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La présence de pesticides détectée dans l'air breton

Depuis 2005, Air Breizh réalise des mesures de pesticides dans l’air en Bretagne. En 2021, le nombre de prélèvements a été supérieur aux autres années. Sur 77 molécules recherchées, 26 ont été détectées. Ce sont les herbicides qui sont les plus présents.

26 molécules phytosanitaires différentes ont été détectées sur les trois sites de mesures de la qualité de l’air en Bretagne.
© Billy Wilson / flickr

Bien qu’il n’existe pas à ce jour de réglementation concernant la présence de ces molécules dans l’air, Air Breizh mène depuis 2005 des campagnes de mesure des pesticides dans l’air en Bretagne. L'association est agréée par le ministère de la Transition écologique et solidaire pour la surveillance de la qualité de l'air dans cette région. Afin d’être en cohérence avec la stratégie régionale de surveillance des pesticides publiée début 2021, l’organisme a étendu les couvertures temporelle et spatiale des mesures en 2021.

Grâce à l’appui financier de plusieurs partenaires, trois sites de mesure de configurations différentes ont pu être équipés:

  • le site rural de Kergoff (22) en centre Bretagne, entouré de parcelles agricoles, de type grandes cultures
  • le site historique de Mordelles (35) près de Rennes, est également sous influence agricole de type grandes cultures
  •  le site urbain de Rennes Pays-Bas (35) est situé dans un quartier résidentiel du sud de Rennes. La station de mesure réglementaire assure la surveillance de niveaux de fond de l’agglomération.

 

Les mesures ont été réalisées sur toute l’année 2021, avec un nombre de prélèvements effectués qui a été le plus important depuis le début des mesures en 2005. Les prélèvements hebdomadaires ont été réalisés à l’aide d’un préleveur bas débit et selon les normes en vigueur.

Entre 30 et 37 prélèvements ont été réalisés en 2021 suivant les sites, à l’exception de Rennes Pays-Bas où 18 prélèvements ont été réalisés (en préparation d’une surveillance à long terme en réflexion avec la métropole). Le calendrier des prélèvements a suivi les recommandations de l’Anses.


77 molécules recherchées

77 molécules ont été recherchées, dont 72 sélectionnées dans le cadre de la Campagne nationale exploratoire des pesticides (CNEP).

  • 29 herbicides pour lutter contre les mauvaises herbes,
  • 21 fongicides pour lutter contre les champignons et moisissures,
  • 25 insecticides pour lutter contre les insectes,
  • 1 rodenticide,
  • 1 acaricide.


Parmi ces substances, 37 sont interdites d’utilisation mais leur suivi reste pertinent pour observer leur décroissance dans le compartiment aérien.


26 substances détectées

Sur ces 77 substances, entre 55 et 63 n’ont jamais été détectées. Entre 14 et 22 substances ont été détectées, ce qui représente un total de 26 substances différentes sur les trois sites.

Parmi les substances détectées, 8 sont interdites d’utilisation :

  • 2 herbicides (oryzalin et oxadiazon)
  • 1 fongicide (chlorothalonil)
  • 4 insecticides (lindane, heptachlore, perméthrine, chlorpyriphos ethyl et méthyl).


Plusieurs raisons peuvent expliquer leur persistance dans l’environnement après leur interdiction : une forte rémanence dans les sols (c’est le cas pour le lindane), des usages illicites en cas de stocks résiduels (cela pourrait être le cas pour le chlorothalonil dont l’interdiction date de mai 2020).


Les herbicides majoritairement présents

Avec un nombre allant de 8 à 13 suivant les sites, les substances appartenant à la famille des herbicides sont majoritaires parmi les substances détectées.
Elles présentent les concentrations les plus élevées dans l’air essentiellement durant l’automne (jusqu’à quelques dizaines de ng/m3). Ce sont également les substances les plus vendues en Bretagne.
Au sein de cette famille de pesticides, quatre substances sont les plus mesurées : la pendiméthaline, le prosulfocarbe, le S-métolachlore et le triallate. C’est le prosulfocarbe qui présente la concentration la plus élevée (41 ng/m3 lors de la semaine 46 à Kergoff).


Une concentration plus forte près des parcelles agricoles

Les trois sites de mesure sont situés à différentes distances des parcelles agricoles. Le classement des substances les plus détectées est identique sur les 3 sites. Cependant, les niveaux de concentration diminuent en fonction de l’éloignement des parcelles agricoles : le site urbain présente
ainsi les niveaux les plus faibles. Le profil temporel est similaire sur les trois sites, spécifique de l’activité agricole dominante sur le territoire (grandes cultures). Ces constats confirment les conclusions de la campagne nationale effectuée en 2018/2019.


Surveillance prolongée en 2022

En 2022, la surveillance est maintenue sur le site péri-urbain de Mordelles, retenu comme site régional dans le cadre de la surveillance nationale.

Afin de corréler les mesures aux applications de produits, la Chambre d’agriculture de Bretagne va mener une enquête sur les usages agricoles autour de ce site.

Un projet d’une durée de 5 ans comprenant des mesures en zone urbaine et un travail de recensement des usages a également été lancé en janvier 2022. Rennes Métropole a retenu le parc du Thabor pour cette surveillance.

Les résultats complets de l'étude sont disponibles sur le site d'Air Breizh.

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