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La maîtrise de la production laitière pour faire face à la crise ne fait pas l'unanimité

Face à un prix du lait qui décroche en lien avec la hausse de la production mondiale, la FNPL refuse d’envisager une réduction de la collecte française, contrairement à d'autres organisations qui défendent la régulation des volumes de lait. Par contre, elle réclame des aides au stockage, notamment de beurre. 

collecte de lait à la ferme
Pour pallier la baisse du prix du lait, plusieurs pays et organisations demandent l'activation de l’aide européenne au stockage privé de beurre, ainsi que pour la poudre de lait maigre ou le fromage.
© J. C. Gutner - Archives

Début 2026, les prix du lait poursuivent leur chute dans l'Union européenne, en lien avec une offre toujours plétorique des principaux exportateurs mondiaux alors que la demande mondiale ne suit pas. Face à cette crise, quelques pays européens (Belgique, Italie, Slovaquie, Roumanie, Hongrie ...) et organisations agricoles (European Milk Board, Confédération paysanne, Coordination rurale...) ont demandé en février que Bruxelles finance une baisse de la production de lait en Europe. Ce qui avait été fait en 2016 avec le programme de réduction volontaire des volumes. En complément, ils suggèrent d’accorder des aides au stockage privé de fromage et de beurre pour soulager le marché.

Depuis, la crise s'installe, et dans plusieurs pays, les coûts de production seraient désormais supérieurs au prix de vente du lait. Les eurodéputés de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, réunis le 18 mars à Bruxelles, ont unanimement appelé la Commission européenne à intervenir sur le marché laitier européen. Et plusieurs ministres de l’Agriculture (Italie, Hongrie…) ont adressé les mêmes demandes ces derniers mois lors des réunions du Conseil des ministres.

Mais pour l’heure, Bruxelles se contente de surveiller le marché et rappelle qu’en 2016 le programme de réduction de la production avait couté 150 000 millions d’euros. 

Une dynamique sans doute passagère 

La Confédération paysanne a précisé qu'il faudrait mettre en place une réduction obligatoire et indemnisée de la production laitière européenne en filière conventionnelle. « La réduction doit se faire sur les deuxième et troisième trimestres 2026 pour arriver à hauteur de la production de 2024. Cette réduction des volumes doit s'accompagner de la hausse du prix d'intervention (prix minimum garanti au niveau européen). »

La FNPL ne soutient pas l'idée d'une réduction volontaire des volumes, craignant que « si la France réduit sa production, le lait se fasse ailleurs ». Autre raison avancée : les incertitudes côté sanitaire avec la FCO et la DNC qui risquent d’impacter la collecte française. Enfin, la dynamique française est sans doute très ponctuelle. En effet, le cheptel de vaches laitières est en baisse, et des producteurs de lait ont repoussé leur départ en retraite ou leur arrêt du lait pour bénéficier de la bonne conjoncture. 

Pour pallier la baisse du prix du lait, la FNPL demande la mise en place au niveau européen de l’aide au stockage privé de poudre de lait maigre et de beurre. Enfin, « sur le marché intérieur, il faut maintenir le prix du lait », prône Stéphane Joandel, de la FNPL, faisant référence aux négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs, qui se sont achevées début mars pour les marques des fournisseurs, et se poursuivront pour les marques de distributeurs (MDD).

La France régule depuis longtemps

La France a moins augmenté sa production laitière en pourcentage que ses voisins. « Nous avons la culture de la maîtrise des volumes, témoigne Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL. Sur les vingt dernières années, la production laitière française aurait augmenté de 4% en volume contre 19 % pour l’Allemagne, 44 % en Belgique, 34 % aux Pays-Bas, 56 % en Pologne et 80 % en Irlande. »

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