Aller au contenu principal

Doit-on craindre un déclin de la production laitière en France ?

Des départs massifs à la retraite sont annoncés. L’installation, le salariat et l’agrandissement des élevages risquent de ne pas les compenser, alerte l'Institut de l'élevage.

Depuis 2919, on observe une baisse du nombre de vaches de 1 à 2 % par an quasi généralisée en France, excepté dans les montagnes de l’Est et le Centre. © A. Conté
Depuis 2919, on observe une baisse du nombre de vaches de 1 à 2 % par an quasi généralisée en France, excepté dans les montagnes de l’Est et le Centre.
© A. Conté

D’ici à 2030, plus de la moitié des éleveurs laitiers prendront leur retraite. On assiste à un fort vieillissement des producteurs depuis le début des années 2000. En 2018, 48 % des chefs d’exploitations avaient plus de 50 ans, 28 % plus de 55 ans et seulement 25 % moins de 40 ans. « La pyramide des âges est très déséquilibrée. Ce déséquilibre est même encore plus marqué en Bretagne », constate Christophe Perrot, de l’Institut de l’élevage(1).

 

 

 

Ces départs massifs à la retraite ne sont que très partiellement remplacés, à peine un départ sur deux. Avec 2 000 installations chaque année, le secteur laitier reste celui qui installe le plus, et ceci dans une très grande diversité de systèmes. Mais il arrive en dernière position pour le taux de remplacement des départs.  Conséquence, « on se retrouve face une réduction du nombre de chefs d’exploitation à un rythme inédit ». Il ne faut pas compter sur les salariés pour compenser le manque de bras dans les élevages laitiers : « le nombre d’UTA salariées ne progresse plus ». Il a baissé de 700 entre 2016 et 2019, alors qu’il avait progressé de plus de 4 000 entre 2010 et 2014.

Une stagnation ou un repli de la collecte selon les bassins

Autre phénomène marquant constaté par Christophe Perrot : le ralentissement de l’augmentation du nombre de troupeaux de plus de 100 vaches. « De moins en moins d’exploitations semblent avoir une stratégie tournée vers la croissance. »

Ces éléments ont un impact sur le cheptel national et la production laitière française. Depuis l’automne 2019, on observe une baisse du nombre de vaches de 1 à 2 % par an quasi généralisée, excepté dans les montagnes de l’Est et le Centre. Et au niveau des bassins laitiers, une stagnation ou un repli de la collecte sauf en Normandie. « L’activité libérée n’est que partiellement reprise par les élevages en place, après une phase de recalage post-quotas. » Un ensemble de constats qui font craindre à Christophe Perrot un déclin du cheptel et de la production dans les années à venir.

(1) Lors d’une visioconférence Grand angle lait en mars dernier.

9 080 élevages de plus de 100 vaches en 2020

Parmi les 9 080 élevages de plus de 100 vaches, 1 467 troupeaux ont entre 150 et 200 vaches, et 544 troupeaux plus de 200 vaches. La progression des grands élevages s’est ralentie depuis trois ans. Entre 2010 et 2017, on comptait chaque année plus de 1 000 troupeaux de plus de 100 supplémentaires. On est très loin des projections qui avaient été faites en prolongeant les tendances passées sur les élevages de plus de 150 et de plus de 200 vaches.

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Adrien Jaouen et Nicolas Diverres, éleveurs de vaches laitières dans le Finistère</em>
« Un robot de traite, mais avec du pâturage, pour concilier temps libre et revenu dans notre exploitation laitière du Finistère »

Le Gaec de Kergouézan, dans le Finistère, mise sur un système productif aux coûts maîtrisés grâce à la qualité de ses…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Xavier Bruneau (au centre), avec Philippe Fradin (à gauche), un de ses associés, et Mathis Maillet, apprenti. au Gaec La Vergne</em>
« Nous visons l’autonomie protéique et fourragère », dans les Deux-Sèvres

Au Gaec La Vergne dans les Deux-Sèvres, les associés jouent la carte de la diversification des fourrages avec des méteils, de…

<em class="placeholder">collecte de lait sur une ferme</em>
Début mai, la collecte de lait française confirme sa baisse par rapport à 2025
En France, la collecte de lait de vache en mars a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans. Mais en avril et début mai, la…
<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière