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« Allergique aux poils de vache, le robot de traite m’a permis de continuer le lait », dans la Marne

Pierre Curfs est éleveur de vaches laitières à Vienne-la-Ville, dans la Marne. Des problèmes de santé l’ont conduit à remplacer sa salle de traite par deux robots de traite pour son troupeau de 90 vaches prim’holstein et brune.

<em class="placeholder">Pierre Curfs et son fils</em>
Grâce aux robots de traite Pierre Curfs peut passer plus de temps avec sa famille.
© A. Legendre

« J’ai longtemps eu des problèmes respiratoires légers, à l’automne et au printemps, expose Pierre Curfs, éleveur laitier dans la Marne, installé depuis 2010 sur la ferme familiale. Ces dernières années, cela s’est accentué. J’ai effectué des tests et le résultat est sans appel : je suis allergique aux poils de vaches ». Un comble pour celui qui n’est « pas un grand fan de tracteur » mais qui se « lève sans soucis à 2h du matin pour aller voir une vache qui vêle ».

L’éleveur, déjà sous traitement contre les allergies, décide de traire avec un masque de protection pour les traitements phytosanitaires afin de limiter les problèmes.

« Je ne me voyais pas arrêter le lait, d’autant que notre structure est basée exclusivement sur cette production, explique Pierre Curfs. Nous avons un troupeau de 90 vaches prim’holstein et brune, qui produisent 900 000 l de lait. En plus de nos 43 ha de prairies, nous n’avons que 70 ha de cultures, dont 33 ha de maïs et 2 ha de betteraves fourragères. Avec nos sols hydromorphes et sableux, il est difficile de sortir de bons rendements en cultures de vente ».

Des aides pour le changement de système de traite

Alors l’éleveur cherche une solution pour pérenniser l’élevage laitier tout en préservant sa santé. Il pense alors au robot de traite. « Quand vous êtes dans la salle de traite, pendant deux heures, matin et soir, toute la poussière et les poils vous tombent dessus. Avec le robot, il n’y a plus ce phénomène ».

Il se rapproche de la MSA et de l’Association pour la gestion des fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), qui l’accompagnent dans sa réflexion. En effet, il est déjà reconnu travailleur handicapé depuis un accident en 2013, avec perte de force et de sensibilité dans un bras.

« J’ai également eu la chance d'être contacté pour faire partie du programme Ambition éleveurs de la région Grand-Est en tant que ferme pilote. Ce programme a financé 40 % de l’investissement dans les deux robots de traite, une aide que j’ai pu cumuler avec les 15 % financés par l’Agefiph », se réjouit Pierre Curfs. « Je ne sais pas si j’aurais pu investir sans ces aides », confesse-t-il.

« Les robots sont installés depuis mai 2025, et je n’ai pas eu de crises depuis, cela change vraiment la vie », ajoute l’éleveur.

Plus de temps pour sa famille

Outre les impacts sur la santé, Pierre Curfs apprécie la souplesse qu’offrent les robots de traite. « Nous nous sommes affranchis de la contrainte horaire de la traite. La seule qui reste, c’est le passage de l’inséminatrice, qui vient vers 9h », plaisante Pierre Curfs.

La ferme emploie l’équivalent d’un mi-temps salarié, avec une personne qui s’occupe de l’alimentation des vaches le matin, et une autre qui gère les veaux et les logettes le soir. Le père de Pierre Curfs, à la retraite depuis 2022, aide également sur la ferme. L’installation des robots n’a pas remis en question la place des salariés.

« Mes journées sont moins chargées, cela me permet de prioriser, de passer plus de temps avec ma famille, expose l’éleveur, qui a deux enfants en bas âge. Je peux régulièrement finir à 17h ».

Le week-end, Pierre Curfs gère la ferme seul. Il se limite donc aux travaux d’astreinte. « Cela me prend 3h le matin, et une grosse heure le soir. Je ne suis pas encore arrivé aux objectifs que je m’étais fixés, de 3h par jour d’astreinte à une personne », indique-t-il.

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