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Énergie : les filières céréalières face à des prix insurmontables

Les différents maillons des filières céréalières et pommes de terre s’inquiètent des hausses de prix et des risques de coupures pour les mois à venir.

La part de l'énergie dans les coûts de production des industries de transformation de céréales explose.
La part de l'énergie dans les coûts de production des industries de transformation de céréales explose.
© N. Ouvrard

Un mur infranchissable ! Le secteur agricole et agroalimentaire fait face à une augmentation exponentielle du coût de l’énergie. Les filières céréales n’y échappent pas. Séchage et stockage des récoltes, fabrication d’amidon, d’aliment pour animaux, fertilisation, transport… Tous les maillons sont concernés alerte Intercéréales (interprofession des céréales). 

« La quasi-totalité des organismes stockeurs et des entreprises de première transformation arrivent en phase de renégociation de leurs contrats d’énergie ou achètent au prix de marché, l’impact va être terrible », confirme Benoît Piétrement, administrateur d’Intercéréales.

Des industries comme la malterie ou l’amidonnerie sont particulièrement énergivores. La part de l’énergie dans le coût de production de l’amidonnerie a progressé « de 10 % à 15 % l’an passé à 20 % à 30 % aujourd’hui », indique l’Union des syndicats des industries des produits amylacés et de leurs dérivés (Usipa).

Autre exemple, en pommes de terre, le stockage des récoltes en chambres froides est majoritairement dépendant de l’énergie électrique. D’après l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) entre « la moitié et les trois quarts des producteurs sont en renégociation de leurs contrats électriques 2023 » avec des propositions de prix qualifiées de « stratosphériques ». Les hausses ne sont pour l’instant prises en compte « ni par les prix de contrats, ni par les prix de marché », indique le syndicat.

Crainte des coupures et délestages

Les filières céréalières assurent travailler sur l’efficience énergétique depuis plusieurs années. « Nous avons des marges d’adaptation mais ce sont des investissements lourds et nos entreprises continueront à avoir besoin d’énergie », avance Benoît Piétrement.

Les représentants des filières en appellent à l’État pour accompagner les entreprises et demandent que le secteur alimentaire ne subisse ni ruptures d’approvisionnement ni délestages. « Nous manipulons du vivant, nous ne pouvons pas nous permettre de subir des coupures impromptues », prévient Marie-Laure Empinet, présidente de l’Usipa.

Sur ce point, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a assuré le 15 octobre lors du Salon international de l'alimentation (Sial) qu'il allait « faire en sorte » que les secteurs agricole et agroalimentaire soient « prioritaires » en cas de coupures d'électricité cet hiver.

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