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La qualité de l’eau du robinet s’améliore mais les pollutions agricoles sont encore trop élevées

Depuis 2017, la qualité de l’eau au robinet s’est améliorée. C’est ce que révèle l’enquête menée par UFC-Que choisir. L’association publie la quatrième édition de sa carte interactive de la qualité de l’eau en France. Mais derrière ce constat positif, se cachent aussi des points négatifs. En particulier la pollution des rivières et nappes phréatiques qui « reste toujours aussi élevée », les pollutions agricoles restant « les premières causes de contamination ».

© Henryk Niestroj / Pixabay

« La plupart des Français reçoivent une eau conforme en tous points aux critères réglementaires ». C’est ce que confirme la quatrième édition de la carte de l’eau du robinet publiée par UFC-Que Choisir et Générations futures. L'outil interactif est basé sur l’étude des analyses de la qualité de l’eau du robinet de la totalité des communes de France métropolitaine. Les analyses ont porté sur 46 145 réseaux de distribution répartis dans les 34 638 communes de France métropolitaine, sur la période de janvier 2019 à décembre 2020, pour la cinquantaine de critères définis par la réglementation européenne (qualité bactérienne, pesticides, nitrates, aluminium, arsenic, radioactivité, etc.), avec au total plus de 34 millions de résultats d’analyse alimentant. Sur la base des relevés des Agences Régionales de Santé, cette enquête sur la qualité de l’eau du robinet démontre que sa conformité aux critères réglementaires s’améliore nettement : désormais 98 % des consommateurs ont accès à une eau conforme à la totalité des critères sanitaires, soit une progression de plus de 2 points par rapport à la précédente étude de 2017.

Voir la carte interactive de la qualité de l'eau du robinet.

Dans les grandes villes, « on peut attribuer cette amélioration à la fermeture des réseaux de distribution contaminés par les pesticides et, dans le cas des plus petites communes, au transfert des compétences sur l’eau aux intercommunalités (loi NOTRe), ce qui a permis de financer une meilleure dépollution des eaux, » estime UFC-Que choisir. L’amélioration de la qualité de l’eau va aussi de pair avec « la coûteuse amélioration des procédés de potabilisation de l’eau, » fait aussi remarquer l’association.

La dépollution s’améliore mais des zones d’ombre persistent

Mais derrière cette bonne nouvelle concernant la qualité globale, des zones d’ombre apparaissent, c’est ce que révèle aussi le travail mené depuis 4 ans. Si la dépollution est meilleure, « la pollution des rivières et nappes phréatiques reste toujours aussi élevée, » notent les enquêteurs. « Les pollutions agricoles constituent toujours les premières causes de contaminations : 450 000 consommateurs boivent ainsi une eau dépassant les normes maximales en pesticides et 148 000 une eau contaminée par les nitrates. » Bilan : selon l’association, « près d’un million de consommateurs, essentiellement en zones rurales, reçoivent toujours une eau non conforme ».

Les résultats de l’étude mentionnent « de graves carences de la réglementation et des mesures de gestion locales en matière de pesticides et de perturbateurs endocriniens ». En conséquence, les deux associations qui publient la carte demandent une interdiction des produits phytosanitaires incriminés ainsi qu’un « renforcement urgent par le ministère de la Santé des exigences en matière d’analyses de pesticides devant être impérativement réalisées par les Agences régionales de santé ».

Pour inciter le ministère de la Santé à augmenter ses recherches de pesticides là où elles sont insuffisantes, les deux associations lancent une pétition. Elles invitent les Français à « vérifier gratuitement la qualité de l’eau de leur commune » et à signer leur pétition s’ils jugent la recherche de pesticides insuffisante.

Sur les réseaux sociaux, des messages d’internautes appellent à ne pas perdre de vue la présence de l’association écologiste Générations Futures derrière cette étude.

 

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