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« Avec un problème de salmonelle en fromage fermier, l'important est de réagir très vite »

Installée à La Clusaz en Haute-Savoie en production fermière de reblochon, Marie-Louise Donzel a mené une véritable course contre la montre pour se sortir d'un problème de salmonelle.

 © SIR
© SIR

L’été 2018, l'élevage de 60 Abondances de Marie-Louise Donzel, qui est en production fermière de reblochon, a été confronté à un problème de salmonelle. Avec l’aide du GDS et du service traite du département, il a été maîtrisé en dix jours. « Pour s’en sortir, il faut aller très vite. L’important est de dresser rapidement un diagnostic, pour voir d’où vient le problème et combien de bêtes sont contaminées. C’est une course contre la montre dans laquelle l’éleveur doit s’impliquer aux côtés des organismes sanitaires », explique cette éleveuse, qui est présidente du Syndicat interprofessionnel du reblochon (SIR), un fromage à pâte pressée non cuite à croûte fleurie au lait cru. « Chez nous, le problème est venu d’une vache qui avait perdu son veau avant terme en alpage dans le parc des vaches taries, et qui avait très probablement été contaminée par l’abreuvement en amont par des animaux sauvages. Notre grosse erreur a été de la ramener dans le troupeau pour la soigner : elle a contaminé l’ambiance de l’étable. »

Deux fois plus de temps pour la traite

Le vétérinaire a suspecté une salmonellose et a fait tout de suite effectuer un prélèvement pour analyse. La vache a été mise à l’écart et traitée aux antibiotiques. Les bouses des 60 vaches ont été analysées. « Nous avons descendu nous-mêmes les analyses de l’alpage au laboratoire interprofessionnel pour gagner du temps. Les vaches en lactation étaient négatives mais plusieurs vaches taries étaient positives dans ce parc, ce qui a permis d’identifier l’origine du problème. Nous avons aussi tout de suite désinfecté l’étable, la tuyauterie de la machine à traire, la fromagerie etc. L’ambiance étant contaminée, il fallait une hygiène de traite irréprochable au niveau des mamelles pour éviter que les salmonelles ne passent dans le lait : on mettait deux fois plus de temps pour la traite. »

La fabrication des fromages n’a pas été arrêtée car il n'y a pas d’autre solution pour le lait en alpage, mais des analyses ont été réalisées tous les jours. « Dès qu’elles ont été conformes, nous avons pu remettre nos fromages en vente. Tout le reste a été détruit à hauteur de dix jours de fabrication (2 000 reblochons de 500 g). L’assurance « lait cru » que nous avions souscrite a permis d’atténuer la perte : le contrat « lait cru » ne couvre que 8 % du chiffre d’affaire annuel de l’exploitation d’où l’importance de s’en sortir très vite. »

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