Aller au contenu principal

Génisses : bien démarrer dans la vie

L’intérêt d’une croissance soutenue pendant les premiers mois de vie de la génisse a été rappelé par un chercheur espagnol lors d’un colloque organisé à Toulouse par la société Philéo (Lesaffre).((((((Lors d’un colloque organisé en juin à Toulouse par la société Philéo (Lesaffre), un chercheur espagnol a rappelé l’intérêt d’une croissance soutenue pendant les premiers mois de vie de la génisse.

Alex Bach, chercheur à l’Irta de Barcelone. « Il faut considérer l’élevage des génisses comme un investissement dans un nouveau produit. »
© B. Griffoul

On sait combien les conditions d’élevage de la génisse, du premier jour de vie jusqu’au vêlage, conditionnent la carrière de la future laitière et son coût de revient. « Les génisses sont plus souvent conduites au feeling que de façon méthodique sur la base de données chiffrées », regrette Alex Bach, chercheur espagnol (Irta Barcelone). Le chercheur fixe l’objectif technique d’un « premier vêlage à 23-24 mois avec un poids de 650 kilos et 137 à 147 centimètres de hauteur au garrot ». Faire vêler des génisses à 28 mois au lieu de 24 mois coûte 10 000 euros de plus par an pour un troupeau de 100 vaches et un renouvellement de 30 %. L’âge moyen au premier vêlage est de 27 mois aux États-Unis et de 25 à 29 mois en Europe. La compilation de nombreux travaux de recherche (métha-analyse) a montré que « chaque 100 grammes de GMQ additionnels pendant les deux premiers mois de vie permettent d’obtenir 225 kilos de lait supplémentaires en première lactation ». Selon le chercheur, pour faire une bonne génisse, la croissance jusqu’au sevrage ne devrait pas être inférieure à 750 grammes par jour.

« L’effet cure-dent » de la paille

Pour y parvenir, le veau doit consommer beaucoup de lait, mais pas trop non plus, et très rapidement de l’aliment concentré. Alex Bach situe le compromis à 6 litres de lait par jour s’il est distribué en deux repas : « le programme alimentaire idéal pour les veaux consiste à donner 6 litres de lait par jour dilué à 15 %. À 8 litres, on compromet la consommation de concentré et, si cette quantité est donnée en deux prises, on risque de favoriser l’insulino-résistance ». De plus, le gain de croissance peut être reperdu au sevrage. Au-dessus de 6 litres, il faut être particulièrement vigilant sur la consommation d’aliment en veillant à ce qu’il soit très appétent.

Un des plus sûrs moyens d’accroître la consommation de concentré consiste à distribuer de la paille broyée (2,5 cm), ou un fourrage pauvre, qui sera ingérée en quantité limitée (5 % à 7 % du total). Une récente étude démontre que cette pratique augmente de 23 % la consommation d’aliment. En revanche, de bons fourrages (luzerne) ont l’effet inverse. Le chercheur appelle cela « l’effet cure-dent. La paille a un effet physique qui nettoie les débris accumulés dans les papilles ruminales. »

Sevrer les veaux quand ils consomment 2 kg d’aliment

Alex Bach a rappelé aussi combien le sevrage était un moment crucial. Il ne devrait pas intervenir avant 8 semaines et surtout pas avant que le veau ne consomme 2 kilos de concentré par jour. La distribution de lait doit être réduite au cours des deux à trois semaines précédant le sevrage et un repas supprimé à partir de la dernière semaine. Le chercheur a rappelé également l’intérêt d’élever les veaux en petits groupes constitués le plus tôt possible. Une de ses récentes études a ainsi montré qu’au moment du sevrage, les veaux déjà socialisés consommaient mieux l’aliment et avaient moins de troubles respiratoires que des veaux élevés en cases individuelles, à condition de les alloter selon un statut sanitaire identique vis-à-vis des maladies respiratoires. Celles-ci ont une forte incidence sur la carrière de la future vache, notamment sa longévité. « Quatre épisodes de maladies respiratoires réduisent la durée de production de la vache de 100 jours », a-t-il démontré.

Après sevrage, pour maintenir une croissance élevée, il recommande de démarrer la transition avec le même aliment et la même paille broyée pour passer progressivement à une ration qui devrait comporter 15 à 20 % de fourrage à l’âge de 4 mois. Il déconseille l’ensilage avant 5 à 6 mois. Enfin, conclut-il, « il ne faut pas avoir peur d’une croissance élevée (1,2 kg/jour) pendant la période pré-pubertaire. Plus la génisse fait de la croissance entre 160 et 230 jours, plus on gagne de la production laitière. Ce n’est pas l’alimentation mais l’âge qui conditionne le développement mammaire, à condition que cette croissance ne soit pas de la graisse mais de la carcasse. »

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs et leur conseiller devant les robots de traite</em>
« Nous avons habitué nos vaches aux robots grâce au DAC, dix jours avant la mise en route », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec du Pavillon, en Meurthe-et-Moselle, pour faciliter la mise en route et la fréquentation des robots, les éleveurs ont…

<em class="placeholder">Au Gaec de la Dame de Haye, toutes les générations sont représentées. De gauche à droite : Steve Jouquelet, Johann Vévert, Paul Comte, Aymeric Caron, Pascal Ebel, ...</em>
« La convivialité, c’est primordial pour la cohésion d'équipe de notre Gaec », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec de la Dame de Haye en Meurthe-et-Moselle, la cohésion de l’équipe de neuf personnes est une priorité pour les cinq…

<em class="placeholder">Vaches prim&#039;Holstein en attente devant les robots de traite en batch milking</em>
« Le batch milking nous permet une bonne gestion de la main-d’œuvre salariée », dans les Yvelines

La Ferme de la Tremblaye dans les Yvelines a opté pour le batch milking pour la traite de ses 220 vaches…

<em class="placeholder">démonstrateur centrale agrivoltaïque Voltalia sur prairie avec des vaches</em>
Agrivoltaïsme : les ombrières de faibles hauteurs perturbent peu les vaches mais modifient la composition de la prairie à Poisy, en Haute-Savoie

Avec des hauteurs inférieures à 2,20 mètres, les panneaux fixes installés sur une prairie pâturée de la ferme de Poisy, en…

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de Vernoux</em>
« Nous apportons de la paille broyée dans la ration de nos laitières pour la fibre efficace », dans le Maine-et-Loire

Au Gaec Vernoux, de nouveaux critères d’analyse des fourrages mesurant la part de fibres efficaces ont amené les associés à…

<em class="placeholder">Vaches laitières en train de manger une balle dans un pâturage en bale grazing</em>
Pâturage hivernal : les exploitations bretonnes s’adaptent face à un hiver pluvieux

Malgré des pluies record en début 2026, des éleveurs herbagers bretons ont su adapter leurs pratiques de pâturage hivernal…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière