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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Dans les monts du Lyonnais, l’ICHN remise en cause

Les nouveaux seuils de chargement de l’ICHN vont pénaliser les éleveurs des zones intensives de Rhône-Alpes. Hormis déléguer l’élevage des génisses, peu de solutions pour baisser le chargement.

Double peine pour les éleveurs des monts du Lyonnais, dans le Rhône et la Loire. Une région de forte pression foncière et de petites structures laitières, qui n’ont d’autres choix que l’intensification, aussi bien au niveau des surfaces que du troupeau. Les éleveurs laitiers de cette région au relief prononcé, classée en zone de montagne, bénéficiaient à la fois de DPU élevées (300 à 400 €/ha) et de l’ICHN. La convergence va réduire fortement les aides découplées. Mais, cette perte ne sera pas compensée par la revalorisation de l’ICHN. Les seuils de chargement, désormais régionalisés, ont été revus à la baisse et la modulation de la part variable de l’ICHN nettement accrue. Ainsi, dans la Loire, le taux plein était attribué pour un chargement compris entre 0,9 et 1,5 UGB/ha, un taux de 89 % appliqué jusqu’à 1,8 UGB/ha et de 70 % jusqu’à 2 UGB/ha. Dans le Rhône, le taux plein allait jusqu’à 1,6 UGB/ha et descendait à 85 % jusqu’à 2 UGB/ha. Désormais, le taux plein est accordé dans toute la région pour un chargement compris entre 0,2 et 1,4 UGB/ha. Il chute à 75 % jusqu’à 1,6 et à 60 % jusqu’à 2. « Beaucoup d’éleveurs qui luttaient pour être juste au dessous des seuils précédents vont carrément être au-dessus des nouveaux », indique Michel Deraedt, technicien au BTPL. Il estime que des élevages intensifs peuvent être touchés « sporadiquement » dans d’autres zones de la région.

Perte de 40 % des prélèvements privés

« Il est regrettable que le taux plein s’applique à partir de 0,2 UGB/ha. Beaucoup d’exploitations peu productives, avec souvent des surfaces importantes, notamment en zones sèches, vont toucher l’ICHN à taux plein, ce qui va fortement diluer l’enveloppe régionale, déplore Gérard Gallot, président de la FDSEA de la Loire. La suppression du seuil de 65 ans aura également un effet important. Ce sont les exploitations à chargements moyens à forts qui vont payer. » La discussion sur ces seuils doit néanmoins être rouverte dans quelques mois avec l’administration. « Dans l’ensemble des régions françaises, l’harmonisation du zonage et des seuils de chargement s’est plutôt bien passée sauf en Rhône-Alpes où il n’a pas été tenu compte de la diversité des territoires, qui est très forte », constate Dominique Fayel, président de la commission montagne de la FNSEA. « Dans les monts du Lyonnais, des exploitations produisent 300 000 litres de lait sur moins de 30 ha, décrit Véronique Bouchard, de la chambre d’agriculture du Rhône. Entre les DPU et l’ICHN, elles pourraient perdre jusqu’à 5 000 euros d’aides. Leurs revenus variant entre 15 000 et 20 000 euros, cela représente 40 % des prélèvements privés. »

« Financièrement intéressant de déléguer l’élevage des génisses »

Éleveurs et techniciens réfléchissent aux leviers pour ne pas dépasser les seuils fatidiques. La délégation de l’élevage des génisses est sans doute celui qui donne le plus de marges de manœuvre. « En mettant la totalité des génisses en pension, on peut réduire les UGB d’un tiers », indique Véronique Bouchard. La chambre d’agriculture du Rhône a lancé une réflexion avec un groupe d’éleveurs pour contractualiser la délégation de l’élevage de génisses, notamment avec des éleveurs qui arrêtent la production laitière. « Au départ, cette démarche ne s’est pas faite par l’entrée ICHN, explique Rémi Demazoin, animateur territorial dans les monts du Lyonnais. Elle répond aussi à d’autres problématiques, telles que la simplification du travail, des questions de mises aux normes... » « Dans tous les élevages où nous avons envisagé cette solution, c’est financièrement intéressant de déléguer l’élevage des génisses, surtout si on récupère la totalité de l’ICHN. Mais, il faut que ce soit une solution durable avec un contrat en bonne et due forme », affirme Michel Deraedt.

« On est souvent au bout du système »

Quant aux autres solutions, elles ne laissent que peu de marge de manœuvre. Raccourcir l’âge au vêlage ? « Beaucoup d’élevages ont déjà une politique de vêlage à 24 mois », souligne Hervé Bruyère, de Loire Conseil élevage. Quant à augmenter la productivité par vache pour en réduire le nombre, « on est souvent au bout du système avec des vaches productives. Ces éleveurs sont généralement intensifs dans tout. Pour une majorité d’entre eux, descendre à moins de 1,4 UGB/ha est tout simplement impossible. On ne pourra jouer que pour ceux qui sont à la limite des seuils. » « Une des difficultés pour travailler sur ces questions, c’est l’instabilité réglementaire, notamment la période de référence pour le calcul des UGB. Elle a été modifiée pour 2015 et elle n’est pas connue pour 2016 », ajoute Rémi Demazoin. « Ces mesures n’auront pas pour effet de baisser la pression foncière », euphémise Michel Deraedt.

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