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Allo véto : et si vous accordiez vos violons dans l’organisation de la traite ?

L’organisation à la traite peut se révéler différente entre trayeurs d’un même troupeau. Or, le respect d’un seul et même protocole de traite est souhaitable pour sécuriser les animaux, faciliter les conditions de traite et limiter les erreurs.

<em class="placeholder">Vaches laitières en salle de traite</em>
Sur un élevage, le respect d'un seul et même protocole de traite quel que soit le trayeur est priimordial.
© J. Pertriaux

« Bonjour, nous avons des soucis à la traite : l’apprenti nous dit qu’il ne sait pas comment faire parce qu’avec mon mari, nous ne lui donnons pas tous les deux les mêmes directives. » Et c’est parti pour deux visites à la traite, dans une salle de traite en épi, 2 × 5 postes.

Le matin, il y a de l’animation, la radio donne le rythme et le chien de la voix pour ramener les vaches dans l’aire d’attente. La préparation est classique : prémoussage des trois premières vaches, essuyage à la lavette, tirage des premiers jets, branchement des griffes. Les deux dernières de la longueur sont ensuite préparées et branchées, puis on passe de l’autre côté. Madame fait régulièrement reculer certaines vaches pour les empêcher de passer : les vaches à cellules ou sous délai d’attente doivent passer à la fin. Pas toujours simple pour le chien de savoir qui pousser ! Mais Madame surveille de près, le pot de pommade aux huiles essentielles n’est pas loin pour pouvoir être facilement utilisé en cas de doute sur un quartier un peu plus tendu que d’habitude. Quand je lui fais la remarque sur le tableau de traitement affiché, elle me dit le remplir davantage par obligation pour faire passer les messages que par conviction car elle connaît bien l’historique de ses pensionnaires. Le lait destiné aux veaux est réchauffé et distribué à la fin de la traite.

Des habitudes différentes

Le soir, c’est au tour de Monsieur. Les vaches rentrent du pré en suivant Monsieur à pied. Le stagiaire gère les éventuelles retardataires avec pour consigne de les surveiller pour distinguer une boiterie, une mammite, ou une simple lenteur. Pas de radio, pas de chien, mais pas forcément plus de calme : il faut monter pousser quelques vaches, redescendre dans la fosse, amener à boire aux veaux au fur et à mesure… La préparation n’est pas la même non plus : Monsieur prémousse les dix vaches dès le départ, puis ce sera cinq par cinq au fur et à mesure de la traite. Pas de tri des vaches car « cela fait vraiment perdre trop de temps », mais pulvérisation des griffes systématique après les vaches qui ont des bracelets : vert pour les fraîches vêlées, rouge pour celles sous traitement, et jaune pour celles à cellules. « C’est visuel, ça évite de réfléchir. » Et une fois la traite finie, c’est nettoyage des gobelets et remplissage du carnet sanitaire.

S’adapter et optimiser

Des deux organisations de traite, aucune n’est parfaite, l’essentiel est de savoir pourquoi et de s’adapter dans la mesure du possible ! La rentrée des vaches jusqu’à la salle de traite doit se faire dans le calme, avec toujours le même rituel pour conditionner les vaches.

L’ordre d’entrée des vaches peut être important dans un contexte de fort taux cellulaire. Ces cellules sont souvent associées à des germes présents sur la peau des mamelles (staphylocoques notamment) et qui se transmettent lors de la traite : traire les infectées en dernier permet de limiter la transmission. Pour cela, on peut utiliser des barrières judicieusement placées pour séparer un lot, ou laisser un licol aux vaches atteintes pour les attacher au fond de l’aire d’attente en début de traite et les relâcher à la fin. Toutefois, ce tri peut être une vraie contrainte. La pulvérisation des griffes avec un spray de peroxyde est une alternative intéressante à condition de respecter la concentration du produit, le temps d’action et le mode d’utilisation (rinçage ou non). Et à condition de penser à l’utiliser ! D’où l’intérêt de marquer les vaches, surtout s’il y a plusieurs trayeurs.

La préparation des vaches n’est pas anodine non plus : il faut un certain temps entre le premier contact sur les trayons et le branchement de la griffe pour assurer une éjection optimale du lait. On compte environ une minute, une minute et demi maximum. Préparer trop de vaches à la fois peut allonger ce délai et les vaches vont avoir tendance à perdre leur lait au sol. Il faut y faire particulièrement attention dans les grandes salles de traite. Une préparation trop courte, quant à elle, va causer une trop forte tension sur les trayons sans éjection de lait au démarrage et risque d’occasionner des lésions aux sphincters.

Il faut que le matériel (trempage, essuyage, pots de prélèvements, plateau pour repérer les vaches à cellules, traitements, marqueurs ou bracelets) soit accessible. Un tableau a un côté pratique, mais il faut penser à reporter les informations dans un carnet sanitaire papier ou électronique.

Donner à boire aux veaux pendant la traite permet d’éviter de devoir réchauffer le lait mais rajoute des allers-retours. Et s’il n’y a pas de décrochage automatique, attention à la surtraite. Donner à boire après la traite oblige à réchauffer les seaux, à avoir une place pour stocker les seaux.

À retenir

– matériel facilement accessible

– système de notation des traitements : lisible, proche, résistant à l’eau et aux projections

– réfléchir à des systèmes simples : ordre de traite ou non, buvée des veaux pendant la traite ou non, etc.

– systématiser les procédures : faire tous toujours la même chose, dans le même ordre

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