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La moisson 2023 va-t-elle enfin se terminer cette semaine ?

La fenêtre météo propice qui se profile pour la fin de semaine donne espoir aux agriculteurs du Nord de la France de pouvoir enfin finir la récolte du blé tendre. Et ce après près de deux semaines perturbées par la pluie, alors que des inquiétudes émergent sur la qualité. Ils témoignent sur les réseaux sociaux.

Parcelle de blé en Bretagne versé par la pluie
© @menierjeanrene

Les étés se suivent et les moissons ne se ressemblent pas. Au 31 juillet, 87% des récoltes en blé étaient faites en France contre 99% à la même date en 2022 (et 89% sur la moyenne des cinq années précédentes), selon le dernier rapport Céréobs. Sur le terrain après un hiver sec et un début d’été assez chaud, les agriculteurs de la moitié nord de la France s’impatientent face aux pluies du début août qui tardent les récoltes et peuvent représenter une menace pour la qualité des grains et de la paille.

Tour de piste des témoignages exprimés par les agriculteurs sur les réseaux sociaux alors que les prévisions météorologiques laissent entrevoir une fenêtre météo propice pour les agriculteurs du nord de la France à partir de demain.
 

Qui a fini les moissons ?

« Qui a fini les moissons ? sonde Thierry Agriculteur d’aujourd’hui le 7 août sur twitter.

« Avec seulement trois jours de soleil en début de semaine, la moisson sera-t-elle terminée avant vendredi sur a moitié Nord de la France…. ? » s’interrogeait la veille le compte twitter Visio-Crop.


Vacanciers et agriculteurs attendus sur les routes

Sébastien agriculteur dans la Creuse y croit et informe le grand public sur twitter que « si la semaine s’annonce belle et pleine d’espoir pour les vacanciers » elle l’est aussi pour les agriculteurs qui espèrent « finir les moissons 2023 », appelant les aoûtiens à la patience derrière les remorques sur la route.

Patricj Pigeon, expérimentateur végétal dans le Centre, se réjouit aussi avec humour : « Oh P…. ! 1 semaine sans pluie !!! Ca va finir de récolter ! Ca va semer du colza ! Banzaïiii » s’exclame-t-il !


15 jours sans pouvoir rentrer un seul grain de blé

Pour certains, l’attente commence à être longue. « Voilà voilà demain matin à 5h30 cela fera 15 jours que je n’aurai pas rentrer un seul grain de blé et ça c’est pas cool, pas bon », s’inquiétait Vincent Guyot, céréalier dans le Nord de l’Aisne, le 5 août.

Emmanuel Bonnin signale le 6 août que la moisson n’est pas complètement finie non plus en Bourgogne, avec encore quelques gouttes tombées le matin malgré un coin de ciel bleu.

Un message en réponse à Bérengère Paquet agricultrice dans les Ardennes qui se désespère des 150 mm de pluie tombés en 11 jours, « c’est bon on en a assez merci ! », lâche-t-elle.
 

Vers un record de plus de 45 jours de moisson ?

Dès le 31 juillet, ChristopheB agriculteur dans la Somme s’interrogeait : « va-t-on battre les 199 mm de juillet-août 2004 avec une moisson des blés qui a duré 45 jours ? On est bien parti pour…. ».

« Ce début août, le temps va être frais et pluvieux. On n’a plus l’habitude », prévenait de son côté l’agroclimatologue Serge Zaka rappelant que le blé doit être récolté à moins de 15,5% d’humidité pour éviter le développement de champignons lors du stockage.

« Ce début août, le temps va être frais et pluvieux. On n’a plus l’habitude »

« La pluie retarde la récolte sur le nord et le nord-ouest (terre humide et humidité du grain non garantie). A terme, cela peut être la germination sur pied », annonçait-il.


L’humour face aux aléas climatiques

« Non les moissons françaises ne sont pas terminées » lâche Bruno Cardot, dans une vidéo postée le 3 août sur les réseaux sociaux. Si la sécheresse sévit dans le sud, dans les Hauts de France c’est l’inverse, il reste 12% des moissons de blés français à effectuer », avance l’agriculteur devant un champ de blé couché avec des grains humides. « Il faut aussi moissonner une bonne partie des colzas », rappelle au grand public le médiatique céréalier. Sans oublier les féveroles. Les pluies profitent en revanche aux pommes de terre, aux betteraves sucrières et au maïs, rappelle Brunot Cardot.

Face à cette situation, l'humour est de rigueur chez nombre d'agriculteurs comme Fabien, agriculteur dans le Puy-de-Dôme.

L’agriculteur Pascal Le Breton des Côtes d’Armor joue sur la même corde en implorant le ciel avec une carte météo à l’envers :  enfin du soleil au nord et de la pluie au sud.

Un scénario qui ne serait pas pour déplaire aux agriculteurs et viticulteurs du sud de la France comme le rappelle l’agronome et fils d’agriculteur Pierre-Alexis Marre dans un tweet.

Lire aussi : Moisson 2023 et prix des céréales : quelle stratégie adopter pour la vente de sa récolte ?

 

Inquiétudes autour de la qualité

Si les agriculteurs manient plutôt l’humour, le député LR de l’Aisne Julien Dive relaie pour sa part de l’inquiétude dès le 3 août. « La moisson 2023 a pris un tournant inquiétant. En raison des conditions météorologiques très pluvieuses qui impactent le nord de la France, à date plus de 30% des champs de blé ne sont pas récoltés dans les Hauts-de-France, près de 50% en Normandie. Alors que la moisson devrait déjà être terminée, on sait déjà que la qualité du blé est entamée », écrit-il sur twitter et d’appeler les pouvoirs publics à être « très vigilants aux conséquences sur l’équilibre de la Ferme France et des mesures éventuelles de soutien à déclencher ».

Le retour du soleil cette semaine dans le nord de la France laisse augurer une avancée des récoltes, mais la question de la qualité d’une partie de la moisson française commence à occuper les esprits.

On sait déjà que la qualité du blé est entamée

« La canicule revient en force en fin de semaine prochaine, ce qui va permettre de finir les moissons dans le Nord , mais le mal aura été fait... Les 4 Mil de T de blé qui reste à récolter ne seront pas de bonne qualité... », écrit ainsi Luc Lorin, agriculteur et développeur d’OAD, dès le 3 août.


Germinations de blé sur pied

Jean-René Meunier, agriculteur dans le Morbihan, confirme le 2 août une crainte qu’il exprimait quelques jours plus tôt après 43 mm de pluie tombés en une semaine. « La récolte du blé vire à la panique pour réussir à le rentrer avec une qualité satisfaisante. Il y a le grain bien sûr mais aussi la paille indispensable pour les éleveurs », écrit-il le 31 juillet. « Crainte confirmée : les tiges sont complètement dégradées et entraînent des germinations », poursuit-il le 2 août, photographies à l’appui.

Sur Facebook et twitter, des photos de parcelle de blé versé et germé dans les Hauts de France circulent également.

Dur de voir la récolte se dégrader

Le 5 août, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, apporte son soutien « à ceux qui attendent un créneau de moisson parfois depuis 15 jours. Dur de voir la récolte se dégrader » lâche-t-il.

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