordiques

Suite au rapport de la Rabobank qui prédit une baisse de la collecte dans plusieurs pays du nord de l’Europe et préconise aux coopératives de s’adapter, la Coopération laitière française réagit.

intérieur d'une usine d'Arla Foods
Face à la diminution de la production laitière, les laiteries du nord de l'Europe pourraient se recentrer sur des produits à valeur ajoutée, entraînant des restructurations industrielles. Ou chercher de nouveaux producteurs.
© Arla Foods

La Rabobank, dans un rapport publié au printemps, prédit le déclin de la production laitière à horizon 2035 dans plusieurs pays du nord de l’Europe : Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Danemark. Une baisse imputable au durcissement des règles environnementales, ainsi qu’aux problèmes de main-d’œuvre en élevage et aux impacts du changement climatique. La Rabobank exhorte les entreprises de ces pays à s’adapter à cette diminution de l’offre laitière, en se recentrant sur des produits à valeur ajoutée. En outre, les coopératives pourraient être confrontées à des retraits de capitaux.

Vers des surcapacités industrielles dans le Nord de l’Europe

Si la France vit aussi une baisse de sa collecte de lait de vache, la situation de ses coopératives est néanmoins différente. « Dans ces quatre pays, les éleveurs ont augmenté leur production de lait à la fin des quotas laitiers, soutenus par leurs coopératives qui n’ont pas encadré les volumes, contrairement à la France, rappelle Pascal Le Brun, président de Coopération laitière française. Les coopératives ont donc investi dans des outils pour transformer ce lait supplémentaire. Elles l’ont surtout transformé en produits industriels de commodité, plutôt exposés aux marchés d’exportation. »

La collecte baissant, ces laiteries nordiques vont se retrouver en surcapacité industrielle. « Cela peut créer des opportunités pour les coopératives françaises. Si des outils ferment, si des acteurs quittent certains marchés, cela libérera de l’espace pour nos entreprises », ajoute Pascal Le Brun.

La chasse aux producteurs français va-t-elle reprendre ?

Face au risque de pertes de capitaux, les coopératives nordiques pourraient se remettre à chercher de nouveaux coopérateurs. « En 2022 quand les cours des produits industriels ont grimpé, elles en ont profité pour chercher à attirer des éleveurs français. Mais finalement, il y a eu peu de départs d’éleveurs français vers la Belgique », fait-il remarquer. Leur prix du lait était jusque-là bien plus volatil qu’en France. Mais s’ils sont moins exposés aux commodités à l’avenir, cela pourrait changer.

En France, les coopératives se sont fixées un objectif de stabilité de la collecte pour l’avenir et elles prennent des mesures pour limiter le plus possible la baisse du nombre d’adhérents. Une de leurs mesures phares est le soutien des jeunes installés. Plus de 600 éleveurs se sont installés en 2022 en coopérative laitière, avec un appui technique et financier.

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