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Covid-19 : Il faut sauver le patrimoine fromager français, fromagissons !

Face à une baisse moyenne des commandes de 60% des fromages sous signes de qualité AOP/IGP, la filière laitière lance un appel à un engagement militant et une consommation solidaire: « Fromagissons » contre le Covid-19!

Depuis un mois les consommateurs se sont détournés des fromages AOP et IGP. Les commandes ont enregistré une baisse moyenne de 60%  et  la moitié des filières des filières AOP et IGP ont déjà eu recours à des dons alimentaires, alerte le Cnaol dans un communiqué du 16 avril.  

 La baisse des ventes n’a pas le même impact selon les entreprises, les circuits de distribution, la capacité de stockage, la durée de vie du fromage ou de la possibilité de réorienter le lait vers d’autres fabrications . « Les petites entreprises et les producteurs fermiers (avec 70 à 100 % de réduction des ventes suivant les cas) sont particulièrement touchés, ainsi que les opérateurs orientés sur la restauration hors domicile ou sur la vente directe en zone touristique ».

Plus de 10% des fermiers et laiteries estimés en grande détresse

Des arrêts de fabrication et de collectes sont constatés dans 16 filières d’appellation. Le lait a soit été collecté temporairement par d’autres entreprises produisant des produits laitiers non AOP ou IGP, soit revendu sur le marché SPOT1, soit jeté. « Une dizaine de filières AOP (surtout des fromages à pâte molle et des fromages de chèvres) témoigne de destruction de lait ou des fromages devenus impropres à la consommation. Dans les prochains jours, les filières produisant des pâtes pressées non cuites pourraient y avoir recours », alerte le Cnaol. Sur la période du 15 mars au 30 avril 2020, cela représenterait une perte de chiffre 'affaires au minimum de 157 000 000 € !

Face à la détresse des producteurs et des entreprises, il espère des annonces rapides de la part du ministère de l’Agriculture. Car « pour l’heure, les fromages AOP et IGP sont les grands oubliés des mesures ministérielles déjà annoncées. »

Retrouver les habitudes alimentaires d'avant la crise

Parallèlement, les filières s’organisent et cherchent des solutions. Les initiatives se multiplient pour favoriser les circuits commerciaux locaux : plate-forme régionale, drive fermiers, vente en ligne…Des modifications de cahier des charges (modification du nombre de traites, des délais de collecte, modalités de congélation…) ont été acceptées pour 6 AOP et IGP pour éviter de détruire du lait ou des produits. Six autres demandes sont à l’étude. Des plans de régulation de l’offre permettant de programmer les mises en fabrication de fromage sont aussi mis en oeuvre. En plus des sept filières ayant déjà des plans avant la crise, 6 autres filières réfléchissent à l’activation de ce dispositif.Au niveau national et régional, la grande distribution fait des efforts pour référencer des produits locaux. Des contacts positifs et constructifs ont été échangés. Mais ils ne se traduisent pas encore par des effets significatifs sur les ventes.

"Fromagissons" contre le Covid-19

Pour Michel Lacoste, président du Cnaol, « il est urgent de permettre aux Français de retrouver leurs habitudes alimentaires d’avant la crise. » D’où l'appel à un engagement militant lancé par la filière laitière (à travers le Cniel, le Cnaol, le conseil des appellations d’origines et l’Anicap) en produisant, transformant, affinant, distribuant et consommant des fromages AOP et IGP avec "Fromagissons": une campagne de communication nationale clé en main à 360° déclinable en magasin, en drive, en opérations évènementielles... « Le fromage n’est pas qu’alimentaire… c’est l’identité de la France, son patrimoine, son histoire, des savoir-faire particuliers et uniques, des terroirs parfois difficiles » !

A lire aussi:

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