Aller au contenu principal

Courants parasites : des éleveurs bretons réclamaient 135 000 euros à Enedis, leur requête rejetée par la Cour d’appel de Nantes

Une nouvelle décision judiciaire vient de tomber dans le combat opposant des éleveurs se disant victimes de champs électromagnétiques, courants parasites ou courants vagabonds, à Enedis. Des éleveurs laitiers de Côtes d’Armor viennent cette fois-ci de se voir déboutés en appel.

Poteau électrique avec un transformateur
Les éleveurs affirment une amélioration de leur élevage après le déplacement du poteau électrique avec le transformateur de 25 mètres.
© Pixabay

La Cour d’appel de Nantes vient de rejeter la requête d’un couple d’éleveurs laitiers bretons qui demandait l’annulation du jugement du tribunal administratif de Rennes du 16 mai 2023 et la somme de 135 498 euros à Enedis (et/ou au syndicat départemental d’électricité des Côtes d’Armor) pour réparation du préjudice que leur ont causé des dysfonctionnements affectant le réseau électrique

Lire aussi : Quel impact des champs électromagnétiques sur les élevages ? Une enquête inédite publiée

Une perte d’exploitation de 90 500 euros estimée par les éleveurs

Situés à Lanrodec dans les Côtes d’Armor les éleveurs affirmaient avoir subi des difficultés dans leur exploitation agricole (dégradation des rendements laitiers, baisse de fécondité du cheptel...), pour une perte d’exploitation chiffrée à 90 498 euros, et des problèmes de santé à cause, selon eux, « de la proximité d’un transformateur alimentant leurs bâtiments et à des anomalies dans le fonctionnement du réseau électrique ». Et ce jusqu’au déplacement du transformateur de 25 mètres. 

Lire aussi : Nuisances électriques : RTE condamné à verser plus de 440 000 euros à un éleveur laitier normand

«  Aucun lien de causalité direct et certain avec les courants parasites »

Après avoir accepté une indemnité de 25 000 euros de la part du Syndicat départemental d’électricité des Côtes d’Armor en 2013 et signé une "attestation sur l'honneur" selon laquelle ils s'engageaient à renoncer à toute action en justice ultérieure, les éleveurs avaient décidé en 2017 de saisir la justice pour demander réparation du préjudice subi.

Après un premier rejet de la requête par le tribunal administratif de Rennes, la cour d’appel de Nantes a confirmé cette décision estimant qu’ « aucun lien de causalité direct et certain ne peut être retenu entre la présence sur une longue période du transformateur électrique litigieux ou des dysfonctionnements du réseau public d’électricité et les problèmes rencontrés par l’exploitation » des éleveurs.

Lire aussi : Perturbations électriques : un éleveur normand condamné à verser 53 000 euros à Enedis

Un risque potentiel « de courants vagabonds » évoqué

Dans sa conclusion la cour fait référence aux expertises contradictoires menées par un énergéticien et une vétérinaire, en qualité de sapiteure, mandatés par le tribunal administratif de Rennes, le premier ayant déclaré qu’il n’était pas possible d’affirmer de la présence de « courants vagabonds » durant la période de sinistre bien qu’évoquant « un risque potentiel d’évacuation de courants vagabonds vers l’exploitation ». L’expert pointe par ailleurs « des liaisons électriques aériennes et souterraines » réalisées de façon approximative par le couple entre ses différents bâtiments. 

Lire aussi : Champs électromagnétiques et élevages : étude menée à la ferme expérimentale de Derval

Des problèmes d’hygiène et de logement des animaux pointés du doigt

La vétérinaire, de son côté, si elle reconnaît « que des courants électriques parasites peuvent perturber le comportement et le métabolisme des animaux », n’a pas repéré une causalité certaine, notant aussi d’autres causes possibles, « telles que des problèmes d’hygiène générale de la traite, de logement des animaux ou encore de qualité de l’ensilage ». La vétérinaire a aussi remarqué que « la situation de l’exploitation ne s’est pas améliorée après 2012 à la suite des travaux effectués par le SDE des Côtes-d’Armor », avec une mortalité des veaux qui perdure sur 2013 et la production par vache laitière qui diminue de 2012 à 2016.

Lire aussi : Courants parasites : le GPSE ouvre le dialogue au Space 2024

Les plus lus

Taille de haies avec une faucheuse débrousailleuse.
Interdiction de la taille des haies à partir du 16 mars 2026 : quels départements accordent des dérogations ?

La loi d’orientation agricole prévoit que les dates d’interdiction de taille des haies soient désormais fixées par chaque…

  Moisson dans l’Indre de nuit le 7 juillet 2022
« Un agriculteur contraint d’avancer ses travaux en pleine nuit pour échapper à la canicule ne devrait pas se retrouver exposé à un contentieux de voisinage »

Le 26 mars, les députés ont adopté à l’unanimité une proposition de loi du député démocrate Hubert Ott qui vise à sécuriser…

Agriculteur dans son tracteur notant dans son carnet les traitements phyto réalisés.
Pesticides : le Conseil d’Etat refuse de donner l’accès aux registres d’épandage demandés par Générations futures en Nouvelle-Aquitaine

Le Conseil d’Etat vient de casser la décision du tribunal administratif de Bordeaux du 1er juillet qui imposait au…

Paysage agricole dans le Sud-Ouest.
Aides PAC 2025 : quels sont les montants réévalués pour les aides découplées, les écorégimes et les aides bovines, ovines, caprines et aux veaux ?

Des arrêtés parus au journal officiel du 28 novembre 2025 réévaluent les montants des aides découplées de l’aide PAC 2025 et…

Femelle Ours, capture photo en Ariège
Ours : au moins 108 individus dans les Pyrénées, une population en croissance selon l’OFB

L’OFB a dénombré au moins 108 ours bruns dans les Pyrénées en 2025. Le nombre d’individus est toujours en croissance sur le…

intérieur d'une boulangerie avec à l'entrée un panneau agri-éthique
54 % des Français et 49 % des agriculteurs estiment que la production française ne suffit pas à nourrir la population

Pour la première fois, Agri-Éthique, avec Toluna Harris Interactive, a interrogé 1 058 Français et 305 agriculteurs afin…

Publicité